Je suis né dans cette caravane, et nous partons allez viens. Allez viens !

Et dire qu'il y a trente ans, on partait en vacances avec deux films de 24 photos ... De la région du Gansu, nous sommes revenus avec des magnifiques souvenirs et juste quelques photos 😃 Prêts pour le désert, les grottes, les Bouddhas ? Suivez les chameaux !

 

Début octobre, c'était la Golden Week. Cette fameuse semaine de congé pour les Chinois (qui n'en est pas vraiment une vu que pour avoir une semaine de congé, ils travaillent le week-end d'avant et d'après pour récupérer mais) est en lien avec l'anniversaire de la République Populaire de Chine :  70 ans cette année (événement que vous n'avez pas manqué, je me doute). Le conseil pour les expats est de quitter la Chine car 1.433.783.686 personnes en congé en même temps, ça fait beaucoup. Cependant, on a pris le risque et nous nous sommes envolés vers l'ouest, direction le Gansu à la découverte de la Route de la Soie.

 

Après un réveil à deux heures du matin, un vol de moins de trois heures, nous avons atterri à Dunhuang, petite ville de 187.000 habitants. Centre névralgique de la Route de la Soie, elle constituait une étape primordiale pour les marchands. Située à l'extrême ouest du Désert de Gobi, elle était proche de la jonction des deux pistes caravanières qui partaient vers l'ouest pour contourner le désert du Taklamakan. De par sa position, elle a subi de multiples influences étrangères : Turcs, Mongols, Chrétiens, Manichéens et Bouddhistes y ont laissé leur empreinte religieuse, culturelle et artistique. De nos jours, Dunhuang est toujours une cité prospère grâce à la production d'énergie solaire et éolienne. Véritable oasis en plein désert, cette ville regorge d'attraits historiques et naturels. On vous le confirme !

 

Après quelques heures de repos et un super repas à l'hôtel, nous étions prêts pour le désert. La vue de la terrasse du Silk Hotel nous avait déjà mis en haleine. Vivian, notre guide, nous emmène voir le Mont des Sables chantants et le Lac du Croissant de Lune (Crescent Lake and Mingsha Echo Sand-Mountain). Nous y trouvons de véritables montagnes de sable bordées par des peupliers verts. La dune la plus haute s'élève à 250 m (celle du Pilat : 106,6 m). C'est d'abord à dos de chameaux que nous gravissons ce paysage doré sur fond de ciel bleu. Nous ne sommes pas seuls ; plus de 1100 chameaux vous y attendent ! C'est donc, dans une véritable caravane (autoroute ?), à la conquête de l'ouest, que nous découvrons cette richesse. En tout cas, on se met directement à la place des personnes qui ont fait des milliers de kilomètres à bord de ce moyen de locomotion. Ce n'est pas des plus confortables mais on rigole bien. Il ne faut pas avoir le mal de mer. On fait bien sûr quelques arrêts photos (les premiers mais pas les derniers 😃). Contrairement à nos amis chinois, nous n'avons pas pris le package "guêtres" (belles bottes orange fluo). Nous, on optera pour le sable dans les chaussures et on en aura ! Après la petite heure à dos de chameau, nous allons explorer le Lac du Croissant de Lune (Yueyaquan). Avec les photos, vous comprendrez directement son nom.  Ce qui est étrange, c'est que la configuration des dunes qui l'entourent forme une barrière naturelle et empêche le sable de rentrer dedans. Cependant, ce lac a fait l'objet d'un projet de sauvetage car le niveau d'eau diminuait au fur et à mesure. Profond de cinq mètres, on y trouve des algues et poissons ayant la réputation de posséder des propriétés bénéfiques pour la santé. C'est assez bizarre de trouver un plan d'eau et une végétation luxuriante en plein milieu du désert. Je comprends mieux ce qu'est une oasis maintenant. Nous ferons un petit tour dans le temple qui le borde. C'est plutôt un petit centre commercial (on commence à s'habituer à ce genre de pratique ici 😊 ) mais il se marie bien dans le décor. Après une descente en luge des sables pour les petits, nous décidons de prendre de la hauteur. Pour la première montée, nous sommes aidés par l'échelle. De nombreux touristes s'arrêtent à la fin de cette dernière. Nous continuons notre ascension pour être au calme et entendre ces fameuses dunes chantantes. Le vent qui les balaie les font vrombir comme un tambour puissant et constant. Marco Polo en parlait déjà dans ses récits de voyages et de nombreux scientifiques s'attaquent à ce phénomène énigmatique. Personnellement, mon oreille musicale était à plat ce jour là 😊 mais nos yeux étaient remplis d'or. Quelle splendeur ! On est resté deux heures à observer les couleurs changeantes et le coucher de soleil. Mon homme s'est transformé en Tintin dans le Crabe aux Pinces d'or (mais pas la vision du Capitaine Haddock avec la tête à la place du bouchon bien sûr 😊), les enfants ont roulé dans le sable, on a observé les ULM, on a couru dans les dunes, ... Petit message personnel à Oli, merci pour mon cadeau de Noël : les jumelles ont été utiles pendant ce voyage. Petit regret, nous ne sommes pas montés sur la plus haute dune car on sentait les enfants fatigués (surtout le petit dernier). Si vous y allez, faites le, car la vue est splendide (on y voit les montagnes, les vraies cette fois).

 

Le lendemain, nous nous attaquons aux Grottes de Mogao. Il s'agit de 492 grottes bouddhiques construites pendant dix dynasties successives (entre le 4e et le 14e siècle). Il s'agit de la plus vaste collection au monde de l'art bouddhique (2000 statues peintes et 45.000 mde peintures murales). Avant de les découvrir, nous sommes invités à voir deux court-métrages. Le premier relate l'histoire des grottes et la vie des marchands sur la route de la soie. C'est un véritable film avec des paysages à couper le souffle et de nombreux figurants. Le second présente les sculptures et peintures murales des sept grottes les plus remarquables. Après, nous sommes conviés à monter dans un car qui nous amènera sur le site logé à une vingtaine de kilomètres. Contrairement aux grottes de Yungang (voir l'article Trois générations à la découverte du Shanxi), la visite doit se faire obligatoirement avec un guide. Nous avons de la chance car on a demandé une visite en français (en espérant mieux capter l'attention de nos fils et la nôtre) et vu le peu de touristes étrangers, ce sera même une visite privée. Nous sommes un peu étonnés par le site. Sur une falaise rocheuse de 1600 mètres de long, nous découvrons des petites cellules protégées par des portes blindées et reliées par des escaliers en bois. Par sécurité et pour protéger les richesses bouddhiques, le site est très contrôlé. Les guides ont accès a une septantaine de grottes et en choisissent une dizaine. Notre guide est très sympathique et patiente (contrairement à Arnaud). Ce sera à la lueur de sa petite lampe de poche que nous découvrirons ces bijoux. Les photos sont interdites (Gilles en a pris trois mais cela ne donne pas grand chose). Arrivés à l'intérieur, nous sommes impressionnés par les couleurs intactes des peintures murales et des statues. Ce sont les oeuvres d'artistes anonymes venus d'Inde, d'Asie centrale ou de Chine. Les motifs sont superbes. On y retrouve de nombreux sutras, des bébés bouddhas dans les lotus (et non des choux ou roses), des Sakyamuni du passé, présent et futur, des scènes de la vie quotidienne, des Bodhisattva, des apsara volantes (première fois et pas la dernière que j'entendais ce mot. En fait, ce sont des nymphes célestes d'une grande beauté), des statues d'Ananda et de Mahakyasapa, ... Dans la grotte dix-sept, des milliers de manuscrits ont été découverts. Franchement, je pense qu'il nous faudrait une vie et de nombreuses années d'études pour comprendre cette religion. Cependant, c'est fascinant. Bon, les enfants sont moins béats face à ces splendeurs. Le coup de coude (et non de foudre) d'un Chinois sur le nez d'Arnaud sera la cerise sur le gâteau pour le petit. Dommage, ça s'est passé dans la dernière salle où on pouvait observer un bouddha de 34 mètres de haut. En lot de consolation, le pauvre Arnaud recevra un bonbon du Monsieur et sera libéré des Bouddhas. 

 

Il est temps d'aller manger une petite spécialité locale. Nous opterons pour les pâtes faites maison aux légumes dans un mini restaurant. Les sourires sont présents. On se baladera sur le night market mais à midi. Du coup, c'est un peu calme. La boucherie me tente moins que les vitrines de nos Boucheries liégeoises : l'Ardennaise ou l'Etal d'Or (Mmmh, une vraie bonne tranche de jambon, ça manque ici). Ensuite, nous visitons rapidement le Dunhuang City Museum. Ce musée abrite une importante collection de vestiges remontant jusqu'à la dynastie Han. Il y a aussi des reconstitutions de quelques grottes (celles là, on les a en photos) et des explications sur l'évolution de la ville. Après, on s'attardera un peu à l'hôtel pour un instant jeux de société (Uno, Jeux des Sept familles version belge et Exploding Kittens - à vous conseiller, merci PAM et son épouse). Ce soir, c'est soirée spectacle au Grand Théâtre de Dunhuang : "Silk Road" (Bien oui, pourquoi faire compliqué ?). Il a lieu dans d'imposant bâtiments. La place devant est immense (ça me rappelle vaguement un endroit à Pékin) et peut accueillir des milliers de personnes. C'était avec un peu d'appréhension qu'on y allait mais on a bien aimé (et photographié pour vous malgré l'interdiction. De vrais Bad Boys les Back. Comme vous vous en doutez on n'était pas les seuls ...). Une troupe de plus de soixante danseurs content l'histoire du peintre Zhang et de sa fille Ying Niang. On est plongé dans un univers coloré qui associe des danses orientale, indienne, persane mais aussi classique. Les costumes, décors, sons et lumières sont magnifiques. Les chorégraphies parfaites. Les danseurs, de vrais virtuoses. En rédigeant cet article, je lis que ce spectacle a fait le tour du monde et existe depuis 1979. C'est rodé ! On a aussi fait le lien entre la joueuse de pipa (luth chinois) de dos qui représente la ville de Dunhuang. Notre soirée était faite et c'est avec des lumières plein les yeux que Morphée est arrivée.

 

Ce jour, nous avons de la route. Cinq heures nous séparent de Jiayuguan. Nous avons donc un peu de temps pour découvrir le Désert de Gobi : longues routes sans fin (surtout à 80 km/h), moutons et chameaux en liberté, roches jaunes et ... aussi un énorme bébé qui dort paisiblement et en bonus les toilettes du désert version Disney. A mi-chemin, nous allons visiter les Grottes de Yulin. Petite soeur de Mogao avec ses 42 grottes, elle renferme également de nombreux trésors bouddhiques. Le site est splendide et caractérisé par cette rivière qui "coupe la montagne en deux". On est dans un canyon. Je ne vous refais pas la visite des huit grottes ; demandez les infos à nos fils 😊 Ils ont quand même appris ce qu'était le Nirvana en observant le bouddha couché et, Alex, avec sa mémoire d'éléphant, nous a ressorti les noms d'Ananda et de Mahakyasapa. Arrivé à Jiayuguan, nous découvrons des ancêtres (je parle des voitures bien sûr) qui font la vraie route de la soie "Berlin - Pékin" en deux mois. Il est temps de se dégourdir les jambes, de causer des torticolis aux habitants (qui se retournent non pas une, ni deux fois mais trois fois sur notre passage) et d'aller manger un bon Hot-Pot version japonaise (tu connais le Shabu Shabu ?). Excellent et service au top. Petite balade digestive dans le parc en observant les danseurs du soir, bonsoir !

 

Ce jour, notre programme commence par le Fort de Jiayuguan (Jiayuguan Pass) aussi appelé le "Passe imprenable sous le ciel". Ce majestueux fort (construit en 1372 sous la dynastie Ming) est quasi à l'extrémité occidentale de la Grande Muraille, à 5000 km de Pékin. Cette forteresse fut érigée pour défendre les frontières de l'Empire Chinois. Au-delà, on disait que c'était la fin de "monde civilisé" (monstres du désert et armées barbares des steppes). Il est situé au point le plus étroit du Corridor du Hexi bordé d'une part les Montagnes enneigées de Qilian et d'autre part les Montagnes Noires (Hei Shan). Du haut des remparts qui s'élèvent à plus de dix mètres, nous avons une vue imprenable sur les montagnes et le désert. Nous avons adoré cet endroit : la vue panoramique, la forteresse, les tours, le temple, l'histoire, l'ambiance et le spectacle de Kung-fu. A voir absolument ! Ensuite, nous passerons rapidement dans le Musée de la Grande Muraille avant d'aller marcher dessus 😃  En effet, à sept kilomètres vous pouvez découvrir sa dernière section, Xuanbi (restaurée à neuf en 1987). Bon, elle est faite en argile, n'est pas très longue (mais pentue) et n'a rien à voir avec celle de Pékin mais c'est sympa pour la vue. D'un côté, la ville très industrielle, de l'autre, les montagnes noires et arides. Nous sommes un peu sortis des chemins pour explorer ce paysage lunaire. Beaucoup ont écrit leurs noms, dessiné des coeurs, laissé des cadenas sur les rambardes. Du coup, les petits se sentent investis d'une mission. Laisser un "Back to China" à Jiayuguan. Bon, je leur ai conseillé de se limiter à Back (heureusement qu'on prend le nom du papa en Belgique). Message reçu cinq sur cinq ! 

 

Après un repas sans pattes mais avec la tête du poulet, nous avions encore une dernière chose à voir : Les Tombes Wei et Jin. C'est assez étrange car nous nous trouvons face à un champ énorme sans relief. Cet endroit n'attire pas les foules. Nous sommes même seuls à venir explorer ce site souterrain permettant d'accéder aux galeries et chambres funéraires datant des dynasties Wei et des Jin (3e et 5e siècle). Il s'agit du plus grand cimetière de la Chine antique. Cependant, un seul tombeau est ouvert au public. C'est celui d'un couple. Contrairement aux tombeaux Ming, c'est tout petit. Après avoir descendu un escalier, nous nous trouvons face à trois minuscules chambres voutées en enfilade. Sur les briques, de magnifiques fresques colorées représentant la politique, la culture mais aussi des scènes de la vie quotidienne : préparation du thé, métier de boucher, banquets, récolte des feuilles des muriers pour la production des vers à soie, ... Par un jeu de superposition des briques, tout tient sans béton. Bon, je me sens un peu à l'étroit. On remonte à la surface pour de nouvelles découvertes ? Rendez-vous dans 250 kilomètres à Zhangye ! 

 

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Descente en luge de sable
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Karaté kid
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Descendre les escaliers version Arnaud
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Commentaires: 5
  • #1

    Anne fre (mardi, 15 octobre 2019 12:39)

    Coucou, bravo Anne France pour ton style et la manière dont tu nous transporte dans ton sac à dos... j ai l impression d avoir fait le voyage avec vous ��

  • #2

    Steph T (mardi, 15 octobre 2019 13:06)

    C'est splendide !!!
    Quel plaisir de lire vos aventures tout en dégustant un bon sandwich de la cafet de BNP �
    Les photos sont top, tu vas avoir du mal à choisir celles que tu vas encadrer �
    Gros bisous à vous 4 !

  • #3

    Pawel (mercredi, 16 octobre 2019 10:52)

    Roooohhh, la luge sur sable, ça doit être top :-)

  • #4

    AFA (mercredi, 16 octobre 2019 11:54)

    @Anne Fre : Merci miss. J'espère que la petite famille est en pleine forme. On vous envoie d'énormes bisous. A très bientôt pour de nouvelles aventures.
    @Steph : Merci Steph. Ca te permet de t'évader un peu de la banque. Les autres articles suivront dans quelques semaines. Pour le choix des photos cadres. C'est cornélien. Je pense qu'on en a fait plus de 2500 ;) Gros bisous à vous 3 !
    @ Pawel : Sympa la luge des sables mais aussi les roulés boulés. Gros bisous ! Je me réjouis de voir ta nouvelle acquisition.

  • #5

    wenling (jeudi, 17 octobre 2019 13:14)

    Coucou,tous sont très beaux à pied dans le désert