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Walk on the wild side

En toute saison, elle nous émerveille ... Mais qui donc ? La Grande Muraille bien sûr. Prenez vos chaussures de marche, nous vous emmenons sur la section de Jiankou.

 

Comme vous le savez, c'est notre grand coup de coeur de l'expatriation chinoise. Elle fait partie des sept nouvelles Merveilles du Monde et elle m'a conquise. Nous avons gravi les premières marches en mai 2018 à Jinshanling lors de notre semaine de prospection. C'est accompagnés de nos loulous que nous avons découvert Huanghuacheng en septembre 2018. Nous avons d'abord fait sa section restaurée (Lake View) avant d'arpenter la sauvage, tellement plus charmante. Et depuis, nous n'avons pas arrêté de la fouler ! En cette fin 2021, je voulais partager avec vous les photos de la portion de Jiankou. Sa traduction anglaise signifie Arrow Nock (encoche de flèche) : la forme de la montagne étant similaire à une flèche et sa crête ressemblant à une encoche. Située au Nord de Pékin, dans le district de Huairou, cette section est à faire ! Elle rejoint Mutianyu à l'est et Huanghuacheng à l'ouest. Elle a été construite à partir de 1368 sous la dynastie Ming. Elle s'étend sur une vingtaine de kilomètres. Chaque section a été construite à partir de matériaux trouvés sur place. Pour Jiankou, c'est la dolomite qui lui donne cet aspect blanc et la caractérise. Allez-y les yeux fermés (enfin, pas de trop) car c'est une des plus complexes et dangereuses. Certaines parties sont très escarpées, les montées (et descentes) sont abruptes, les chemins longent parfois les falaises. Les paysages sont à couper le souffle : des montagnes, sous-bois, bois, villages, vergers, ... et puis, cette majestueuse Muraille qui serpente. Comme vous vous en doutez, elle est complètement sauvage. On y rencontre rarement des personnes. Il n'y a pas téléphériques, toboggans ou haut-parleurs comme ses voisines Badaling et Mutianyu. Elle dégage quelque chose qui nous donne chaque fois envie de la revoir. Bref, un vrai coup de coeur. Depuis le Covid, c'est toujours avec notre guide chinois, James, que nous gravissons les escaliers et les sentiers avec des "rolling stones". Ses phrases favorites : "After this difficult part, it's a piece of cake", "Slippery", "Slowly", "Don't worry" et ma préférée "It's all right". Je vous propose de parcourir les hikes de ces derniers mois. Je vous fais l'article en version différente avec mini-explication (vais-je parvenir à faire court ?) et puis "petite" sélection de photos. Attention, c'est en version crescendo pour le côté vertigineux. Et je vous dis : "Hey babe, take a walk on the wild side" !

 

 

Le Covid (et surtout ce qui va avec à savoir le homeschooling et les checking points aussi) avait freiné nos ardeurs de Grande Muraille, mais nous avons repris notre rythme d'une à deux sorties par mois à partir de novembre 2020. C'est avec Pashan (activité organisée initialement par Pékin Accueil, l'association pour les Francophones) que j'ai retrouvé Jiankou. Pashan (爬山signifie escalader la montagne. Et c'est vrai que des fois c'est plus de l'escalade qu'une balade de santé. Comme en mai 2019 (week-end Pashan), nous partons du petit village de Xizhazi. Après trente minutes dans les sous-bois, nous arrivons sur la Muraille et la découvrons avec un peu de neige, ce qui ajoute de la magie au moment. Sur la gauche, mon objectif ultime : le Beijing Knot (à savoir une des portions les plus dangereuses). Sur la droite, le chemin menant à la Nine Eyes Tower. Nous n'irons pas jusqu'à la tour ce jour et ferons le même parcours que la fois passée. Cette partie est assez facile et agréable. Les points de vue sont splendides. Le ciel est assez chargé mais la balade est parfaite. Je vous conseille de commencer par cette partie pour vous mettre en jambe.

 

 

Une semaine après cette reprise, c'est avec mon groupe de copines qu'on retournait au village de Xizhazi. On partait par un autre sous-bois pour rejoindre le Jiankou spot. Ici, nous prenons à droite après avoir escaladé l'échelle. Nous avions fait cette partie en mai 2019 pour le week-end Pashan. Je mets également quelques photos juste pour la comparaison avec la végétation. A l'époque, nous avions évité l'escalier ou plutôt le mur de 40 marches dont la pente affiche 70 degrés. Ici, on a tenté le truc. Comme je vous le disais, il ne faut pas avoir le vertige ou en tout cas ne pas regarder derrière vous car c'est quand même assez impressionnant. Si vous allez marcher sur la Grande Muraille, je vous conseille d'avoir toujours toutes les poches de votre sac à dos fermées. En effet, un moment, une personne qui était déjà au dessus de l'escalier a voulu prendre une photo. Elle s'est penchée et sa bouteille d'eau est tombée. Je ne vous dis pas le stress quand je l'ai vue passée à trois centimètres de la tête de James qui escaladait. Donc, il faut toujours rester vigilant et concentré ! Cette section comporte deux ou trois parties plus complexes mais reste abordable pour tous car il est possible de contourner les pièges. Nous ressortons du mur au pied des Sky Stairs (un autre objectif). Avec les filles, on tente des parties un peu plus difficiles ce qui est plus gérable à dix qu'à trente. On se connaît de mieux en mieux et ces journées sont super agréables. Tout était de la partie : pas trop froid, un ciel bleu, un peu de neige et une super ambiance. Nous avons terminé par un bon repas à la guesthouse locale.

 

 

Après avoir été au paradis dans le Yunnan, le retour à Pékin fut rude. Début 2021, nous avons eu droit à une nouvelle vague Covid dans notre district. Je ne les compte plus ! Nous sommes restés tranquilles à la maison. On rajoute au compteur deux mois de homeschooling et home working avec des sorties familiales pour se changer les idées. Vous pouvez découvrir nos balades sur la Rivière Blanche, dans la Vallée des Immortels et sur Huanghuacheng dans l'article : There is a crack in everything. That's how light gets in !

 

Mi-mars, on reprenait donc nos sorties entre filles. Cette fois-ci, nous découvrons une nouvelle portion démarrant du village de Moyashike (1h30 de la maison). Le beau temps n'est pas avec nous ... C'est avec une pluie fine et une grosse pollution que nous entamons l'ascension du chemin menant à la Grande Muraille de Dalabian. Je ne sais pas si c'est à cause de la pollution et/ou au manque d'exercice physique mais on paie un peu les 40 premières minutes. Nous nous arrêtons déjà pas mal dans cette pente pour prendre des photos ou respirer le "bon" air vicié. Malgré cela, cette balade, assez facile de neuf kilomètres va nous émerveiller. La Grande Muraille est tortueuse à souhait. La nature nous a offert de magnifiques fleurs de pêchers, abricotiers, ... Nous nous sommes adonnées à fond à l'hanami à savoir la tradition japonaise de savourer la beauté des fleurs qui s'épanouissent. Le rose et le blanc étaient à l'honneur malgré le gris du ciel. Une super journée avec les Cherry Blossom girls terminée par un très bon lunch dans une guesthouse locale.

 

 

Après la découverte de Xiamen, des maisons Tulous de Fujian et de la porcelaine de Jingdezhen, le retour à Pékin a été assez festif pour mon anniversaire en avril. Quelques belles surprises organisées par mes enfants, Gillou, familles et amis d'ici ou d'ailleurs me permettent de mieux vivre ces moments loin des miens. Le lendemain de notre repas filles, on repartait vers la Tour de Jiankou pour emprunter le chemin classique fait sous la neige en décembre 2020. C'est avec les Pashan girls que nous sommes passés d'un ciel bleu à une tempête de sable assez impressionnante. Comme je vous le disais, vous pouvez faire les mêmes tronçons, c'est toujours différent que ce soit par les saisons, végétations ou conditions climatiques. Bref, au top !

 

 

Nous voilà déjà en mai et cette année (contrairement à 2020), les Pashan peuvent organiser deux jours et une nuit près de la Grande Muraille. Accompagnés de James, nous avons démarré de Moyashike (la fameuse balade des fleurs de pêcher) pour atteindre la Muraille de Dalabian. Contrairement à mars, notre condition physique semble bien meilleure et la montée se fait dans la joie et la bonne humeur. Au fur et à mesure, le ciel se couvre et les températures chutent. C'est sous une belle pluie que nous mangerons très rapidement notre pique-nique. Vous voyez sur les photos que ce repas était un peu humide 😅 Cependant, ce mauvais temps sera vite digéré. Au cours de la journée, nous aurons du vent, des nuages, de la pluie et nous finirons par un superbe soleil : 4 saisons en 4 heures d'ascension. C'est juste magique surtout quand tu es équipée car ça caillait un chouia. Nous avons ensuite emprunté un autre chemin pour rejoindre notre guesthouse qui se trouve à deux pas de la Grande Muraille de Xiangshuihu.

 

Une bonne douche, un super apéro, quelques jeux de société plus tard, nous voilà au lit pour rejoindre les bras de Morphée ... Enfin, pas si vite ... Même si Marie et Mathilde sombrent assez vite. Ce sera un peu différent pour Anne et moi. Le vent s'est levé. Je dirais même qu'une tempête s'est invitée. Comme dans les trois petits cochons, j'ai cru que les fenêtres allaient exploser et le toit s'envoler ! Le vent sifflait dans le couloir. La fenêtre bougeait ... Je n'étais vraiment pas à l'aise et avec Anne, on se disait "Mais pourquoi avoir laissé mari et enfants pour finir ici ? " Scénario catastrophe quand tu nous tiens 😱 ! La nuit fut courte mais intense. Réveil à 6h du matin avec deux heures de sommeil, nous sommes fraîches pour l'ascension de la Grande Muraille vers la Nine Eyes Tower. Le temps est juste parfait et cela nous donne une sacrée énergie (ainsi que les beignets préparés par nos hôtes pour le petit déjeuner léger). Après une petite heure dans les sous-bois, nous arrivons sur le Mur à l'intersection du chemin menant vers le Beijing Knot et celui de la Nine Eye Tower. Il nous faudra ensuite 3 heures d'ascension et des paysages à couper le souffle pour découvrir cette fameuse Tour. Cette partie n'est pas restaurée et les deux derniers kilomètres sont semés de  "pierres qui roulent". Ce n'est pas de l'escalade mais plutôt un effort cardio. Au loin, nous pouvons même apercevoir les Gratte-ciels du CBD Guomao (Quartier d'affaires de Pékin) qui se trouvent pourtant à 70 kilomètres. La Nine Eye Tower est située à 1200 mètres d'altitude. Initialement, elle avait trois étages et celui du bas disposait de neuf fenêtres sur chaque côté. C'est le point le plus au Nord de Jiankou. Elle a été restaurée depuis quelques années et il est possible de l'atteindre plus facilement par un autre chemin. Mais, on aime le challenge. Après les séances photos, nous redescendons pendant une heure avant de reprendre nos affaires. Nous sommes heureuses de pouvoir vivre ces moments privilégiés. Nature, sourires, paysages, amitié, sport, le cocktail gagnant sur cette Grande Muraille Sauvage !

 

Vous savez, je me rends compte que je ne parviens pas à faire court et je vois également que je n'ai pas vraiment une photo de la Nine Eyes Tower version été. Alors, je vous propose de rédiger un second article sur cette section de Jiankou. Dans le prochain, je vous promets des expériences vertigineuses et glissantes !

 

A très vite 

 

PS : Merci Lou Reed pour ce titre qui convient parfaitement à nos aventures sur la Grande Muraille : "Hey babe, take a walk on the wild side".

PS 2 : Merci James de nous emmener dans ces endroits magiques

PS 2 : Je veux également remercier tous mes compagnons de Grande Muraille qui rendent encore ces sorties plus exceptionnelles 😍  Merci pour la participation au blog via vos sourires et photos !

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