Langues

Et les petits, ils sont bilingues ?

Time flies ... Déjà sept mois que nous sommes à Pékin et que nos enfants sont comme des petits poissons dans l'eau !

 

Je dois vous avouer que le mois de septembre ne fut pas évident. Les tests réalisés en avril par Alexandre pour évaluer son niveau d'anglais étant très bons, l'école avait choisi de ne pas le mettre en support renforcé (EAL = English as an Additional Language). J'avais écrit plusieurs mails indiquant qu'on était étonné de ce choix vu que ses résultats étaient dus à 80% au hasard (ah les choix multiples !). Soit ...  La journée, je lisais ses livres, préparais ses listes de vocabulaire, des questions sur la thématique de l'espace, apprenais comment exprimer les opérations mathématiques en anglais (car finalement, je n'ai jamais appris ce vocabulaire à l'école). Le coup de grâce fut un devoir de chinois avec quinze phrases écrites en caractères à traduire en anglais. Oh yeah. En effet, le chinois s'ajoutait également dans le cursus (nouveauté de cette rentrée scolaire). Puis, les questions ont fusé. Pourquoi ? Pourquoi on est venu ici ? Pourquoi nous avoir mis dans une école en anglais ? Pourquoi quitter nos familles, amis juste pour un boulot ? Et papa, il n'est même pas là ! A partir d'un moment, j'étais à court d'idées pour répondre car moi aussi, je commençais à me demander pourquoi (car vous connaissez mon impatience). C'est la première fois que je voyais Alexandre en difficulté et ce ne fut pas facile pour mon petit coeur de maman. Un jour, ils sont revenus tout heureux en me disant qu'il avait une idée pour mon cadeau d'anniversaire ... Ils voulaient m'offrir une petite soeur (ou plutôt qu'on s'attèle à avoir un troisième, AGGHHHHHRRR !!! Papa, maman, rassurez-vous : pas de onzième petit enfant pour le 12 avril !). Là, j'ai craqué. Alexandre n'en démordait pas. Il voulait s'occuper d'une personne. En fait, il se sentait seul (pas d'amis, difficulté d'échanger, ...). On a discuté longuement, expliqué qu'un bébé n'allait rien changer (enfin si justement), ... j'ai du coup téléphoné à une Française pour qu'elle m'envoie son fils à la maison pour jouer avec Alex. Et l'idée du troisième s'est envolée petit à petit ... 

 

Et Arnaud me direz-vous? Lui, il avait une autre optique. Il avait simplement décidé de ne pas parler anglais vu qu'on allait repartir en Belgique. Ça ne servait à rien de se casser la tête vu que ses professeurs d'anglais et de chinois comprenaient sa langue maternelle ! Plus radical le second de famille. Fin septembre, c'est un peu (beaucoup) déconfite que j'allais rencontrer Miss Robinson (Alex) et Miss Bailey (Arnaud). Pour Alex, j'avais demandé de voir également la responsable d'EAL et c'est d'un commun accord qu'il a intégré ce programme et que notre vie à Pékin a changé ! Il a repris confiance en lui, a commencé à se faire des amis, a utilisé son humour légendaire pour combler ses lacunes linguistiques, ... Bref, j'ai retrouvé mon fils. Et notre deuxième a finalement compris que l'anglais serait nécessaire pour jouer avec ses amis et a donc accepté de parler. OUF.

 

En novembre, nous avons fêté les sept ans d'Arnaud avec six copains : 3 Chinois, 2 Allemands, 1 Français, .... Nous avons vu nos deux fils dans leur univers. Ils communiquaient avec les mots appris, jouaient sans barrière linguistique. C'est intéressant de les observer.  A l'anniversaire d'Alexandre, on sentait une nette amélioration dans les échanges. Les mois passent et on les sent de plus en plus à l'aise. Le déclic est vraiment arrivé en mars. Ils comprennent quasi tout en classe et commencent à utiliser des structures de phrases plus complexes. Une nuit, Arnaud faisait un rêve en parlant à voix haute en anglais ! Comique. Les devoirs ne sont plus une corvée et ils les commencent même dans le bus pour pouvoir jouer plus longtemps avec leurs potes. Ici, les températures montent et c'est sur leur vélo qu'ils passent leur temps.

 

Après sept mois, nous constatons que nos enfants sont bien intégrés et surtout heureux (nous aussi). C'est avec beaucoup de joie qu'on va les voir à l'école. Nous sommes souvent invités pour les découvrir sur scène, sur les terrains de sports ou en classe. Théâtre, chant, handball, basket, natation, chinois, ... quelle évolution ! Nous avons des nouveaux diplômes sur le frigo (Star of the week, EAL/Chinese star of the month) et surtout des enfants en pleine forme :)

 

Pour répondre à votre question : ils ne sont pas bilingues et je ne sais pas s'ils le deviendront un jour mais je peux vous dire qu'ils seront plus confiants que leur mum en langues ;) Et cela, j'achète !

 

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Mon premier cours de chinois : impressions

Retour sur les bancs de l'unif ... Objectif : apprendre le mandarin ou en tout cas me débrouiller dans ma future vie quotidienne ...

 

Ceux qui me connaissent savent que je suis loin d'avoir la bosse des langues. En rhéto, j'avais reçu le prix des langues ... hum, hum. Je pense que les profs voulaient me faire plaisir vu que j'avais raté 6 mois de cours pour raisons médicales ... Un peu de compassion mais ce n'est pas le dictionnaire reçu qui a fait évoluer mes connaissances linguistiques :) J'ai toujours eu ce regret de ne pas bien maîtriser (ou oser) malgré des cours pris à gauche à droite.  

 

Lors d'un entretien pour vérifier mon niveau d'anglais, une prof me demande si je n'ai pas de problème auditif.  "Votre niveau de vocabulaire, grammaire est bon mais votre prononciation, my GOD. Vous n'êtes jamais allée voir un ORL ? ". Je rigole à cette remarque et lui annonce tout de go que je me lance dans des cours de mandarin. My GOSH !

 

En octobre, me voilà donc sur les bancs de l'Institut Confucius de Liège. Ce qui est sympa, c'est que les étudiants viennent d'horizons différents. Le public va de l'ado aux personnes "poivre et sel" (voire surtout sel). Certains sont mariés à des chinoises, d'autres ont toujours été attirés par cette culture, certains y voient une langue à haut potentiel pour leur future carrière, d'autres encore sont en contact avec des Chinois dans leur vie professionnelle ...  et puis, il y a moi. Moi qui n'aurais jamais pensé me retrouver là il y a quelques mois. 

 

Notre professeur est d'origine chinoise mais vit en Belgique depuis de nombreuses années. Ses informations m'interpellent : pinyin, 4 tons + 1 neutre, langue chantante, son aspiré, phonèmes, 4 familles de caractères, calligraphie, ... mais aussi pas d'alphabet (mais +- 80.000 caractères, je ne sais pas ce qui est le mieux;)), invariabilité des mots (pas de genre, pas de singulier ni pluriel du coup), pas de conjugaison (le verbe reste à l'infinitif) ... OH YEAH !!! Il y a des choses faciles dans cette langue alors ? Je retombe quand même vite de mon nuage quand elle cite 4 mots :  diào - jiào - tiào - qiào ... A l'écrit, ce ne sont pas les mêmes lettres OK mais mes oreilles ne détectent même pas une petite différence. Ne parlons pas des tons : bā - bá  - bà - ba (j'en suis baba). Je sens que je vais en baver et aller prendre directement RDV avec l'ORL :) ou alors m'accrocher !

 

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