Découvertes

The Architect

Voici quelques coups de coeur de bâtiments modernes pékinois. Un jour, peut-être, je vous montrerai des photos de la Cité Interdite !

 

Le Phoenix International Media Centre (Fenghuang Zhongcxin)

 

Ce donuts géant m'a souvent fait de l'oeil. Fermé pendant de nombreux mois, nous avons sauté sur l'occasion pour le visiter avec maris et enfants en août 2021. Situé non loin du Parc Chaoyang, il est impressionnant par son architecture. Réalisé en collaboration avec le BIAD (Beijing Institute of Architectural Design), cette coque d'acier et de verre abrite les studios d'une chaîne de télévisions (Phoenix TV) et des bureaux. Il accueille également des expositions et des événements privés. L'intérieur comme l'extérieur sont spectaculaires. Des tours indépendantes en forme d'amande sont reliées par des plateformes en zig-zag. Les panneaux de verre ont plus de 500 tailles différentes. Les escalators qui se croisent donnent une certaine dynamique. Ce bâtiment de 55 mètres de haut et de 65.000 mètres carrés est une véritable oeuvre d'art. Ses courbes sont à palir 😏 Des concepts d'économie d'énergie ont été utilisés lors de son élaboration. On n'a pas pu s'empêcher de jouer avec ses jeux de lumières et de transparence. Je voulais le visiter à nouveau avec un ciel bleu ou à la tombée de la nuit mais je n'ai pas eu l'occasion. Ce n'est pas grave, on garde  un super souvenir de cette journée qui s'est terminée en surprise !

 

Juste à côté, je vous mets en bonus le fameux "Dark Vador" comme on le surnomme. Son vrai nom est le Chaoyang Park Plaza. Je le trouve impressionnant surtout quand le ciel est couvert ... cela donne une atmosphère de Gotham City. La plus grande tour culmine à 120 mètres de haut.  Avant, il y avait, au dernier étage, un énorme restaurant de ribs avec chapeaux de cow-boys et un rodéo. Vu notre dextérité, le taureau a eu raison de nous. Nous avons passé plus de temps à admirer la vue de la ville qu'à faire du rodéo ! "Rodéo, c'est la vie pas le paradis" (Zazie)

 

Le Centre national des arts du spectacle de Pékin

 

Personnellement, j'ai toujours appelé ce bâtiment l'Opéra de Pékin mais c'est bien plus que cela. Ce superbe bâtiment de 150.000 m2 comprend une salle d'opéra, une de concert et un théâtre. Il est situé en plein centre historique de Pékin, à quelques pas de la place Tian An Men. Inauguré en 2007, après dix ans de travaux, il a été dessiné par l'architecte français Paul Andreu. Ce dôme de titane et de verre en forme d'ellipse évoque le motif traditionnel du yin et du yang. Il est entouré d'un lac artificiel lui donnant l'impression de flotter sur l'eau. Vous avez dit un oeuf flottant 🥚 ? Sur la première photo, vous pouvez voir les laveurs de vitres frottant le sol du bassin d'eau. En fait, de l'intérieur, c'est le plafond. Cela donne une belle luminosité avec des mouvements de vaguelettes dans le bâtiment. Pour y entrer, vous devez emprunter une galerie. La dernière fois que j'y suis allée, c'est sous un beau soleil d'avril avec une belle surprise pour mon anniversaire et celui de ma copine belge Nathalie, née le douze avril aussi. Une coupette devant l'opéra, petit souvenir de nos dernières semaines pékinoises. 

 

Galaxy Soho et les hutongs

 

Comme je l'ai précisé dans de nombreux articles, ce que j'aime à Pékin, ce sont les contrastes. Entre moderne et ancien, entre tours et cours, entre authentique et fake, ... Bref, le jour et la nuit en passant d'une rue à l'autre. Voici encore un endroit qui résume bien ces contrastes : le fameux Galaxy Soho entouré des hutongs. Cet étrange bâtiment blanc, rond à souhait (certains disent que cela ressemble à une poitrine) a été dessiné par l'architecte reconnue Zaha Hadid. Inauguré en 2012, c'est un complexe de 330.000 m2 où sont logés des bureaux, commerces et espaces de divertissement. Son architecture est une composition de quatre volumes de tailles différentes et reliés entre eux par des ponts et passerelles. Ce que nous avons apprécié, c'est la fluidité et la lumière apportée par ces nombreuses ouvertures vers le ciel. Même à l'intérieur, il y a des puits de lumière. Une grande esplanade avec des jets d'eau permet aux enfants de courir et de se mouiller (jusqu'à ce qu'un garde arrive 😅). Ce jour-là, on aura fait une grande première en laissant choisir le resto par les enfants : un bar à chats spécialisé dans les sushis. Moi qui ne suis ni addict aux sushis (ça tombe bien pour le Japon) ni aux chats, j'étais servie.  Bon, les chats sont derrière des fenêtres et tu peux y aller si tu en as envie. Bref, we did it ! Les enfants étaient contents. Nous avons ensuite été dans un super magasin Nintendo jusqu'à ce que je me rende compte que j'avais oublié mon sac. Les passeports dedans, le big stress mais après un sprint, il m'attendait gentiment au restaurant. Quand on n'a pas la tête, on a les jambes et surtout de la chance. Après ce coup de chaud, nous avons été prendre la température dans les hutongs tout proches. 

 

Les hutongs aux environs du Galaxy Soho, nous les avons visités plusieurs fois : seule, en famille, entre amis. A pied ou vélo. Je les trouve tellement sympas et vivants. Ils regorgent de musées, petites boutiques, temples, petites cours cachées, ... Dans les environs, il y a le musée Shijia consacré à la vie des hutongs. Une énorme maquette, des pièces aménagées avec des objets donnés pas les habitants, des bandes sons des marchands de rue, c'est à voir (et à écouter). C'est vraiment à faire avec les enfants pour mieux comprendre cette vie complètement atypique et authentique

 

Du temple bouddhiste Zihua (Lumicang hutong),  vous pouvez aussi contempler ces contrastes. Dans ma to-do list avant le départ, il y avait la photo nocturne de cet endroit mais je n'ai pas eu le temps vu la fin avortée de notre séjour. Si vous y allez, faites-le en fin de journée pour avoir un cliché magique.

 

En regardant mes 80.000 photos, je découvre encore plein d'endroits que je souhaite vous partager. Bon, il y a encore un peu de travail avant de commencer le blog sur le Japon ... Au vu de nos trois premières semaines, je peux déjà vous prévenir que des contrastes, il y en a aussi  à Tokyo. Des différences entre la Chine et le Japon, j'en vois chaque jour. C'est cela qui rend ces expériences si enrichissantes même si les débuts sont des fois compliqués. Je vous explique cela dans quelques mois. 

 

PS : J'ai éprouvé des difficultés à faire cet article (commencé en Belgique entre deux fêtes et terminé dans notre appart hôtel de Tokyo) et à trouver le titre : entre des titres avec "glass" (Heart of glass?) ou "build" dedans ... Et puis, le plus simple est venu : "The Architect" du groupe belge dEUS. Comme eux et leur architecte, après quelques mois, "I have a solution" 😏

 

PS2: Merci aux photographes qui se reconnaîtront 


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Chacun sa route, chacun son chemin

A chaque saison, le chemin rouge a accompagné notre aventure chinoise. Je ne pouvais pas passer à côté !

 

Seule, en famille, entre amis ... A pied, à vélo, en roller, ... Eté comme hiver, il a été notre terrain de jeux pendant quatre ans. Situé à 500 mètres de la maison, je me demande combien de kilomètres j'ai parcourus sur ce plat chemin qui est le mien ! La période Covid n'a fait qu'accentuer nos visites. Comme un besoin de prendre l'air après des journées de homeschooling et homeworking. Comme une soupape de décompression dans cet environnement de plus en plus stressant. Depuis notre retour du Xishuangbanna où nous avons pas mal dégusté, la stratégie "ZERO Covid dynamique" n'a fait qu'accentuer notre besoin d'évasion mais pas trop loin ... On dira même "Just next door". Je vous parlerai plus longuement de cette politique covid dans un article qui clôturera cette aventure chinoise. Mais avant ce clap de fin, j'ai encore envie de partager quelques articles et photos de notre aventure pékinoise. Ils sont dans ma tête, reste à les écrire ...

 

Pour une fois, je ne vais pas faire un long article car je ne sais pas trop quoi raconter. C'est la nature et la contempler suffit. Nous y avons été entre amis, en famille, avons fait des pique-niques, des PTT (Pétanques Tout Terrain comme disaient mes copains Spadois), des rikikis (jeu de carte), des parties de foot. J'aimais y aller avec les enfants que ce soit à vélo ou en courant. J'appéciais aussi le calme qui y régnait, la neige qui craquait sous nos pieds en hiver ou cette petite brise en été. En avril 2022, avec Gilles, tous les soirs, nous allions voir les couchers de soleil et les tapis de fleurs, je dirais même une mer de fleurs ! Ah les fleurs ! En quelques jours, tu pouvais admirer le changement de couleurs. A chaque fois, une surprise. Je pense qu'on avait besoin de s'émerveiller sur des choses simples mais tellement importantes. C'était notre moment d'évasion. 

 

Tu pouvais rouler des dizaines de kilomètres, sur n'importe quelle rive de la rivière Wenyu. On a usé nos baskets pour le Semi-marathon de la Grande Muraille qu'on n'aura finalement pas fait malgré notre motivation en 2020, 2021 ou encore 2022. Tous ces événements ont été annulés suite au Covid. Merci à Maria qui a continué à nous motiver avec des challenges courses pendant tout le printemps. Malgré la neige ou la chaleur,  nous enfilions nos baskets ! Ce chemin a créé de belles amitiés.

 

Souvent, je me posais et observais les pêcheurs, les as des photos, les enfants cueillant des fleurs. Juste des moments suspendus !

 

A très bientôt pour la suite des aventures ...

 

 

PS1 : Au début, je voulais appeler cet article "Flower Power" (ou encore "Le Pouvoir des fleurs" en chantant les paroles de Voulzy) et puis j'ai pensé à Tonton David (ou KOD pour être exacte) 😉 Comme un air de liberté !

PS2 : Arnaud n'a pas vraiment apprécié le Pouvoir des Fleurs avec ses allergies.

 

 

 

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Highway to hell

Partir en vacances dans un pays à la stratégie "zéro covid" n'est pas une sinécure. Cette fois-ci, on a joué - on a perdu ! Bienvenue dans la jungle du Xishuangbanna

 

Nous vivons depuis plus de deux ans avec ce virus. Nous ne sommes plus revenus près des nôtres depuis décembre 2019. Depuis fin 2021, la tension monte exponentiellement à Pékin. Les Jeux Olympiques commencent dans une dizaine de jours mais Omicron s'est invité à la "fête". Chaque jour apporte son lot de nouvelles mesures : homeschooling jusqu'au 21 février (and much more ?), des districts en zone à risques élevés, des tests Covid massifs, des tests si tu achètes certains médicaments (dont des pastilles pour la gorge ou du dafalgan), ... Il ne faut pas tomber malade ici. Certains se sont aussi retrouvés pendant 14 jours enfermés dans leurs maisons (avec un capteur sur la porte) car ils ont reçu un colis de l'étranger ... On conseille donc d'ouvrir ses colis "étrangers" en extérieur avec des gants, masques et du désinfectant. Chaque jour, on se demande ce qu'ils vont trouver comme nouveauté. En fait, on remarque qu'on devient fatigués et l'optimisme est des fois compliqué à (re)trouver. Ce sont les mois de trop mais on a une échéance et de nouveaux projets dans quelques mois. On s'y accroche car nous serons de retour sur le territoire belge le 24 juin. On verra comment on gère les premiers jours chez nous mais je n'arrête pas de m'imaginer les retrouvailles avec ma famille et amis. On pense à vous. On vous ♥️ !

 

Allez, retour sur cette fameuse aventure dans le Sud Ouest Chinois. L'année passée, nous nous étions évadés dans le Nord du Yunnan pour passer notre premier Noël sans nos proches. Cette fois-ci, c'était un peu l'hésitation et tout s'est fait dans le rush. Nous sommes passés de l'idée de la mégapole de Shanghai (mais qui avait deux cas Covid ... et donc une astérisque sur le healthkit) au soleil du Xishuangbanna (où jamais eu de cas Covid !). Donc, le 18 décembre, on bookait notre vol pour partir du 22 au 28. Je vous vends la mèche mais on a joué les prolongations. Cependant, commençons par le commencement et bienvenue au Xishuangbanna (Sud du Yunnan) qui signifie "Terre des 12.000 rizières" en langue Dai.

 

Nichée aux frontières du Laos, du Myanmar et du Vietnam, cette région tropicale vous transporte loin du stress de la capitale pékinoise. Sa nature luxuriante, sa chaleur humide, ses forêts tropicales, ses champs de cannes à sucre, ses palmiers, ses marchés débordant de fruits colorés, ses temples, ses éléphants, ses champs de thé, ses 14 minorités, ses sourires vous plongent dans une autre culture. Ici, on entend surtout parler une langue étroitement liée au thaï. Bref, c'est parti pour des vacances à la cool. Nous avions promis cela aux enfants (après les nuits en tente en altitude et les visites des temples de l'Amdo). Vu le contexte, on a décidé de rester dans la même ville Jinghong, capitale du Xishuangbanna (pour éviter les multiples tests Covid), de faire quelques excursions à moins d'une heure trente de route, de profiter d'un bel hôtel avec des activités sportives. Bref, des vacances sans sortir des sentiers battus ... pour ne pas prendre de risque. L'idéal dans cette région est de faire un trek de plusieurs jours et d'aller dormir chez les locaux mais le contexte ne le permet malheureusement pas.

 

Avec notre sympathique guide, Ai, nous partons à la découverte de quelques "classiques" de la région. Lors du trajet, nous découvrons déjà la nature luxuriante mais également les plantations de milliers d'arbres à caoutchouc (hévéas). Notre guide nous explique l'apport économique mais surtout le désastre pour l'environnement et la biodiversité suite à la déforestation. Selon lui, les consciences commencent à changer. Nous arrivons au Parc de la Minorité Dai. Après avoir observé pendant 25 minutes notre guide passer d'un guichet à l'autre, nous redemander nos QR codes, passeports, nous avons enfin nos tickets. Les Dai représentent un tiers de la population du Xishuangbanna. Ils sont adeptes du bouddhisme Hinayana et parle la langue Dai, semblable au dialecte thaï du Nord. L'agriculture est un des secteurs les plus importants. Les dames portent généralement un chapeau et sont vêtues de costumes colorés. D'entrée de jeu, à la chinoise, nous devons prendre le petit bus qui va nous conduire dans ce parc où sont rassemblés cinq villages Dai. Nous visiterons plusieurs temples, observerons les architectures de maisons et les nombreux fruits qui poussent dans les jardins. Les couleurs et l'architecture nous transportent loin des temples chinois. Comme un petit air d'Asie du Sud-Ouest en Chine (par procuration car on n'a pas pu y aller ces deux dernières années). On découvre ici les fameux hévéas avec le tronc coupé pour récupérer le caoutchouc. Les enfants souhaitent gouter les caramboles (star fruit). Il sera coupé directement sur l'arbre et mangé en quelques minutes par les loustics. Personnellement, je n'ai jamais été une fan de ce fruit mais les enfants en redemandent. On se baladera une petite heure dans ce parc. Il n'y a pas grand monde et c'est assez reposant. On appréciera notre trajet de retour en bus avec une chanson allemande un peu pop rock d'Achim Reichel (Aloha Heja He). Belle ambiance à nous quatre. 

 

Nous prenons la route vers le Jardin Botanique. En chemin, nous nous arrêtons pour admirer de nombreuses échoppes colorées. Ça regorge de fruits et légumes. La vendeuse est souriante et sympathique à souhait et nous fait découvrir plein de saveurs. Le coeur d'Arnaud penche pour des morceaux de viande séchée piquante. Alex reste aux fruits. Sur la route, on s'arrêtera une seconde fois mais c'est moins fun. C'est notre premier check point (et malheureusement pas le dernier). De nouveau, pendant une petite trentaine de minutes, notre guide doit transmettre toutes nos informations ainsi que montrer un papier avec un cachet rouge. Cela indique le trajet que nous allons faire, que nous sommes partis avec une agence et que nous avons l'accord des autorités. Bref, il n'est pas de bon goût de partir sans agence ces dernières années. Allez, on relâche la pression et nous voici dans le plus grand royaume de la flore de Chine : le Jardin Tropical Botanique de Menglun (70 km à l'est de Jinghong). Il couvre 1.100 ha et abrite des milliers d'espèces végétales réparties en plusieurs jardins thématiques. C'est bien sûr en mini bus que vous pouvez découvrir ce petit bijou verdoyant. En chemin, nous avons croisé des nénuphars géants, des palmiers impressionnants, des fleurs colorées, des herbes dansantes, des arbres tortueux, un petit labyrinthe. Nous sommes ensuite allés nous perdre dans la forêt aux pierres et dans la jungle luxuriante. Bref, un bon bol de verdure et de soleil en ce mois de décembre. Sur notre retour, nous avons droit à trois arrêts ... Les check points ont poussé comme des champignons. Hum hum. L'année passée, on s'était fait arrêter dans ces régions frontalières pour un contrôle drogue mais bon, on sent l'atmosphère encore différente. La fin de journée se termine par une petite soirée retrouvailles avec nos copains belges (des Ardennais !) avec qui nous passerons la suite de nos vacances.

 

Le 24 décembre, nous restons d'abord à Jinghong pour nous balader dans le Parc Manting. L'entrée est payante et notre guide doit encore s'armer de patience pour gérer l'achat de nos tickets. Il s'agit d'un ancien jardin impérial Dai de plus de 1300 ans. C'est un petit havre de paix (il est à remarquer qu'il y a très peu de monde). Se promener dans ce parc est agréable. En plein milieu de la ville, c'est un véritable poumon vert avec sa nature luxuriante (oui, j'utilise souvent ce mot). Des allées ombragées, des arbres centenaires, des pagodes, des fleurs, des perroquets et même des éléphants ! Arnaud se plaignait car nos amis avaient visité la Vallée des éléphants sauvages et moi je l'avais d'office supprimée en "préparant" le voyage. Mais vu que le Xishuangbanna est "the place to be" pour voir les éléphants, ça tombait bien, on arrivait dans le timing d'un autre spectacle au Parc Manting. Du coup, on a pu les voir jouer au foot, basket, et même faire des massages aux courageux volontaires. Ce n'est pas ce qu'on préfère mais bon, on a vu les éléphants du Xishuangbanna ✅Après le spectacle, nous avons découvert des monuments représentatifs de la culture Dai. Nous avons apprécié l'ambiance autour du Temple de Zong avec son architecture (cascades de toits dorés) qui nous fait voyager loin d'ici. 

 

Après un arrêt gourmand et souriant le long de la route, nous allons nous balader trois heures dans la jungle. C'est assez différent de la jungle de Camiguin (Philippines). C'est un chemin de terre rouge entouré d'arbres et de lianes. A certains moments, nous avons des vues sur les plantations en terrasse de thé. La rando est simple et Arnaud en profitera pour expliquer sa vie à notre guide. Alex, quant à lui, me parlera de ses stratégies de construction Minecraft et de ses projets à venir. On est tous zen au milieu de la nature.  On profite juste du moment. On joue à Tarzan, on essaie de monter sur les lianes. Bon, il y a du boulot pour les Back mais bravo à Ai. Nous passerons par un village habité par la minorité Jinuo, la plus petite ethnie de Chine (avec moins de 18.000 personnes).

 

Sur le retour, nous prenons quelques victuailles 🥂 pour le réveillon. Le chauffeur nous dit qu'il vend également du vin et nous amène dans sa boutique qui est en fait une mini superette. On hésite entre un vin chinois et un bon vieux JP Chenet 😏(grand souvenir de nos années universitaires). Loin de nos familles, on ne fête pas Noël car on n'est pas dans l'ambiance. Cependant, nous avons passé une belle soirée à nous huit. L'hôtel avait préparé un buffet de fêtes. Jeux de société au programme :  Vive les colons de catane et le loup garou. 

 

Le réveil à 8 heures est compliqué pour les petits qui ne voient toujours pas le côté cool (à savoir "on ne fait rien") des vacances. Je les motive en leur disant que c'est la dernière journée de visite avant deux jours de glandouille. Au programme : un marché local et un trek dans une jungle plus sauvage qu'hier avec des endroits à escalader, etc. Je tanne aussi Gilles pour aller voir le fameux marché de nuit de Jinghong. Vu que notre hôtel est excentré, il faudrait reprendre un taxi le soir et on n'a pas encore pris le temps. Après une heure de route, trente minute de check point, nous voilà arrivés sur cet énorme marché hebdomadaire de Menghun. Nous y croiserons de nombreuses minorités dont les Dai, Aini, Bulang et Lahu. On peut les distinguer grâce à leurs tenues différentes et colorées. Des centaines d'étals sont disposés dans un énorme hall ou en extérieur. Vous y trouverez tout : des légumes colorés, des fruits, du poisson, des brochettes,  des spécialités locales, des animaux qui attendent leur dernière heure, et même des vendeurs de dents 🦷! On était un peu les seuls touristes dans ce dédale d'échoppes mais l'accueil était plutôt chaleureux. 

 

Nous quittons nos amis pour faire le trek. Bon, on sent les enfants pas motivés du tout. Ça râle, ça pleurniche, ... En plus, il pleut mais on reste campés sur nos positions. Cependant, pour le plus grand plaisir des enfants, on va se faire refouler à un autre check point. On s'approche de plus en plus de la frontière avec le Myanmar et les contrôles sont serrés serrés ... Du coup, changement de plan : pas de trek mais la visite d'un petit village  où ils fabriquent du papier artisanal. En déambulant dans les ruelles, on découvre les maisons spécifiques avec les toits en tuiles colorées et les dames qui confectionnent le papier. Ce savoir-faire est transmis de mère en fille depuis des générations. En souriant, elles nous invitent à observer leur travail : trempage de la fibre de bois de mûrier, martelage, séchage sur des cadres en bois qu'elles disposent dehors. Ces papiers servent, entre autres, à emballer les galettes de thé Pu'er. La qualité doit être exceptionnelle. On terminera notre journée avec la visite du Pavillon Octogonal de Jingzhen. Construit en 1701 dans le but de réunir des moines locaux haut placés, cet édifice a été détruit pendant la révolution culturelle. Le bâtiment restauré construit en brique et bois mesure 21 mètres de haut. Il est caractérisé par ses nombreux toits symbolisant chacun les préceptes du bouddhisme. A côté se trouve un temple aux peintures très équivoques.

 

Durant cette journée, nous aurons croisé très peu de touristes à part un couple de Français qu'Ingrid connaît. Comme quoi le monde est petit. Les Back décident de terminer la journée culturelle maintenant et de retourner tranquille à l'hôtel. Nos amis nous rejoignent plus tard après une dernière balade. On aura notre dernier contrôle plus poussé avec questions sur nos adresses, l'entreprise de Gilles etc ... On doit même se mettre au bord de la route avant d'avoir le GO de l'administration centrale pour repartir. Ça  commence à peser ces contrôles. On profitera finalement de la fin de journée à l'hôtel : ping-pong, piscine, jeux de société. Le fameux night market, ce sera pour demain.

 

Nous sommes le 26 décembre, c'est la fameuse journée cool et il fait beau ! Les enfants se lèvent plus tard, profitent des infrastructures et nous aussi. Tennis, lecture, nage en eau froide, ... On retrouve aussi des couples de Suédois qui habitent le même compound que nous. On échange sur ce que nous avons visité. Le soir, on va enfin voir ce fameux marché dont tout le monde me parle. On goûte à de nombreuses spécialités locales. On observe les jolies dames qui se sont "déguisées" pour les photos. On s'est fait arrêté de nombreuses fois pour nous proposer de nous maquiller et habiller comme les locaux. Je suis quand même étonnée que ça ne grouille pas de monde. Il faut dire que depuis deux ans, tous nos voyages "Covid" ont cet avantage : pas de foule. C'est peut-être le seul avantage du covid mais on prend le positif dans tout ! On profite de notre dernière soirée avec nos amis qui reprennent l'avion le 27. 

 

Pendant la nuit, je ne dors pas. Je me retourne, je lis, je ne me sens pas à l'aise ...  J'ai comme un drôle de pressentiment.  Petite info, une dame de l'hôtel nous avait dit la veille : "Ne vous tracassez pas mais on vient de placer un check point à la sortie de l'hôtel ...  MEi WENTI 😏 (aucun problème)". Le matin du 27 décembre à 8h00, on reçoit un message d'Ingrid et Christophe nous indiquant que leur avion est annulé mais que c'est le cas de tous les vols partant de Jinghong ... Les joyeusetés commencent ! Nous voilà pris dans un tourbillon de stress. En fait, un étudiant de Kunming (capitale du Yunnan) aurait fait le mur, falsifié les données de son téléphone, pris le train jusque Jinghong, rencontré des personnes "illégales", puis serait retourné dans sa ville avec un petit virus ... (version officielle) Il a contaminé sa famille (genre 3 cas) ... et l'effet boule de neige arrive. Vu que le virus proviendrait de Jinghong, que cette ville est frontalière avec de nombreux pays, que les gouvernements ont peur pour leurs fesses (le gouvernement de Xi'An a été viré suite à leur mauvaise gestion du virus), les restrictions sont lourdes : la ville est mise en lockdown. On reste à l'hôtel sans aucune information. On essaie de changer les vols mais on comprendra vite qu'ils s'annulent d'heures en heures. Une chose est certaine : les vols" Jinghong Pékin" ne reprendront pas avant le 8 janvier ... J'apprends également que deux familles de Pékin revenues dans la capitale après leur séjour au Xishuangbanna sont mises en quarantaine dans leur appartement : 2 semaines enfermées avec un capteur sur la porte ... Voici ce qui pourrait nous pendre au nez. Mais bon, la première chose à faire, ce serait déjà de sortir de cette ville ...

 

Tout le monde est paumé et essaie de grappiller des informations. On se fait de nouvelles connaissances d'un peu partout en Chine. La journée passe doucement mais pas sûrement. On commence à lire les articles, les cas explosent à Xi'An, les nouvelles générales sont assez maussades. Je suis hyper nerveuse, je m'en veux d'avoir pris les enfants dans ce problème. Vu l'arrivée des JO et le fait que la soeur d'une copine a été bloquée 5 semaines à un endroit, je nous vois revenir mi février ... Moi stressée ? Non. Me faire des films ? Non ! Juste une grande crainte de l'incertitude et qu'ici, tu ne sais jamais à quelle sauce tu peux être mangé ! Gilles relativise et est super cool (comme d'habitude). Comme il me dit, on est toujours dans la période de nos vacances 😉

 

Le personnel de l'hôtel nous informe qu'un test Covid massif est organisé. A 17h00, la file est longue. On y retournera à 22H00. Pendant l'attente, une manager de l'hôtel, Serena, se présente à Christophe et Ingrid. Elle nous indique les choses à faire et nos potes prennent directement son contact ! Ce sera la plus grande aide pour nos prochains jours. Nous voilà dans un hall de village avec des panneaux de basket, prêts pour être testés ! Nos 8 tests seront mis ensemble. Pour aller plus vite, ils font des lots (batchs).

 

Le 28 décembre rien ne se passe. On essaie de profiter de notre prison dorée mais les questions n'arrêtent pas de se bousculer. On est également en contact avec des gens qui sont logés au centre de Jinghong. On leur parle d'un deuxième test massif mais rien ne bouge pour nous. Les enfants jouent non stop. Heureusement qu'on est à deux familles car cela facilite grandement les choses. On fait passer le temps avec des jeux de société, des tournois de foot, de ping-pong, de tennis,  ... 

 

Le 29 décembre, au petit-déjeuner, tous les clients ont des têtes de déterrés. On capte les infos à gauche à droite. Un moment Serena arrive et nous informe qu'un test massif a lieu à la gare.  On prend de quoi boire, un peu de nourriture et nous voilà tous partis en navette prêts à attendre quelques heures. On croise des astronautes qui désinfectent la grande esplanade devant la gare. C'est complètement surréaliste. Après trois heures d'attente, on voit quasi la fin ... C'était sans compter sur les passagers d'un train en provenance de Kunming qui débarquent. Du coup, on nous indique qu'ils sont prioritaires et on nous informe aussi d'aller dans l'autre file à 500 mètres de là ... Si près du but ? Non! Les personnes commencent à s'énerver, à crier. La police intervient. Une Chinoise nous traduit un peu ce qu'il se passe. Elle est super sympa et ajoute Ingrid sur un groupe wechat des personnes bloquées dans les hôtels de Jinghong (nous tous quoi). Finalement, 4 heures plus tard, on aura fait notre petit test nez-bouche. Retour à l'hôtel et train train quotidien. Sauf pour Ingrid ! N'ayant pas de médicaments en suffisance, ceux envoyés de Pékin étant bloqués à l'aéroport, elle a dû aller avec Serena dans deux dispensaires. Malheureusement, ils n'ont pas ce qu'elle recherche. La seule solution est d'aller au grand hôpital. Comme la ville est bloquée, il est impossible d'y aller en taxi. L'hôpital dit qu'il va envoyer une voiture. A sa grande surprise, c'est une ambulance qui vient la chercher. A la grande surprise des ambulanciers, c'est une étrangère qui doit rentrer dedans ... Du coup, ils ne veulent pas. C'est donc notre chère Serena qui ira dans l'ambulance lui chercher ses médicaments. Une heure après, elle les a. Victoire !

 

Le soir, on en a un peu marre de manger à l'hôtel (qui commence à avoir aussi des ruptures de stock) donc on va dans un petit resto à hot pot (la spécialité du Sichuan). Le personnel est super sympa mais on sent que nous sommes tous fatigués et stressés par ce climat ambiant. La nuit, ça ne va pas du tout pour moi. Je fais une crise d'angoisse style tétanie (Gilles peut vous imiter mon état. Ça le fait beaucoup rire 😅). Gilles lui est un peu retourné par les épices. Une belle nuit blanche pour le couple Back.

 

Le 30 décembre, on laisse les enfants en paix le matin et ils dorment jusqu'à 11H. Je continue à ruminer. Je me vois faire du homeschooling à partir de la chambre. J'avais dit à Gilles et Alex de prendre l'ordi et le sac d'école mais ils avaient dit no stress !!! Pour me calmer, je lave nos vêtements à la main 😊 Pour une fois que j'avais fait une valise légère ... On reçoit beaucoup de messages de soutien de nos familles et amis (belges et pékinois). Certains ne sont pas très positifs pour nous et nous disent de nous préparer à une quarantaine au retour à Pékin. Du coup, on réfléchit à des plans B ou C. Est-ce qu'on n'irait pas deux semaines à Shanghai le temps que cela se calme ? On téléphone à deux potes là-bas pour trouver des petits apparts mais ce n'est quand même pas la solution idéale. On checke les autres vols avec escales. Tout passe dans nos têtes. Louer une voiture, prendre un train, faire des escales, ... Tous les clients de l'hôtel s'échangent ses plans ... Puis tout tombe à l'eau car les avions s'annulent. 

 

Dans l'aprem, Serena vient trouver les clients de l'hôtel avec une bonne nouvelle. Avec nos deux tests covid, la signature d'une lettre de décharge (dont une phrase indiquant "je ne suis pas allé sur le Marché nocturne de Jinghong du 20 au 25" 😅), on pourrait obtenir un papier avec un gros cachet rouge nous permettant de quitter la ville. Haut les coeurs, l'espoir revient. Les files ne nous font pas peur. On fait des copies de nos passeports et de nos tests (enfin le deuxième car on n'a jamais reçu le premier). On arrive au fameux endroit. La file est longue. On va d'abord chercher un petit papier avec un numéro dessus : 174. Ils vont appeler au fur et à mesure. On commence au numéro 1. Il y a seulement 5 bureaux administratifs. On évalue le temps, sûrement 4 heures donc on va chercher à manger avec les petits et on patiente encore et toujours. Cependant, les moments où tu avances dans les démarches sont tellement plus gais que ceux où tu cogites. On échange avec les étrangers. Un moment le consulat de Belgique nous téléphone car il a appris notre situation. Cependant, on ne peut pas faire grand chose pour nous. Gilles sourit en me montrant un autre message. Nos vols sont bookés pour la Belgique. Le 24 juin 2022, nous serons de retour. Ça nous booste. On approche du but. On se retrouve devant le guichet mais on n'a toujours pas la preuve de notre premier test. Une petite dame court partout et cherche dans un autre bâtiment tous les papiers relatifs à ce test massif. Il y a une pile pour les étrangers. Après 25 minutes, on retrouve notre batch ! Ça sent la fin. Serena se met à côté des employées et complète avec elles les documents. On doit encore remettre nos empreintes un peu partout.  Au fur et mesure, nos papiers se font. Le truc final, c'est d'aller trouver la maîtresse du cachet rouge ! Quatre heures plus tard, nous avons notre papier de libération. Victoire. Nous devons quitter la ville dans les 48 heures ! YOUHOU. On parvient à booker pour le premier janvier un train qui fera Jinghong Kunming puis un vol vers Tianjin ... On informe Ma Jie, notre super homme de confiance qu'il doit venir nous chercher et nous ramener à Pékin ! Entre Tianjin et Pékin, il y a 140 kilomètres de distance et surtout un gros check point ... 

 

Le 31 décembre, nous devions normalement faire une grosse fête avec nos potes à Pékin. La soirée bling-bling, ce sera pour un autre jour (et dire que Gilles avait pour une fois acheté un magnifique costume 😉). Le matin, on s'est baladé avec Ingrid et Manon dans le petit village autour de l'hôtel. Ça  doit être sympa quand il y a de l'animation. Les gens sont très avenants avec nous. Ce jour, on a encore RDV avec les files. On a notre sésame pour sortir de Jinghong mais pas celui pour entrer dans Pékin. En effet, vu le trajet à rallonge pour rentrer au bercail, notre test Covid risque de ne plus être valide (Max 48h de validité). Nous allons donc faire un troisième test. En voyant la file, ce n'est pas 4 heures mais 7 heures qui nous attendent ... Du coup, Serena trouve une autre option en allant directement à l'hosto. Je vous passe les trucs administratifs, les rapports de force entre les Chinois (Ni shi Shei ??? Tu es qui toi ???). En une heure trente, on sortira de cette magnifique salle bleue (vous trouvez aussi que cela ressemble à une boucherie ?) avec notre test fait. Reste plus qu'à récupérer les résultats quelques heures plus tard. Serena nous les amène en fin de journée. On souffle, on a tout ! On la remercie pour son suivi avec un petit cadeau. Sans elle, je pense que cela aurait été très compliqué. Nos contacts qui sont dans le centre sont pour certains encore bloqués.  A l'hôtel, les petits font une initiation à la poterie et on passera un très bon réveillon. Bon, ça fait un peu l'ambiance "Shining". Une grosse partie des clients ont déjà déserté et nous sommes seuls à manger dans cette énorme salle. Soyons fous : des frites et du boeuf au menu, oh yeah ! 

 

Après avoir dormi 5 heures, le réveil du premier janvier 2022 fait mal. On sait qu'on part pour une journée un peu stressante. Chaque étape sera une victoire. J'avais lu le 30 décembre que Tianjin allait durcir ses règles dès le premier janvier. Hum, hum. Gare, 4 heures de train, taxi vers aéroport : OK ✅ D'entrée de jeu, on se fait arrêter à l'aéroport. Un gars en combinaison d'astronaute vient nous chercher, ce qui n'est pas le cas des Chinois. On lui demande pourquoi.  Il ne répond pas. On lui redemande. On essaie de rester calme. A ce moment, une autre astronaute arrive et pointe sa caméra sur nous. Bref, soyons zen. Finalement, après discussion, on nous informe qu'on doit compléter des documents supplémentaires pour les enfants. Allez, c'est reparti pour les questionnaires, les empreintes sur toutes mes réponses (si je venais à mentir). C'est bon, on passe. Au moment d'entrer dans l'avion, ça rebloque. Il faut le QR code de Tianjin, celui de Pékin ne suffit pas. Montée d'adrénaline. Gilles finalise vite cela non sans s'énerver mais on y est. On est tous encore stressés pour la suite. Mais bon, plus on s'approche de Pékin, mieux c'est. Si on doit faire une quarantaine à Tianjin, on pourra toujours se faire livrer nos habits ou autres. On atterrit. On passe les contrôles. Je vois Ma Jie. J'ai quasi les larmes ! Il ne reste que le passage de la frontière entre les deux régions. On se sépare avec nos amis. On espère se voir le lendemain à Pékin ... Nous voici au poste frontière, le gars nous demande nos passeports et nos tests covid. Il nous dit que c'est bon. On n'y croit pas ! La joie éclate dans la voiture. Quel soulagement.

 

En parallèle, Ingrid et Christophe sont bloqués à un autre check point. Après vingt minutes, on leur dit qu'ils doivent retourner à Tianjin. Du coup, ils essaient le même check point que nous. Ça marche ! Tout dépend très souvent de la personne sur qui tu tombes mais cette fois-ci, c'était la bonne. Après une heure de trajet, quel plaisir de retrouver notre maison. On dort comme des loirs sans penser au lendemain car on ne sait pas si notre quartier va nous laisser libre ou en quarantaine. Dès le matin, on va faire un test covid à Pékin. Avec tous les résultats, les papiers, Gilles et Christophe vont trouver notre communauté pour expliquer la situation. Une heure plus tard, la sentence tombe ! Nous sommes libres. On envoie également à l'école le questionnaire demandant où nous sommes allés. Pas de retour. Du coup, les enfants iront à l'école. C'est le soulagement pour nous. Tout le monde n'aura pas eu notre chance. Certains sont restés bloqués une semaine de plus au Xishuangbanna. Quasi tous les autres comités de quartier ont demandé des quarantaines pour les personnes rentrées de Jinghong. L'école française n'a pas accepté les enfants. Tout cela alors que finalement aucun cas n'a été détecté là-bas ... Comme une tempête dans un verre d'eau mais avec des conséquences importantes pour l'économie, le tourisme, ... et le moral des troupes. 

 

Nous avons quand même mis un peu de temps à nous remettre de notre aventure. Je me suis sentie vraiment à l'aise après avoir passé 14 jours à Pékin car on ne sait jamais ici. Il peut y avoir des règles rétroactives. Je vous raconterai un peu dans un prochain article nos débuts de l'année 2022.

 

Je m'excuse pour cet article encore plus long que d'habitude mais j'avais comme un besoin de poser ces quelques mots. 

 

J'ai encore le temps de vous souhaiter une très belle année. J'espère vous faire découvrir quelques coins de Pékin et peut-être de Shanghai qui reste sur notre wish list avant notre retour. En attendant, nous la jouons safe ! J'espère que vous allez bien où que vous soyez. La situation mondiale est complexe. On pense à vous

 

Gros bisous de nous quatre et merci d'être là !

 

PS : J'ai choisi "Highway to Hell" mais ça a basculé rapidement  sur "A toi étoile" de Noir Désir. 

PS2 : Merci à Christophe, Ingrid, Martin et Manon pour leur optimisme à toute épreuve. Sans vous, cette aventure aurait été différente.

PS3 : Je ne peux que remercier mes trois hommes : la force tranquille, l'optimisme et la joie de vivre le moment présent.

PS4 : Merci Wei (Serena, c'est son prénom anglais) pour ton soutien !

PS5 : Lisez l'article du journal Le Monde qui explique la situation d'une manière moins personnelle (émotionnelle?) que la mienne 😉

 

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Les éléphants du Xishuangbanna
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On sent que notre guide a de l’expérience
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Marché hebdomadaire
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Comment faire du papier ?
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Le séchage du papier
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Covidbuster
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Bains publics et lavoirs
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Encore une file avec à la clé le sésame ! Un stamp pour sortir de cette ville
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Initiation à la poterie
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La stratégie "zero Covid" crée des tensions dans le sud-ouest de la Chine
Article paru le 30 décembre dans le journal Le Monde écrit par Frédéric Lemaître
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Vertigo

On en parlait depuis des mois et on l'a fait : Beijing Knot ✅ ! Suivez nos randos automnales sur la Grande Muraille de Jiankou. Attention au vertige.

 

Comme je vous le disais dans l'article précédent, je voulais partager avec vous nos sorties sur la Grande Muraille de Jiankou. Cependant, vu les milliers de photos et les douze randos faites sur cette portion, je ne pouvais pas me restreindre à un seul article. Je ne peux résister à vous l'écrire avant les fêtes car d'autres aventures nous attendent dans les semaines à venir ... Encore six mois en Chine avant de revoir nos proches, la gestion du retour, les dernières choses à réaliser sur la bucket list, les au revoirs, ... Je pense finalement que cela va passer assez vite et que mon côté émotif "anonyme" va ressortir à quelques moments.

 

 

Après les vacances d'été au temps bien pourri, j'ai proposé aux filles une rando un peu plus sportive. James, notre guide, commence à bien nous connaître et nous emmène sur de nouvelles portions, plus complexes. Ce qui n'est pas pour nous déplaire. Je n'en avais pas parlé mais il y a une échelle de niveau pour les randos sur la Grande Muraille allant de 1 à 5. Niveau 1 : section touristique restaurée avec téléphérique. Niveau 5 : Partie non restaurée nécessitant des cordes pour escalader car des fois construites sur la falaise (ex : une partie de Simatai mais pas celle réalisée avec les enfants lors de notre séjour à Gubei Watertown). Les balades de "Walk on the wild side" oscillaient entre 3 et 3.5 (sauf la Nine Eyes Tower à 4). Ici, nous vous offrons des balades de niveau 4 - 4.5.

 

Comme pour la majorité des balades de cette section, nous démarrons du Village de Xizhazi. Nous atteignons le Jiankou spot (que vous commencez à connaître) mais au lieu d'aller à droite après l'échelle, c'est le mur de "rolling stones" à gauche que nous allons emprunter. C'est le chemin en direction de Mutianyu. Notre objectif ici est d'atteindre Zhengbeilou, la tour la mieux conservée de Jiankou. C'est également le point le plus haut qui offre de superbes opportunités pour les amoureux de la nature et des photos. C'est une portion magnifique. On a vu à certains endroits qu'ils tentent de la restaurer mais je pense que cela va prendre un peu de temps vu les chemins escarpés. Le temps est clément. Déjà au niveau de Jiankou Spot, on voit Pékin et ses tours du quartier d'affaires au loin. C'est vous dire comme le ciel est dégagé.

 

Bon, comme vous le constatez sur les photos, toutes les étoiles étaient alignées : soleil, ciel bleu, challenge, fleurs, bonne humeur et cette section juste impressionnante. Le niveau 4 +, c'est vertigineux. Littéralement au pied du mur en te demandant comment tu vas pouvoir aller là haut. James nous explique quelle voie prendre ... comme pour l'escalade. Tu ressens l'émulation et l'énergie d'un super groupe. Avec cela, tu as juste des ailes. Mais bon, il faut rester vigilant et certaines ont ressenti leurs limites. En effet, te retrouver sur une pente de 70 degrés à devoir passer au dessus de rochers, c'est un peu tricky. Il vaut mieux ne pas regarder derrière soi. Personnellement, j'ai juste eu le vertige pour faire la photo sur le muret, entourée du vide. La montée version "spiderman" sans se retourner me convient encore bien. Nous sommes récompensées tout au long de la balade par les paysages splendides. De la tour de Zhengbeilou, nous avons une vue imprenable et vertigineuse sur le cirque de montagnes. Si vous poursuivez après la tour de Zhengbeilou, le chemin est plus facile et vous pouvez atteindre Mutianyu. C'est cette balade que les Pashan ont réalisée fin septembre mais nous étions en vacances au Qinghai. C'est la partie qu'il me reste à faire sur Jiankou. Cependant, la montée en sous-bois pour atteindre la Tour est longue (une heure). L'ayant empruntée en descendant pour rejoindre le village, elle ne me tente pas de trop 😅 Après ces 8 kilomètres, nous avons été accueillis par des chèvres sympas. C'était une journée qui restera gravée dans ma mémoire. Merci les filles.

 

 

Après la balade de Zhengbeilou, James nous a dit que nous étions préparées pour le Beijing Knot. Plus moyen de faire marche arrière, plus d'excuse. Le Beijing Knot nous attend. Malheureusement, toutes mes copines n'ont pas pu se joindre à nous pour motifs divers et variés : cours de chinois, week-end prolongé, souci de santé ou encore un souvenir un peu trop stressant de la balade de septembre ... Du coup, nous étions quatre plus James : Mathilde, Marie, Gilles et moi. J'étais super heureuse que Gillou puisse nous accompagner et vivre ce moment intense ensemble. Nous partons de nouveau de Xizhazi. Après la montée en sous-bois de trente minutes, on arrive sur le Mur. Cette fois-ci, on ne tourne pas à droite vers la Nine Eyes Tower mais c'est bien à gauche que nous allons. On est chaud boulette pour cette aventure. Le "noeud de Pékin" s'appelle comme cela car c'est l'intersection de trois murs venant de différentes directions. Cette section est l'une des plus dangereuses de la Grande Muraille de Chine. Il y a des blessés (et morts) chaque année. Je comprends mieux après l'avoir fait. Ici, le temps était superbe et sec. Il ne faut pas s'y aventurer s'il pleut ou  s'il y a du vent. C'est une portion à l'état brut, altérée par la nature et sans aucune modification artificielle. Elle est spectaculaire avec ses crêtes escarpées et ses escaliers vertigineux. Comme vous le constatez sur les photos, l'automne arrive peu à peu. En moins d'un mois, les forêts verdoyantes sont passées à des couleurs automnales.

 

Dès le début, il y a des petits pièges avant d'atteindre le Beijing Knot. On doit escalader des petits murets mais ça va. On arrive au pied de notre objectif et finalement, cela ne paraît pas si compliqué. En effet, les prises sont faciles et la pente est moins raide que ce que je pensais. Du coup, on gère assez bien le truc et on apprécie le moment. On mérite bien notre traditionnel snickers (on a même droit à un grand!) après cet exploit. Par contre, c'est après que cela se complique. Un nouveau visage de la Grande Muraille se révèle encore plus abrupte. On continue notre chemin. Un moment, on se retrouve face à un mur de dix mètres. Il est possible de le contourner. Ce qui sera mon choix et celui de Marie. Gilles et Mathilde, sans sac à dos, le tenteront sans problème. Je ne sais pas pourquoi mais je ne le sentais pas. Et encore moins avec un sac à dos. Comme c'est moi qui le porte d'office, ça tombait bien. Du coup, on est passé par le côté qui était quand même assez sportif.

 

On profitera ensuite des paysages à couper le souffle et de cette muraille tortueuse. Je ne peux jamais arrêter de m'imaginer comment ils ont pu construire cela il y a des centaines d'années. C'est juste impressionnant. Comme ce qui va suivre ... Après avoir dégusté un bon buritos, on va déguster ! En fait, depuis un an, une vidéo circule sur internet avec trois personnes montant une partie de malade sur la Grande Muraille. C'est filmé avec un drone et c'est hyper impressionnant. Et bien, cette section est juste devant nous. Son nom ? Eagle flies Facing Upward. Pourquoi Parce que la tour est si haute et la pente si raide que les aigles doivent voler droit vers le haut pour pouvoir l'atteindre. Oh purée, le stress monte. Gilles commence à monter à l'aise. Il va filmer notre ascension. Je ne sais pas combien de mètres c'est mais je peux vous dire que je l'ai fait en version "Speedy Gonzales". Comme si j'avais le feu aux fesses. En fait, j'avais un peu peur et je me suis dit. Tu y vas et tu ne regardes pas derrière toi. Bref, c'est essouflée et heureuse que je suis arrivée. Un truc ? Je pense que j'ai trouvé ma limite alors que Gilles me dit encore : "Mais non, c'est easy". Marie a eu le même effet que moi. Mathilde, elle, en redemande. En tout cas, mentalement, tu ne dois pas commencer à te dire : qu'est ce que je fais là alors que mes enfants sont à la maison à 8000 kilomètres de ma famille. Bref, papa, maman, ne vous tracassez pas : je ne le ferai plus 😊 

 

Qu'est ce qu'on apprécie ce moment, surtout après la montée d'adrénaline. Je m'émerveille sans cesse devant ces paysages. J'aurais tant voulu partager cela avec ma famille. Enfin, peut-être pas cette partie 😉 Allez, je reviens à la fin de la balade qui nous donne encore deux petites surprises : des escaliers verticaux appelés Sky Stairs (ou sky ladder). Personnellement, je pourrais aussi les renommer stairway to heaven ou dans un autre registre highway to hell. C'est assez impressionnant. Malheureusement, les photos ne permettent pas vraiment de représenter le côté vertical mais je vous le jure, c'est vertigineux. Les premiers sont longs mais étroits et semblent rénovés. On dirait un mur. On le descend de côté. Le second (en fait, les Sky Stairs) est je trouve moins impressionnant, étroit avec des murs latéraux. On se retrouve au même point final que nos balades débutées à Jiankou Spot. On dit au revoir à la Grande Muraille et on reprend les sous-bois, tellement heureux de cette belle journée. Merci à vous. 

 

PS : Il y a une troisième sortie après les vidéos ! Les glissades vous attendent.

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Le Beijing Knot, c'est comme les montagnes russes
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C'est chaud !
14E1055E-E48F-41B6-AD55-05629B6A6CDF.mov
Format Video QuickTime 56.3 MB
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Marie à l'attaque du Eagle flies facing upward
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Format Video QuickTime 29.0 MB
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C'est loin mais c'est beau
8E5A46B4-605B-49D6-85EF-DE33B8E1AB4B.mov
Format Video QuickTime 43.2 MB

 

 

Normalement, Gilles devait faire un week-end entre hommes sur la Grande Muraille. Au programme : Beijing Knot et Nine Eyes Tower. Cependant, vu les conditions climatiques (on a eu des week-ends pourris), cela a été reporté deux fois. Je ne vais pas vous cacher que cela m'a rassuré un peu car après avoir fait le Beijing Knot et surtout sa suite, j'étais moins à l'aise de le voir partir. Le deuxième report était dû à des chutes de neige le dimanche. Par contre, la météo du lundi 8 novembre était prometteuse et Bruno a eu la bonne idée de proposer aux hommes et aux femmes intéressées (moi, une femme intéressée ? Non ... mais toujours oui pour la grande muraille). On partait donc voir la muraille enneigée avec 4 couples, Christophe et James. Nous avions déjà eu la chance de la découvrir sous un manteau blanc avec les petits à Huanghuacheng en janvier 2020 . En bonus, nous avions le coucher du soleil. Et comme vous le verrez sur les photos, c'est juste magique. Vu que j'ai parlé de cette partie dans le précédent article, je ne vais pas trop m'étendre. Mais vous constatez qu'on a retrouvé notre âme d'enfant avec cette neige : bonhomme et bataille de neige, glissade, ski, ... On a beaucoup rigolé. Notre cardio a un peu souffert dans la montée finale (une heure) pour atteindre la Nine Eyes Tower. C'est raide, ça glisse et c'est un peu long. Cependant, on a été récompensé par la vue et un petit verre de bulles pour fêter l'annif de Bruno, notre organisateur du jour. Merci à toi pour cette initiative (pour la rando, pas pour les bulles apportées par Seb). Cette fois-ci, vous pouvez voir à quoi ressemble cette fameuse tour car j'ai des photos. On l'appelle également Wangjing (Overlooking Beijing) parce qu'elle surplombe la capitale. Merci à vous d'avoir partagé ce moment suspendu et vos photos. Après nos dix kilomètres de marche, nous avons partagé un bon repas à la guesthouse locale avant de reprendre la route pour Pékin. 

 

Nous avons également expérimenté quelques semaines après une partie touristique de Jiankou : Xiangshuihu. Ce sera peut-être l'objet d'un futur article 😏

 

Voici donc trois de nos balades de niveau 4 et plus ... Et vous, ce genre de hikes vous tente ? N'hésitez pas à me poser vos questions. En tout cas, je vous souhaite à vous et vos proches de belles fêtes de fin d'année même si je sais que la période est morose. On se serre les coudes et on vous envoie de l'énergie. On vous revoit dans six mois en Europe. D'ici là, on va tenter nos derniers objectifs sur la Grande Muraille : le semi-marathon (si pas annulé comme en 2020) et dormir en tente sur Jinshanling. La boucle sera ainsi bouclée 🥰

 

Nos meilleurs voeux et gros bisous de nous quatre

 

PS : Je n'ai pas pu éviter de mettre Vertigo de U2 comme titre. J'aurai pu choisir Magnificient tellement ces sorties sont superbes.

PS 2 : Encore merci à mes compagnons de randos pour ces journée hors du temps. 

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Walk on the wild side

En toute saison, elle nous émerveille ... Mais qui donc ? La Grande Muraille bien sûr. Prenez vos chaussures de marche, nous vous emmenons sur la section de Jiankou.

 

Comme vous le savez, c'est notre grand coup de coeur de l'expatriation chinoise. Elle fait partie des sept nouvelles Merveilles du Monde et elle m'a conquise. Nous avons gravi les premières marches en mai 2018 à Jinshanling lors de notre semaine de prospection. C'est accompagnés de nos loulous que nous avons découvert Huanghuacheng en septembre 2018. Nous avons d'abord fait sa section restaurée (Lake View) avant d'arpenter la sauvage, tellement plus charmante. Et depuis, nous n'avons pas arrêté de la fouler ! En cette fin 2021, je voulais partager avec vous les photos de la portion de Jiankou. Sa traduction anglaise signifie Arrow Nock (encoche de flèche) : la forme de la montagne étant similaire à une flèche et sa crête ressemblant à une encoche. Située au Nord de Pékin, dans le district de Huairou, cette section est à faire ! Elle rejoint Mutianyu à l'est et Huanghuacheng à l'ouest. Elle a été construite à partir de 1368 sous la dynastie Ming. Elle s'étend sur une vingtaine de kilomètres. Chaque section a été construite à partir de matériaux trouvés sur place. Pour Jiankou, c'est la dolomite qui lui donne cet aspect blanc et la caractérise. Allez-y les yeux fermés (enfin, pas de trop) car c'est une des plus complexes et dangereuses. Certaines parties sont très escarpées, les montées (et descentes) sont abruptes, les chemins longent parfois les falaises. Les paysages sont à couper le souffle : des montagnes, sous-bois, bois, villages, vergers, ... et puis, cette majestueuse Muraille qui serpente. Comme vous vous en doutez, elle est complètement sauvage. On y rencontre rarement des personnes. Il n'y a pas téléphériques, toboggans ou haut-parleurs comme ses voisines Badaling et Mutianyu. Elle dégage quelque chose qui nous donne chaque fois envie de la revoir. Bref, un vrai coup de coeur. Depuis le Covid, c'est toujours avec notre guide chinois, James, que nous gravissons les escaliers et les sentiers avec des "rolling stones". Ses phrases favorites : "After this difficult part, it's a piece of cake", "Slippery", "Slowly", "Don't worry" et ma préférée "It's all right". Je vous propose de parcourir les hikes de ces derniers mois. Je vous fais l'article en version différente avec mini-explication (vais-je parvenir à faire court ?) et puis "petite" sélection de photos. Attention, c'est en version crescendo pour le côté vertigineux. Et je vous dis : "Hey babe, take a walk on the wild side" !

 

 

Le Covid (et surtout ce qui va avec à savoir le homeschooling et les checking points aussi) avait freiné nos ardeurs de Grande Muraille, mais nous avons repris notre rythme d'une à deux sorties par mois à partir de novembre 2020. C'est avec Pashan (activité organisée initialement par Pékin Accueil, l'association pour les Francophones) que j'ai retrouvé Jiankou. Pashan (爬山signifie escalader la montagne. Et c'est vrai que des fois c'est plus de l'escalade qu'une balade de santé. Comme en mai 2019 (week-end Pashan), nous partons du petit village de Xizhazi. Après trente minutes dans les sous-bois, nous arrivons sur la Muraille et la découvrons avec un peu de neige, ce qui ajoute de la magie au moment. Sur la gauche, mon objectif ultime : le Beijing Knot (à savoir une des portions les plus dangereuses). Sur la droite, le chemin menant à la Nine Eyes Tower. Nous n'irons pas jusqu'à la tour ce jour et ferons le même parcours que la fois passée. Cette partie est assez facile et agréable. Les points de vue sont splendides. Le ciel est assez chargé mais la balade est parfaite. Je vous conseille de commencer par cette partie pour vous mettre en jambe.

 

 

Une semaine après cette reprise, c'est avec mon groupe de copines qu'on retournait au village de Xizhazi. On partait par un autre sous-bois pour rejoindre le Jiankou spot. Ici, nous prenons à droite après avoir escaladé l'échelle. Nous avions fait cette partie en mai 2019 pour le week-end Pashan. Je mets également quelques photos juste pour la comparaison avec la végétation. A l'époque, nous avions évité l'escalier ou plutôt le mur de 40 marches dont la pente affiche 70 degrés. Ici, on a tenté le truc. Comme je vous le disais, il ne faut pas avoir le vertige ou en tout cas ne pas regarder derrière vous car c'est quand même assez impressionnant. Si vous allez marcher sur la Grande Muraille, je vous conseille d'avoir toujours toutes les poches de votre sac à dos fermées. En effet, un moment, une personne qui était déjà au dessus de l'escalier a voulu prendre une photo. Elle s'est penchée et sa bouteille d'eau est tombée. Je ne vous dis pas le stress quand je l'ai vue passée à trois centimètres de la tête de James qui escaladait. Donc, il faut toujours rester vigilant et concentré ! Cette section comporte deux ou trois parties plus complexes mais reste abordable pour tous car il est possible de contourner les pièges. Nous ressortons du mur au pied des Sky Stairs (un autre objectif). Avec les filles, on tente des parties un peu plus difficiles ce qui est plus gérable à dix qu'à trente. On se connaît de mieux en mieux et ces journées sont super agréables. Tout était de la partie : pas trop froid, un ciel bleu, un peu de neige et une super ambiance. Nous avons terminé par un bon repas à la guesthouse locale.

 

 

Après avoir été au paradis dans le Yunnan, le retour à Pékin fut rude. Début 2021, nous avons eu droit à une nouvelle vague Covid dans notre district. Je ne les compte plus ! Nous sommes restés tranquilles à la maison. On rajoute au compteur deux mois de homeschooling et home working avec des sorties familiales pour se changer les idées. Vous pouvez découvrir nos balades sur la Rivière Blanche, dans la Vallée des Immortels et sur Huanghuacheng dans l'article : There is a crack in everything. That's how light gets in !

 

Mi-mars, on reprenait donc nos sorties entre filles. Cette fois-ci, nous découvrons une nouvelle portion démarrant du village de Moyashike (1h30 de la maison). Le beau temps n'est pas avec nous ... C'est avec une pluie fine et une grosse pollution que nous entamons l'ascension du chemin menant à la Grande Muraille de Dalabian. Je ne sais pas si c'est à cause de la pollution et/ou au manque d'exercice physique mais on paie un peu les 40 premières minutes. Nous nous arrêtons déjà pas mal dans cette pente pour prendre des photos ou respirer le "bon" air vicié. Malgré cela, cette balade, assez facile de neuf kilomètres va nous émerveiller. La Grande Muraille est tortueuse à souhait. La nature nous a offert de magnifiques fleurs de pêchers, abricotiers, ... Nous nous sommes adonnées à fond à l'hanami à savoir la tradition japonaise de savourer la beauté des fleurs qui s'épanouissent. Le rose et le blanc étaient à l'honneur malgré le gris du ciel. Une super journée avec les Cherry Blossom girls terminée par un très bon lunch dans une guesthouse locale.

 

 

Après la découverte de Xiamen, des maisons Tulous de Fujian et de la porcelaine de Jingdezhen, le retour à Pékin a été assez festif pour mon anniversaire en avril. Quelques belles surprises organisées par mes enfants, Gillou, familles et amis d'ici ou d'ailleurs me permettent de mieux vivre ces moments loin des miens. Le lendemain de notre repas filles, on repartait vers la Tour de Jiankou pour emprunter le chemin classique fait sous la neige en décembre 2020. C'est avec les Pashan girls que nous sommes passés d'un ciel bleu à une tempête de sable assez impressionnante. Comme je vous le disais, vous pouvez faire les mêmes tronçons, c'est toujours différent que ce soit par les saisons, végétations ou conditions climatiques. Bref, au top !

 

 

Nous voilà déjà en mai et cette année (contrairement à 2020), les Pashan peuvent organiser deux jours et une nuit près de la Grande Muraille. Accompagnés de James, nous avons démarré de Moyashike (la fameuse balade des fleurs de pêcher) pour atteindre la Muraille de Dalabian. Contrairement à mars, notre condition physique semble bien meilleure et la montée se fait dans la joie et la bonne humeur. Au fur et à mesure, le ciel se couvre et les températures chutent. C'est sous une belle pluie que nous mangerons très rapidement notre pique-nique. Vous voyez sur les photos que ce repas était un peu humide 😅 Cependant, ce mauvais temps sera vite digéré. Au cours de la journée, nous aurons du vent, des nuages, de la pluie et nous finirons par un superbe soleil : 4 saisons en 4 heures d'ascension. C'est juste magique surtout quand tu es équipée car ça caillait un chouia. Nous avons ensuite emprunté un autre chemin pour rejoindre notre guesthouse qui se trouve à deux pas de la Grande Muraille de Xiangshuihu.

 

Une bonne douche, un super apéro, quelques jeux de société plus tard, nous voilà au lit pour rejoindre les bras de Morphée ... Enfin, pas si vite ... Même si Marie et Mathilde sombrent assez vite. Ce sera un peu différent pour Anne et moi. Le vent s'est levé. Je dirais même qu'une tempête s'est invitée. Comme dans les trois petits cochons, j'ai cru que les fenêtres allaient exploser et le toit s'envoler ! Le vent sifflait dans le couloir. La fenêtre bougeait ... Je n'étais vraiment pas à l'aise et avec Anne, on se disait "Mais pourquoi avoir laissé mari et enfants pour finir ici ? " Scénario catastrophe quand tu nous tiens 😱 ! La nuit fut courte mais intense. Réveil à 6h du matin avec deux heures de sommeil, nous sommes fraîches pour l'ascension de la Grande Muraille vers la Nine Eyes Tower. Le temps est juste parfait et cela nous donne une sacrée énergie (ainsi que les beignets préparés par nos hôtes pour le petit déjeuner léger). Après une petite heure dans les sous-bois, nous arrivons sur le Mur à l'intersection du chemin menant vers le Beijing Knot et celui de la Nine Eye Tower. Il nous faudra ensuite 3 heures d'ascension et des paysages à couper le souffle pour découvrir cette fameuse Tour. Cette partie n'est pas restaurée et les deux derniers kilomètres sont semés de  "pierres qui roulent". Ce n'est pas de l'escalade mais plutôt un effort cardio. Au loin, nous pouvons même apercevoir les Gratte-ciels du CBD Guomao (Quartier d'affaires de Pékin) qui se trouvent pourtant à 70 kilomètres. La Nine Eye Tower est située à 1200 mètres d'altitude. Initialement, elle avait trois étages et celui du bas disposait de neuf fenêtres sur chaque côté. C'est le point le plus au Nord de Jiankou. Elle a été restaurée depuis quelques années et il est possible de l'atteindre plus facilement par un autre chemin. Mais, on aime le challenge. Après les séances photos, nous redescendons pendant une heure avant de reprendre nos affaires. Nous sommes heureuses de pouvoir vivre ces moments privilégiés. Nature, sourires, paysages, amitié, sport, le cocktail gagnant sur cette Grande Muraille Sauvage !

 

Vous savez, je me rends compte que je ne parviens pas à faire court et je vois également que je n'ai pas vraiment une photo de la Nine Eyes Tower version été. Alors, je vous propose de rédiger un second article sur cette section de Jiankou. Dans le prochain, je vous promets des expériences vertigineuses et glissantes !

 

A très vite 

 

PS : Merci Lou Reed pour ce titre qui convient parfaitement à nos aventures sur la Grande Muraille : "Hey babe, take a walk on the wild side".

PS 2 : Merci James de nous emmener dans ces endroits magiques

PS 2 : Je veux également remercier tous mes compagnons de Grande Muraille qui rendent encore ces sorties plus exceptionnelles 😍  Merci pour la participation au blog via vos sourires et photos !

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Like a mountain

Il est temps de conclure ce splendide voyage dans l'Amdo. Nous vous emmenons dans nos sacs à dos à la découverte du Mont Amnye Machen !

 

Après les débats philosophiques des moines de Kirti, ce sont les discussions en chemin pour savoir si nous avons assez de couches. Depuis notre nuit de glamping, on se demande si on n'aura pas trop froid dans notre tente Quechua. Nos questionnements sont stoppés par la beauté des paysages. Tout au long du chemin, nous sommes encore éblouis par cette nature. On croise des yaks, des moutons, des aigles mais également des vautours caractérisés par leurs longs cous. Ça me rappelle le Cracoucass, gros souvenir des bd de mon enfance (n'est-ce pas Dominique ?). Nous nous arrêtons plusieurs fois pour profiter de cette ambiance. Nos pensées flottent au gré du vent. Nous croisons des camps de nomades disséminés dans les plaines tibétaines. Il s'agit des Grasslands de Machu (Province du Gansu). Nous avons adoré la plaine traversée par le ruisseau sinueux. En chemin, nous avons acheté deux couvertures en poil de yak, des chaussettes et un magnifique collant fourré. Nous avons ensuite visité le Monastère de Awangtsang Nyingmapa. Comme quoi, on n'en a jamais assez des monastères. Celui-ci semble fort rénové avec ses couleurs éclatantes. On passe trente minutes autour de l'énorme moulin à prières à observer les locaux. Je ne sais pas combien de tours ont fait les enfants ... mais je pense que leurs prières vont être exaucées.

 

Après avoir longé l'imposant Fleuve Jaune, nous arrivons à Jigdril, petite ville étape avant l'aventure, la vraie. Bon, c'est déjà chaud au moment de l'enregistrement à l'hôtel (un des seuls qui acceptent les étrangers). Pourtant, on a tout : des tests covid, des vaccins, des visas, les tampons confirmant nos 20 mois sans être sortis de Chine, des flèches et health kits verts, ... La dame stressée, prendra des photos de tout (enfin presque ...). Nous décidons de nous balader en ville pour faire les derniers achats avant nos trois jours coupés du monde. Quelques produits de première nécessité : eau, quatre vestes d'hiver (pas chères les North Fake, euh pardon North Face), gougouilles, ... et pour les soirées un peu des chips et du vin ! Pour le reste, nous faisons entière confiance à notre super duo guide/chauffeur (Gonkho / Damba). L'ambiance est assez spéciale dans cette ville, entre des grands sourires, des questions amicales et des regards curieux (craintifs ?). Les gens portent plus le masque qu'à Pékin. C'est aussi la première fois que des mendiants viennent nous demander, ainsi qu'aux locaux, de l'argent. Dans la ville, il y a une partie ancienne et puis une en pleine construction. Des bâtiments énormes sont érigés à l'effigie du parti communiste. Imposants, avec des barrières et des bannières rouges et jaunes. On sent comme une frontière entre les Han et les Tibétains ...

 

Nous avons passé une bonne nuit ; Ghonko, notre guide, un peu moins ... Il a dû gérer l'arrivée de la police à 23h à l'hôtel car il manquait la copie du visa d'Alex. Bref, après discussion tout est rentré dans l'ordre. En tout cas, à l'heure actuelle, je ne peux que vous conseiller de partir avec un guide de confiance. Ces petits soucis sont de toute manière vite oubliés quand on voit ce qui nous attend ... 

 
Encore quelques heures de route pour atteindre notre but ultime, le Mont Amnye Machen. Les enfants sont cools en voiture, musique sur les oreilles, le regard perdu dans les paysages (ou sur les tablettes aussi 😊). L’Amnye Machen, avec ses 6282 mètres, est l’un des sommets les plus élevés du massif montagneux portant le même nom. Il est situé dans la région du Qinghai. C'est l'une des quatre montagnes sacrées de l’Amdo. Il s’agit d’un lieu de pèlerinage pour les Goloks (population nomade vivant dans la préfecture autonome de Golok - Qinghai). Aux yeux des pèlerins tibétains, le mont représente la résidence de Machen Pomra, la plus grande divinité locale. A côté d’elle, il y a 360 dieux secondaires auxquels on rend hommage lors des pèlerinages. Les Goloks parcourent un circuit de circumambulation de 180 km autour des montagnes. Ce qui peut être très long surtout si l’on se prosterne tous les trois pas … Nous avons vu plusieurs personnes le long (sur) l'autoroute accomplir ce rituel très impressionnant qui nous suit depuis le début de notre voyage (vous savez, c'est ce que j'appelle les sortes de burpees).

Au loin, nous commençons à apercevoir ses cimes enneigées. Plus on s’approche, plus on s’émerveille devant cette nature préservée. Il est temps de trouver notre lieu de campement. Près d’une rivière, avec une vue imprenable sur le massif montagneux. Que demander de plus. On monte les tentes, les petits jouent dans la rivière. Nous voilà déconnectés de la vie quotidienne. Trois jours sans quasi aucun réseau, ce qui n’est que bénéfique pour nous (surtout pour moi qui suis complètement addicted). Finalement, on s'habitue à ne pas partager directement les photos aux parents même si on aimerait bien. Wish you were here ... ♥️ 

 

On laisse les enfants gambader sur les pierres et on va se promener avec Gilles. Juste magique. Un moment complètement suspendu et hors du temps. Cela me rappelle la méditation de la montagne : force, confiance et stabilité. Malgré les tempêtes, elle résiste ; elle demeure toujours profondément elle-même. Cela me parle tellement surtout maintenant car, où que nous soyons dans le monde, nous sommes touchés par des éléments non maîtrisables. Bref, je pense très fort à vous. Nous nous devons de rester positifs et attendre des jours meilleurs. Bon, après ce moment plus philosophique, j'ai aussi trouvé le titre de mon article : "Like a Mountain" de Birdpen. Vous vous souvenez du chanteur d'Archive avec les longs cheveux ? En fait, c'est son groupe qu'on avait aussi vu en concert à Liège (ouh les concerts me manquent). Allez, Let it hit you like a mountain !

 

Bon, je reviens à mes moutons et je retrouve mes petits loups en grande forme. Ils sont heureux de cette expérience. On prépare notre tente pour la nuit. On dort tous les quatre ensemble (dans une tente de trois). Rien que la chaleur humaine, ça va déjà aider à combattre le froid de la nuit à 4300 mètres d'altitude. Comme quand on partait en camping lors de nos premières années ensemble, Gilles organise tout. Chaque chose a sa place. Je me demande bien pourquoi ... Moi et le brol ? Jamais. Moi et mes sorties nocturnes ... "Elle est où la lampe de poche ? " Euh, après 20 ans de vie commune, il me connaît 😅. Pour ce trait de caractère, je ne tiens pas de ma maman. 

 

Le nuit tombe, de bonnes odeurs s'échappent de la "tente cuisine/dortoir". Gonkho et Danba nous préparent un super repas. On se met autour de la table et on échange longuement. Les enfants posent aussi leurs questions. C'est une soirée super agréable en bonne compagnie. On apprend énormément sur cette culture si différente de la nôtre. Les enfants joueront encore un peu sous les étoiles et un peu trop près de l'eau ... En rentrant dans la tente, on sent quelque chose d'humide. "A qui appartient ce pantalon de pyjama trempé et caché sous d'autres vêtements ?" Et qui dit pantalon mouillé, dit chaussures trempées ... Oh yeah. Devinez qui faisait une petite tête gênée. Bon, de toute manière, on ne sait rien faire maintenant. On verra demain. On rigolera beaucoup en jouant aux jeux des colonnes (trouvez un personnage de Marvel qui commence par A !). On éclatera de rire avec nos cheveux électriques et on s'endormira à 22h00 ... Enfin, surtout mes trois hommes. Ces nuits sous tente vont me permettre d'utiliser ma liseuse en version nocturne 😉 

 

Le matin, c'est juste l'émerveillement au réveil. La lumière est magique. Le déjeuner est comique. On goûtera la spécialité locale (tsampa) : farine d'orge, beurre de yak, eau chaude et du fromage râpé. En quelques mots, ça tient au corps et aux dents mais c'est riche en apports nutritifs. La facilité de conservation, de transport et de préparation se prête aux conditions de vie rude des nomades Tibétains. On mangera aussi des oeufs et des fruits pour être prêts pour notre rando en haute altitude. On replie le camp. On découvre que les deux SEULES paires de chaussures d'Arnaud sont en fait mouillées. Les baskets avaient bien aimé la rivière aussi. Ghonkho lui prête sa paire de rechange le temps de récupérer un peu de sec avec les rayons de soleil. L'espoir fait vivre. Allez, en route vers une nouvelle destination. 

 

Le Mont Amnye Machen, ça se mérite. On nous avait déjà prévenus de ne pas trop dire où nous allions ... La première famille nomade, en nous voyant arriver, n'avait pas l'air très emballée. La discussion entre Gonkho et le père n'a pas été concluante. Je vous passe les raisons ... On ne pouvait pas continuer sur cette route. Bref, on a fait demi-tour et on l'a joué version "on sort des sentiers battus". Montée rapide à flanc de montagne, à plat ventre derrière les herbes si une voiture passait, ... C'est avec le coeur qui bat la chamade que nous avons atteint les plaines, seuls au monde. Après ce petit moment de stress, nous avons juste profité de cette journée à 4400 mètres d'altitude de moyenne. Nous n'avons croisé personne à part des yaks, vautours et sorte de petits taupes/souris. Alexandre était en forme olympique. Pour Arnaud, c'était un peu plus dur. C'est vrai que la plaine avec ses multiples plans d'eau était fatigante ; tête baissée pour éviter les pièges. Et ce, même si les chaussures mouillées, ça le connaît ! Le ciel nous offre aussi des merveilles. On joue au jeu des nuages. Et toi, tu vois le dragon ? Après 12 kilomètres, on atteint le Machen Base Glacier. Comme partout, le glacier perd de sa superbe au fil des années 😢 Arnaud, lui la retrouve. Il ne reste que deux kilomètres avant de retrouver la route. Sans réseau, pas évident de contacter Danba mais on aperçoit rapidement la voiture dans la vallée. OUF ! Reste à trouver une famille nomade qui nous accepte. Notre guide a ses contacts et c'est près d'une ferme que nous poserons nos affaires pour deux jours. C'est donc au milieu des yaks, moutons et huit chiens qu'on dormira. Quelle journée. Les photos parlent d'elles-mêmes, juste splendide. Après un bon repas, c'est sous une pluie torentielle que nous allons dormir. 

 

Le lendemain, quelle surprise au réveil. La pluie s'est transformée ... Notre tente trône au milieu de la neige. Juste magique. Cela ne nous arrêtera pas pour notre ascension du jour. Tout le monde est en forme et motivé. Le ciel se dégage assez vite et nous voilà partis vers le Glacier d'Halong. Il s'agit du plus long glacier de l'Amnye Machen. Selon mes lectures, il aurait cependant perdu 1200 mètres de longueur en trente ans ... Les paysages sont splendides, les yaks somptueux, ... Le paysage varié entre plaines et montées dans les pierres. Il nous faudra trois heures (snack compris) pour atteindre notre record personnel : 4780 mètres d'altitude et une vue version "purée de pois". La neige et le brouillard sont arrivés et malheureusement, nous n'aurons pas une vue dégagée mais on est heureux de cette ascension à condition climatique variée. Franchement, c'est la première fois que je ressens un peu les effets de l'altitude et je ne suis pas mécontente de descendre même avec une neige battante. Le ciel se dégage plus bas. Nous sommes mouillés jusqu'aux os et on se pose des questions pour le lendemain. Normalement, un trek de 19 kilomètres vers le Yi Halong Glacier nous attend mais nos chaussures de marche sont trempées. On doit remballer le camp, marcher 8 heures avec des passages avec 50 centimètres de neige et  faire la route après jusqu'au dernier hôtel (avec contrôle) avant notre départ le lendemain vers Pékin. Du coup, on réfléchit bien, on réfléchit vite. On en parle aux enfants et on se dit qu'on va plutôt se la jouer cool. Après ces vacances superbes, ces paysages si diversifiés, pas besoin de remettre une couche qui risque d'être trop complexe. Nos trois jours ont été au top et donc autant garder ces images. On en parle avec Gonkho qui adhère à cette décision. C'est donc une soirée sympa qui nous attend. J'ai troqué mes chaussures de marche pour une duo chaussette-sandale du meilleur goût. Pas le choix, j'ai rien d'autres 😀 Avant le repas, on regarde les nomades rassembler les yaks. C'est un fameux travail dans des conditions climatiques complexes surtout en hiver. Pour notre part, on a passé un moment super sympa autour d'un hot-pot préparé dans la joie et la bonne humeur. Merci à notre duo guide / chauffeur. C'était délicieux.

 

Dernière nuit sous tente. L'air de rien, ça nous plaît et j'ai oublié de vous le dire mais on n'a pas eu froid du tout ! Finalement, après nos petits achats, nous n'étions pas si mal équipés. Notre réveil est encore plus blanc que la veille. La neige est en abondance ce jour. On ne regrette pas notre choix et on prend notre temps pour remballer toutes les affaires. Nous avons deux heures de route jusqu'à l'hôtel situé à Machen. Quatre personnes à la réception pour s'occuper de nous. Vingt minutes et des photocopies plus tard, nous avons les clés des chambres. On se pose juste quinze minutes avant d'aller manger. La douche attendra. Après trois jours sans, ce ne sont pas deux heures qui vont changer la donne 😊 Le repas est délicieux, l'ambiance du resto sympa, les gens bienveillants, ... que demander de plus ?

 

L'aprem et la soirée, on les passera à l'hôtel : douche, films pour les enfants, coups de fil et réseaux sociaux pour les parents. On reprend contact avec nos familles et amis. Tu as quand même toujours une crainte que quelque chose se passe mais finalement, tout allait pour le mieux, dans le meilleur des mondes. A part, les travaux de la route devant l'hôtel qui ont terminé à minuit ... Le calme de notre tente nous manquerait-il ? 

 

Voilà, c'est fini comme dirait Jean-Louis Aubert. Mais quel voyage ! C'est l'un des plus beaux que nous avons fait. Tout était réuni : nature, culture, échange, diversité des paysages et des enfants au top. C'est avec un petit pincement au coeur que je termine cet article car il n'y a pas de projets de vacances ni de retour belge prévus pour les fêtes de fin d'année. Je ressens un peu d'appréhension pour cette fin 2021 mais je suis certaine que tout ira pour le mieux. On pense très fort à vous. On vous envoie plein de courage en cette période complexe. Cependant, je suis convaincue que les sourires des enfants avec les Saint-Nicolas et Noël illumineront vos yeux. 

 

A très bientôt pour de nouvelles aventures (j'ai encore pas mal de photos et d'endroits à vous partager).

 

Gros bisous

 

Anne-France, Gilles, Alexandre et Arnaud

 

PS : Merci à Travel Stone Asia, Gonkho et Damba pour ce voyage hors du commun

PS 2 : N'oubliez pas d'écouter  "Like a Mountain" de Birdpen. Cette chanson me suit également sur le chemin rouge, "ravel" de mon quartier.

PS 3 : Quelques vidéos plus bas pour vivre en direct avec nous ces moments dans l'Amdo

 

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Des yaks, encore des yaks et un vautour ...
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Les plaines tibétaines
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Au milieu coule une rivière
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Tsampa au petit dej ou Gilles l'acteur ;)
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Non, ce n'est pas les bronzés mais comme eux, on essaie tout !
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Non, ce n'est pas 4670 mètres, ...
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Glacier à 4780 et non 4870 ...
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Notre deuxième campement au milieu des moutons ou des yaks
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Dust in the wind

Comme un besoin de changer d'air ... Nous sommes donc partis à la découverte d'une contrée inconnue, l'Alxa. Bienvenue dans le Ningxia et la Mongolie Intérieure. 

 

Comme déjà dit, nous avons dû reporter nos vacances dans le Qinghai suite à des soucis de santé. Mais, je vous rassure que nos petits couacs de juin sont derrière nous. Gilles a retrouvé sa forme olympique et son corps d'athlète se construit jour après jour. Il a même dégotté un prof de ping-pong. C'est pour vous dire comme il se projette déjà au TT Saint-Georges avec ses copains du ping (niveau C4 ?). Cependant, ce deuxième été sans voir nos familles et amis nous semble long, très long et surtout trop gris ... Comme en Belgique, le temps est maussade. Les inondations ont également touché de nombreux foyers en Chine. Les pluies sont diluviennes et journalières. On est en manque de ce ciel bleu qui caractérise Pékin ! Non, non, non ... Ne rigolez pas et croyez-moi. C'est l'un des aprioris que j'avais avant d'arriver ! J'avais l'image de Pékin véhiculée dans les JT avec cette pollution, ce ciel si bas et gris (qu'un canal s'est pendu) ... Finalement, la luminosité et le ciel bleu éclatant ont été mes premières bonnes surprises. Bon, la météo de 2021 n'est pas à la hauteur des premières années mais c'est un ressenti général dans les quatre coins de la planète. Pour couronner cet été à Pékin, le chiffre de "jours consécutifs sans covid" est passé de 179 à ZERO ... Et c'est rebelote pour les restrictions draconiennes encore plus fortes que celles connues. Des millions de personnes sont bloquées dans leurs appartements pour des quarantaines (21 jours) sans mettre l'orteil sur le seuil de la porte. Des foyers apparaissent un peu partout  dans le pays. Le stress est flagrant et la peur du variant Delta est palpable. La rentrée scolaire est encore reportée de deux semaines ... Aurons-nous une année sans home schooling ? Gilles est de nouveau en homeworking. Bref, c'est la merde 💩 mais on garde le sourire car nous sommes chanceux. Je reviens sur mon classique laïus : amour, famille, santé, humour, résilience, patience, prudence et beaucoup d'amis of course ! Allez, j'arrête mon chapitre drama pour vous emmener ailleurs ...

 

On a vite oublié le stress de Pékin en arrivant à l'aéroport de Yinchuan, la capitale du Ningxia, la plus petite région de Chine (deux fois la superficie de la Belgique). Il s'agit d'une des cinq régions autonomes de Chine. Selon les échanges avec les locaux, leurs pouvoirs sont quand même limités vu que "Pékin" possède un droit de veto sur leurs décisions ... Bref, revenons à nos moutons et à notre arrivée à l'aéroport ... Une fois le sésame obtenu pour passer la gate (sans prob pour le triple A, un peu plus compliqué pour Gilles qui a dû y laisser quelques empreintes digitales à l'encre rouge), nous avons été plongés dans une autre ambiance : soleil, ciel bleu, chaleur sèche. Notre jeune guide, Chastai, nous accueille avec un grand sourire et un chaleureux "Sain Bainuu". Eh non, pas de Ni Hao ... car notre guide vient de Mongolie Intérieure. Les paysages défilent avec une musique aux sons envoûtants (j'ai la playlist si cela vous intéresse). Que les vacances commencent. Après un bol de nouilles, nous découvrons le Mausolée de la dynastie des Xia de l'Ouest (appelée aussi l'Empire Tangoute). Nous sommes impressionnés par la taille de ce musée relatif la culture des Xia de l'Ouest (1038-1227). De nombreuses pièces sont reconstituées pour mieux comprendre leur style de vie et culture avant l'invasion par les Mongols sous Gengis Khan. On peut également voir les influences artistiques du Tibet et de l'Asie centrale. Cependant, ce qui est le plus étonnant après avoir parcouru un tunnel sous-terrain d'un kilomètre, c'est le site qui s'offre à nous. Il couvre cinquante kilomètres carrés et compte neuf sépultures impériales et 250 tombes subordonnées de formes et tailles variées. Les tombeaux ont des allures de ruches géantes et sont répartis au milieu de cette énorme plaine aride avec en toile de fond les Montagnes Helan (Helan Shan). Ces vestiges d'un autre temps sont également appelés les Pyramides de Chine. Elles ont été découvertes par hasard par des soldats lors de travaux d'excavation. Depuis, les archéologues ont fait de nombreuses investigations et particulièrement près du Mausolée trois qui serait celui de Li Yuanhao, l'Empereur fondateur des Xia de l'Ouest.  A l'origine, ce sanctuaire haut de 23 mètres avait la forme d'une pagode octogonale en bois à sept niveaux. A ce jour, seul son coeur de pierre subsiste.  Nous nous sommes baladés sous un soleil de plomb et sans ombre à la découverte de ces étranges bâtiments. Le calme est juste rompu par des avions militaires en plein entraînement. Impressionnant. 

 

Nous prenons la route vers la Mongolie Intérieure, la Ligue d'Alxa (Alashan) pour être précis. Elle est située à l'extrême ouest de la province de Mongolie Intérieure. C'est une des régions les moins peuplées de Chine et où les traditions mongoles sont encore ancrées. Alxa signifie terre colorée en mongol. Cette définition nous plaît déjà. En chemin, nous croisons des centaines de chameaux, moutons, chevaux. On passera également près des vestiges de la Grande Muraille qui a un style différent de la Pékinoise. Le dépaysement est total sur ces routes sans fin entourées de plaines arides. Au loin, nous apercevons le désert d'un côté et les montagnes escarpées d'Helan de l'autre. Nous prenons nos quartiers pour deux nuits dans la ville de Bayanhaote. Après un super repas, nous découvrons la vieille ville illuminée et ses remparts.  Avec le coucher de soleil, c'est splendide. Arnaud est un peu fatigué et râle pour marcher. Cependant, Chastai a trouvé la parade. Après avoir écouté quelques solos de batterie, il nous emmène vers le paradis des enfants. Une piste d'autoscooter à ciel ouvert. La place est énorme et il y en a pour tous les goûts : robots, chars chinois, trains ou juste voitures. Les enfants s'en donnent à coeur joie avec les freins à mains ! Vas-y que je fasse des tours sur moi-même. Les deux kilomètres pour retourner à l'hôtel se sont faits dans la joie et bonne humeur. Ouf !

 

Nous avons passé une bonne nuit dans notre hôtel "style Shining". L'accueil un peu glacial, les couloirs interminables, les tapis rouges, les portes style Louis XV, ... Alex s'est pris une passion pour Stephen King et l'horreur depuis quelques mois. Il a adoré inspecter les lieux. Aujourd'hui, un super programme nous attend. Nous allons d'abord visiter un magnifique monastère bouddhiste tibétain, le Guangzong Si. Il est logé au pied des Montagnes Helan à une altitude de 2000 mètres. C'est un petit joyau coloré. On y retrouve différents styles d'architecture ainsi que des influences bouddhistes, mongoles et chinoises. Il a été construit au XVIII ème siècle. A son apogée, deux mille moines y vivaient. Il est connu car la dépouille du sixième Dalaï-Lama (selon les rumeurs, le plus romantique) se trouve dans une stupa d'or trônant dans la salle de prière principale. Malheureusement, il a été détruit pendant la révolution culturelle et a donc été restauré. Devant le monastère se trouve huit stupas blanches qui représentent les moments importants dans la vie de Bouddha. Un moment, Chastai nous raconte également la légende du cheval du vent (wind horse). Le cheval est un symbole de bien-être et de la chance dans la vie. Si le cheval du vent vole vite et très haut, votre vie ne sera que meilleure. Sur les drapeaux de prières, on retrouve ce fameux cheval. Nous avons adoré les couleurs et l'ambiance de ce temple. Nous retrouvons les cinq couleurs traditionnelles faisant référence à des éléments de la nature ou à des notions telles que le calme, la pureté, l'harmonie, l'humilité, ... Nous avons assisté aux prières des moines. Moment spirituel.

 

Après, nous avons rendez-vous avec la montagne, la vraie ! Pas celles avec des hauts-parleurs, des téléphériques, des escaliers de pierre, ... juste celle avec un chemin de terre ! On prend un petit bus dix minutes et puis l'ascension commence. Bon, on a quand même droit pendant trois kilomètres à des escaliers de bois. Alexandre n'est pas en grande forme et râle car il n'aime pas ce chemin balisé. Arnaud, lui, passe à travers tout sauf l'escalier. Il gambade dans les bois. Après une heure, on se retrouve au milieu d'une énorme clairière. Des groupes de Chinois nous proposent de partager leurs repas. On fait la séance de photos avec eux mais on prendra notre pique-nique plus haut. On continue notre ascension et croisons moins de monde. On replonge dans nos souvenirs quand nous allions à la montagne en France ou Suisse. Bref, le bonheur. Il fait super beau et calme. On reprendra un peu d'énergie et on informe Chastai qu'on veut aller jusqu'au sommet. On a motivé les petits et ils sont d'accord. On passe par une forêt. Gilles repère une pierre et prend la pause du lion. Quelques fous rires bienvenus avant la dernière montée. L'air de rien, c'est pas si simple sauf pour Arnaud qui galope (rien à voir avec la veille) et qui monte tout d'une traite. Gilles, Alexandre et moi adoptons la stratégie "je fais des petits zig-zags pour une montée moins pentue". Bref, j'arrive au sommet dix minutes après Arnaud qui a été acclamé par les Chinois. Après quelques photos aux poses travaillées, nous profitons du moment. C'est juste splendide. Les Montagnes Helan sont majestueuses. Nous sommes à 3.300 mètres d'altitude, quasi le plus haut sommet des Helan Shan. L'ambiance se prête à la méditation. Les cheveux au vent, la vue à 360 degrés, le son du silence, les couleurs de l'aobao, ... Ah oui, l'aobao, c'est quoi ? Aobao signifie amas. Si vous regardez les photos, vous verrez une sorte de monticule de pierres à trois niveaux avec de nombreux drapeaux colorés. C'est un lieu de culte pour la nature, le beau temps, les bonnes récoltes, la paix, la sécurité des humains et des animaux. Il est souvent localisé sur les sommets des montagnes. Les croyants tournent autour. Certains sacrifices sont réalisés lors de cérémonie. Chastai a également donné aux enfants des petits papiers carrés colorés. Ils doivent les faire voler le plus haut possible à l'aide du vent. Pour nous, c'est une pratique spéciale de lancer des papiers mais c'est culturel. En effet, des milliers de petits carrés se trouvent sur le sommet de la montagne. Arnaud et Alexandre ont adoré cette tradition. Nous sommes restés un très long moment au sommet à admirer ce paysage grandiose. 

 

Lors de la descente, on se rend compte qu'on sera trop tard pour prendre le bus. Nous devons donc emprunter un autre chemin après la première clairière. On sentira les trois kilomètres supplémentaires ... Alex a le moral à plat, son "wind horse" est bas.  En plus, il s'est fait piquer la fesse par une guêpe, rien ne va plus. `Son T-shirt hyper coloré attirait les insectes 😉 C'est vrai qu'on n'a pas ménagé les enfants avec cette balade. Pour les motiver la dernière heure, je leur promets qu'on ira refaire un tour en autoscooter. Cette fois-ci, on les accompagnera. Les larmes séchées, on arrivera à bout de ces quasi 20 kilomètres et 1250 mètres de dénivelé. Arnaud aura gardé sa motivation et la pêche jusqu'au bout. Nous sommes impressionnés par nos fils et leur détermination. Comme on leur rappelait, cette balade est la deuxième plus compliquée de leur vie après le volcan Hibok Hibok de Camiguin (Philippines)

 

On décide d'enchaîner le repas sans passer par l'hôtel. Si on se pose, on ne décollera plus. Du coup, on admire le coucher de soleil sur la ville de Bayanhaote. On s'improvise des poses photo "je touche le soleil". A ce moment, je suis au téléphone avec mes parents qui vivent notre soirée à distance. Vive la technologie. Ensuite, on marche encore un peu pour atteindre la promesse du soir : la place illuminée avec les petites voitures. Cette fois-ci, Gilles et moi accompagnons les enfants. On a bien rigolé même si j'ai eu des frayeurs qu'un petit train ou un tank me rentre dedans. Il y a de la musique à fond la caisse dans les autoscooters. Retour en enfance. Les petits gèrent. Moi, je fais des tours tranquillement. Chastai négocie un second round pour les enfants. Ils sont aux anges. Lors du retour vers l'hôtel, nous assisterons également au spectacle son et lumière sur le lac de Bayanhaote. Quelle belle journée qui restera gravée dans nos têtes.

 

Le lendemain, nous visitons brièvement le musée de Bayanhaote. Le temps d'inscription est plus long que la visite ... Vas-y que je sorte mes 3 QR codes ! Mention spéciale au taxidermiste et à son travail 😅 Après, nous allons dans un autre temple avec des moines qui ont l'air super cool. De nouveau, des couleurs, des chants, des moulins à prières, ... Et on est tout seuls ! Quelle quiétude. Arnaud a le regard attiré par les gougouilles données en offrande. Pas touche ! On finit la matinée par un bol de nouilles et un ganbei pour Gilles. Un Chinois parlant un peu anglais vient nous trouver pour nous poser des questions. Il invite Gilles à sa table pour partager quelques verres avec ses copains.

 

C'est après cet échange sympa que nous disons au revoir à Chastai. Nous continuons notre périple avec Laurent, l'un des fondateurs de l'agence Dragon CaravanNous troquons notre monospace contre une Toyota Prado. A très bientôt pour vous conter notre trip dans le Désert de Tengger. 

 

 

PS : Merci à Laurent et Airun de Dragon Caravan pour les informations sur la culture mongole. J'ai écrit cet article en écoutant la playlist partagée par Chastai. Vous pouvez également découvrir la chanson "Aobao xiang hui" qui raconte l'histoire d'un RDV amoureux près de l'aobao ❤️ 

Pour le titre, j'ai choisi Dust in the wind de Kansas en pensant au wind horse, aux petits papiers virevoltant, ... mais aussi à nous, petite poussière dans l'immensité de la nature. Profitons du moment tant qu'il est encore temps !

 

 

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Un petit solo de batterie ? Clin d'oeil à ma filleule qui marche sur les traces de son papa !
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Ça c'est de l'autoscooter !
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Profitez du paysage
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J'aime la montagne !
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Jeu d'enfants
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Porcelain

Le temps passe et il serait opportun de tourner la page des vacances d'avril pour dire bonjour à l'été. Allez, dernière partie de notre escapade dans le Sud Est de la Chine dans les provinces du Fujian et Jiangxi.

 

J'ai pris du retard car les trois dernières semaines ont été un peu chamboulées à Pékin. Les conditions pour revenir en Chine étant extrêmes voire même impossibles avec des enfants, il a fallu faire le deuil de nos vacances estivales belges pour voir nos familles et amis. Si vous aviez suivi nos aventures, nous sommes montés sur montagnes russes avec un retour prévu en juin 2022 en novembre et puis un retournement de situation un mois après avec une annonce d'un retour définitif en juin 2021 ... Finalement, les plans ont encore changé un trimestre après avec de nouveau une prolongation jusque juin 2022. A ce moment, le plus compliqué était que nous nous étions déjà projetés dans notre vie liégeoise. Nous avions trouvé les écoles, préparé nos enfants, informé nos familles, donné le renon pour notre maison de Liège ... Bref, ça sentait le "Oufti, retour dans la Principauté 😉" mais finalement non. Bref, ce fut un peu mouvementé dans nos têtes mais la situation est tellement complexe pour l'instant qu'il vaut mieux faire profil bas et rester à sa place. Cela fait 17 mois que nous n'avons plus serré nos parents dans nos bras ... Cependant, vu que nos familles vont bien et que nous sommes tous les quatre unis, nous sommes soulagés et continuons à prendre le positif chaque jour. Cependant, il y a des semaines où la mentalité warrior craque 😅 : genre quand ton enfant fait un peu de fièvre (le stress absolu ici) ou encore quand Gilles se retrouve en séjour à l'hosto avec le dos bloqué ... Il y a aussi de nombreux départs définitifs de copains. Mais bon, ce sont de nouvelles expériences et ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ! Vive la résilience. Et puis, on est super bien entourés ici et ailleurs. Ces moments plus complexes permettent chaque fois de remettre l'église au milieu du village : la santé, la famille, l'amour et l'amitié avant tout. Donc, c'est dans l'attente des résultats de l'IRM de Gilles que je commence cet article sur nos découvertes d'avril.

 

Nous vous avions quittés dans les maisons Tulou, nous vous donnons rendez-vous dans les montagnes, les champs de thé et les petits villages typiques.

 

Après trois heures de TGV, nous arrivons dans le nord ouest de la Province du Fujian prêts à gravir les montagnes du Parc Wuyi Shan. Contrairement à ce que l'on connaît en Europe, tout est organisé (formaté ?) à la chinoise. Des énormes halls d'accueil, des petits bus qui vous emmènent dans les endroits stratégiques (touristiques ?), des hauts-parleurs et les traditionnels escaliers sculptés à même la pierre. Vous sentez qu'on est en manque d'authenticité ? Mais non 😉Malgré toute l'organisation, c'est quand même superbe. Cet endroit est parfait pour fuir la chaleur des plaines grâce à son climat vivifiant et sa biodiversité exceptionnelle. Il représente également une place importante  pour le taoïsme et le bouddhisme mais également le confucianisme (un peu de tout quoi). C'est donc accompagnés de notre guide Cherry que nous décidons d'attaquer le Tianyou Feng (Pic du voyage céleste). Pour atteindre le sommet, soyez prêts à gravir les 828 marches. Nous avons adoré les "fifty shades of green" du paysage. Au sommet, nous avons cru nous retrouver à Botassart avec son Tombeau du Géant. Ensuite, nous avons pris un autre chemin à travers des épaisses forêts et champs de thé jusqu'au magnifique bouddha. Petit passage par le Wuyi Palace finalisé en 755 AD, un des six plus fameux temples taoïstes de la dynastie Song. Nous avons essayé de faire des ricochets sur la Rivière des Neuf Méandres (Nine Bend Stream). Avec des pierres rondes, c'est pas gagné ! Nous avons ensuite laissé les petits à l'hôtel. Gilles et moi avons continué à marcher histoire de gagner des kilomètres pour le challenge "Je me bouge pour mon Club" de ping-pong. Nous avons dû en même temps régler le problème (8ème de l'année) d'inondations de notre maison (en carton ?) à Pékin. Merci Ghislaine et Ingrid pour la gestion. Après s'être un peu énervé avec cela, nous avons passé une soirée extra avec les fous rires de nos enfants au resto. Juste le bonheur.

 

Après un bon petit-déjeuner chinois, nous sommes prêts à affronter le crachin pour visiter Xiamei, petit village réputé pour son thé ainsi que ses vieilles bâtisses en bois datant de la dynastie Ming et Qing. C'était le point de départ de l'ancienne route du thé vers la Russie. On restera une petite heure à découvrir les étroites ruelles les pieds dans la boue. Ils sont en train de faire une nouvelle route et de casser les montagnes du coup la petite rivière a pris le rouge des roches typiques du relief de Danxia (type unique de géomorphologie pétrographique existant en Chine). Bref, ce sont des montagnes avec des falaises abruptes en grès rouge.  C'est sûr que sous la pluie, le charme est différent 😅Nous avons au programme une descente en bamboo raft le long de la Rivière des Neuf Méandres. L'objectif est d'abord de trouver quatre bonnes âmes nous acceptant sur le radeau. Mission accomplie rapidement mais cela ne durera pas longtemps. Avec la pluie, les chemins sont glissants. Les Chinois, ayant revêtu leurs protections en plastique autour des chaussures, glissent à tour de rôle. Le grand monsieur aux mains énormes qui était avec nous est tombé de tout son poids sur son poignet ! AIE AIE ! Le bruit n'a pas été rassurant. Bref, il n'a pas pris le bateau. A la place, nous avons eu droit à un couple et deux dames âgées dont une a couru, bousculé puis dépassé Alex pour avoir la place de devant. Pathétique. Finalement, on a eu bien bon à l'arrière et comme vous pouvez le constater, nous avons pour la première fois opté pour de magnifiques ponchos bleus ! La descente est paisible. Le guide explique plein de choses et nous montre des sortes de cavités creusées  à des hauteurs impressionnantes. En fait, ce sont des cercueils suspendus (hanging coffins) datant de plus de 3000 ans. Comme d'habitude avec ce style de paysages, l'imagination chinoise va bon train et on te dit : "Tu ne trouves pas que ce rocher ressemble à ceci ou cela ?" En tout cas, on a bien aimé naviguer une heure trente dans cette nature luxuriante. De plus, on a été chanceux car la pluie s'est arrêtée.

 

L'après-midi était sous le signe du thé. Nous nous sommes d'abord baladés dans les plantations pour découvrir des arbres vieux de 600 ans donnant naissance au thé Dahongpao (grande robe rouge). Il s'agit d'une sorte de thé Oolong (ou wulong) profondément fermenté et poussant à l'origine sur les falaises de Wuyishan. Il est caractérisé par sa couleur verte bleutée après infusion. Ensuite, des champs à la tasse,  nous l'avons dégusté. Pour notre dernière soirée dans la région de Fujian, nous sommes allés en tuk-tuk dans un sympathique restaurant. Belle fin de soirée entre les griffes de Freddy et Les Dents de la mer en version cinéma avec les loustics dans le lit. 

 

Au revoir Fujian, bonjour Jiangxi. Après un bon massage à la gare, le TGV nous amène sous le soleil de Wuyuan. Directement, l'architecture nous rappelle notre séjour dans la Province voisine AnhuiEn fait, nous ne sommes qu'à quelques kilomètres de là et la culture Huizhou est bien présente. On sent la recherche d'harmonie entre l'humain et la nature. Le Jiangxi est une région dominée par l'eau et réputée pour détenir les plus beaux villages ruraux. Tout est régulé selon la technique du FengShui : les villages avec la rivière devant et la montagne à l'arrière plan. Les champs de colza et les rizières donnent des touches colorées. Les maisons blanches aux tuiles noires ouvragées restent dans mes préférées de Chine. Si vous ajoutez la brume du matin, vous avez une esquisse à l'encre de Chine. Bref, le temps semble suspendu et la région encore bien préservée.

 

Après notre première photo dans un faux décor, la saison des fleurs jaunes de colza étant mi-mars, nous prenons la route vers Likeng. C'est un village pittoresque traversé par une rivière. Les ponts en bois ou en pierre relient les étroites ruelles pavées. Nous avons aimé observer ces jeunes peintres croquant le village. Les petits ont été pris dans un guet-apens avec des jeunes filles chinoises. Cela promet pour le futur 😉

 

Ensuite, nous allons vers un autre village à flanc de colline. On doit prendre un téléphérique pour accéder à Huangling. Au vu du nombre de groupes, enfants et adultes avec des couronnes de colza sur la tête, on commence à craindre la visite. Notre guide nous informe que ce village, vieux de plus de 500 ans, est détenu par une société privée. La plupart des habitants ont été relogés en bas de la colline et empruntent comme nous le télésiège pour aller travailler. Il est réputé pour être l'un des plus beaux villages de Chine ... Attention Monsieur Stéphane Bern, nous avons trouvé une concurrente à Saint-Cirq-Lapopie 😉. Depuis quelques années, le projet "Flower Town" a été mis en place. En toute saison, les paysans travaillent d'arrache-pied pour proposer des parterres magnifiques. Je pense que mes parents auraient été aux anges ici et que Papyrazzi s'en serait donné à coeur joie 🤩 Les maisons blanches typiques à la décoration soignée se fondent à la perfection dans ce décor. On pourrait passer des heures à explorer les cours intérieures et  à regarder les motifs gravés sur les poutres des maisons. Ils représentent des scènes de la vie quotidienne. 

 

Mais ce qui fait surtout la réputation de Huangling, c'est la spécificité de son relief : village suspendu entouré de montagnes avec des champs de colza en terrasses. Les paysans ne disposent pas de sol plat pour sécher les récoltes, les ruelles étant  trop étroites. Ils les placent donc dans d'énormes plateaux ronds en bambou et les déposent sur des tiges de bois accrochées à la façade des maisons. On appelle cela le "Shai qiu", littéralement le bain de soleil en automne. Cela crée un paysage féérique, surtout après les récoltes d'automne. On y expose les piments rouges, le riz doré, le colza jaune, les fruits, ... Cela donne une palette de couleur au village, une véritable oeuvre d'art. 

 

Au vu de ce descriptif, nous comprenons mieux pourquoi plusieurs séries et émissions ont été tournées ici. Du coup, de nombreux Chinois souhaitent immortaliser leur visite de Huangling et nous ne sommes donc pas seuls ce jour. Les trente premières minutes ont été un peu difficiles puis la foule s'est dispersée et nous avons pu apprécier à sa juste valeur ce petit trésor lové dans une nature luxuriante. Bon, nous n'étions pas dans la bonne saison : pas de piments rouges (automne) ni de champs de colza jaune (mi-mars) mais malgré cela, la magie opère. Beaucoup de fous rires dans la maison sans dessus-dessous (comme déjà expérimenté à l'Imaginarium de Pékin) et des pleurs sur le pont Leixin (200 mètres de hauteur) ... Comme vous le verrez dans la vidéo, Alex a pu faire la tyrolienne mais Arnaud ne répondait pas aux critères (Gilles non plus d'ailleurs 😂). En tout cas, la vue est splendide même sans colza. Bref, malgré notre appréhension, notre visite des villages typiques a été au delà de nos espérances avec pour terminer cette journée quelques longueurs de nage sous l'oeil vigilant d'un maître-nageur en costard cravate.

 

Après les villages fleuris, c'est la marche qui nous attend ce jour. Non, ce n'est pas Zhangjiajie (Montagnes Avatar inscrite dans notre bucket list) ni Huangshan (Montagnes Jaunes) mais Sanqingshan (Montagnes des Trois Purs). Contrairement à Huangshan, elle possède un héritage spirituel car elle fut longtemps un lieu de retraite taoïste. Son nom fait référence aux pics principaux (Yujing - Yuxu - Yuhua) qui ressembleraient aux trois divinités majeures du taoïsme. A la mi-mai, le site s'habille de blanc grâce à la floraison des rhododendrons. On y était un peu tôt mais même sans fleurs, il y a de quoi faire. Nous avons marché pendant quinze kilomètres à travers ces pics de granit à essayer de deviner les formes des monts. Nous avons vu des dragons, tortues, pingouins, pythons, poules, renards, chevaux, couple maman-bébé, lotus, vieille femme et même une poitrine ... Bref, le Chinois a de l'imagination mais sur ce site, il nous aide à comprendre. En effet, il y a des pancartes avec l'objet dessiné sur la photo de la montagne. C'est tout de suite plus clair 😂. Pendant cette journée, nous avons aussi rencontré quatre plongeurs. Des plongeurs en montagne me direz-vous ? Eh oui, en nous croisant, certains se bouchaient le nez, fermaient la bouche et gonflaient les joues comme s'ils allaient plonger en eaux profondes (troubles ?) ... Risible ... Gilles regrette de ne pas en avoir filmé un. Moi, en attaque, j'ai fait la danse de Pulp Fiction ("You never can tell"), dit qu'on n'était pas malades et qu'on était bloqués en Chine depuis février 2020, ...  Du coup, les personnes sont un peu gênées surtout si entourées d'autres copains qui n'ont pas ce stupide comportement de peur. Heureusement, ce sont des exceptions mais ce n'est pas gai de se retrouver face à cela. En tout cas, cela prête à réflexion. A côté de cela, nous avons vu revu le couple du radeau de la Rivière des Neuf Méandres (le monde est petit). On a eu plusieurs discussions avec des personnes sympas. Mention spéciale au courageux porteur avec sa musique et son super sourire ! Bref, une magnifique journée à gravir les marches et chemins à flanc de montagnes (sans tuba pour nous) !

 

Dernier jour de vacances ! Encore quelques heures de route avant de rejoindre Jingdezhen où nous prendrons l'avion en soirée. Sur le chemin, nous nous arrêtons quelques minutes pour photographier le village de Jujing. En prenant de la hauteur, nous constatons la forme spécifique de ce village  entouré d'une rivière. Il a été élu " le village le plus rond de Chine". De nouveau, je pense au tombeau du Géant ... La Belgique nous manquerait-elle ? 

 

Continuons la visite des petits villages avec Yaoli. Lové au milieu de la forêt et des champs de thé, ce fut l'un des premiers centres de production de porcelaine en Chine. Elle a fait briller la flamme de ses fours dès la Dynastie Tang.  Yaoli se trouve dans une vallée verdoyante contenant l'une des meilleures argiles de la région : le kaolin. Cette dernière est utilisée dans la fabrication des porcelaines de Jingdezhen. L'extraction du Kaolin remonte à la Dynastie Tang et le village profitait de cette richesse naturelle. La rivière Yaohe sépare le village en deux et de nombreux ponts (simple planche ou plus sophistiqués) relient les deux berges. La vie s'articule autour du cours d'eau. Les personnes lavent leurs fruits ou linge, les enfants jouent, ... Le village dispose de magnifiques bâtisses datant des dynasties Ming et Qing. Excentré, il garde son authenticité et le calme règne. Enfin, si on fait abstraction des pétards 🧨qui sont tirés pour une fête. J'ai été impressionnée par la couleur des forêts environnantes et les lilas décorant les maisons.

 

Après une heure trente de route le long des splendides paysages et villages typiques, nous arrivons à notre destination finale :  Jingdezhen, la capitale mondiale de la porcelaine depuis plus de 1700 ans. Notre guide nous propose d'aller voir le musée dédié à cet art (il y aurait 2400 oeuvres), ce que nous déclinons 😅 Il est déjà une heure trente et on a besoin d'air avant de clôturer ces vacances hyper diversifiées. Nous nous rendons à l'Ancient Kiln Folk Customs Museum qui est en fait une exposition à ciel ouvert. Nous découvrons le développement des techniques à travers les âges, le processus de fabrication de la porcelaine artisanale, ... L'avantage de cet endroit, c'est qu'il y a des artisans qui montrent les différentes étapes et les petits peuvent découvrir la précision de ce métier - de la poterie à la peinture. Nous y trouvons également des fours énormes pouvant contenir des milliers de pièces qui sont disposées dans des moules en brique réfractaire pour assurer une cuisson homogène. Pendant deux heures, sous une drache nationale digne de celle du 21 juillet, nous déambulons dans cet énorme parc agrémenté de nombreuses boutiques. Cependant, aucun craquage ! Nous aurons également droit à un concert de musique classique avec des instruments réalisés en porcelaine ... Cela ne s'invente pas. Bon, on est trempé ... on propose au guide de nous déposer dans un bar ou restaurant afin de terminer l'après-midi au chaud. On se retrouve dans un quartier d'art style le 798 de Pékin avec des expositions et de nombreuses galeries. Sans la pluie, je pense qu'on aurait fait le tour mais on fera plaisir aux enfants en leur proposant un resto non pas chinois mais japonais ! 

 

Voilà, les vacances touchent à leur fin. En neuf jours, nous avons découvert des lieux magiques et diversifiés ... Entre nature et culture. Merci à nos trois guides et à Ciel Yunnan pour ce programme dans le Sud-Est de la Chine. 

 

Je vous dis à très bientôt. Je ne sais pas encore où je vous emmènerai ...mais j'ai des idées 😉 Vu le problème de dos de Gilles, nous avons postposé notre projet du Qinghai. J'espère que les semaines à venir vont le remettre sur pied. Après quatre jours passés à l'hôpital, il rentre à la maison pour se faire gâter par le triple A. 

 

On vous souhaite un magnifique mois de juin avec des perspectives plus réjouissantes, des projets de vacances et de retrouvailles entre amis et familles.

 

Gros bisous

 

La Back family 

 

PS : Non, je n'ai pas fait d'erreur dans le titre, je n'ai pas oublié un E à Porcelain. Vu l'absence de Gilles, je me suis fait la playlist deezer "90s alternative" qui reprend les titres de notre jeunesse. Et bien sûr, ce fameux titre de Moby "Porcelain" m'a semblé une évidence pour le clin d'oeil à notre immersion dans l'or blanc chinois.

 

PS 2 : Jean-Lau, je n'ai pas pu résister à mettre une photo de mon homme à l'hôpital mais toujours avec le sourire malgré la souffrance. Il est trop fort ce Gilles.