Découvertes

Dust in the wind

Comme un besoin de changer d'air ... Nous sommes donc partis à la découverte d'une contrée inconnue, l'Alxa. Bienvenue dans le Ningxia et la Mongolie Intérieure. 

 

Comme déjà dit, nous avons dû reporter nos vacances dans le Qinghai suite à des soucis de santé. Mais, je vous rassure que nos petits couacs de juin sont derrière nous. Gilles a retrouvé sa forme olympique et son corps d'athlète se construit jour après jour. Il a même dégotté un prof de ping-pong. C'est pour vous dire comme il se projette déjà au TT Saint-Georges avec ses copains du ping (niveau C4 ?). Cependant, ce deuxième été sans voir nos familles et amis nous semble long, très long et surtout trop gris ... Comme en Belgique, le temps est maussade. Les inondations ont également touché de nombreux foyers en Chine. Les pluies sont diluviennes et journalières. On est en manque de ce ciel bleu qui caractérise Pékin ! Non, non, non ... Ne rigolez pas et croyez-moi. C'est l'un des aprioris que j'avais avant d'arriver ! J'avais l'image de Pékin véhiculée dans les JT avec cette pollution, ce ciel si bas et gris (qu'un canal s'est pendu) ... Finalement, la luminosité et le ciel bleu éclatant ont été mes premières bonnes surprises. Bon, la météo de 2021 n'est pas à la hauteur des premières années mais c'est un ressenti général dans les quatre coins de la planète. Pour couronner cet été à Pékin, le chiffre de "jours consécutifs sans covid" est passé de 179 à ZERO ... Et c'est rebelote pour les restrictions draconiennes encore plus fortes que celles connues. Des millions de personnes sont bloquées dans leurs appartements pour des quarantaines (21 jours) sans mettre l'orteil sur le seuil de la porte. Des foyers apparaissent un peu partout  dans le pays. Le stress est flagrant et la peur du variant Delta est palpable. La rentrée scolaire est encore reportée de deux semaines ... Aurons-nous une année sans home schooling ? Gilles est de nouveau en homeworking. Bref, c'est la merde 💩 mais on garde le sourire car nous sommes chanceux. Je reviens sur mon classique laïus : amour, famille, santé, humour, résilience, patience, prudence et beaucoup d'amis of course ! Allez, j'arrête mon chapitre drama pour vous emmener ailleurs ...

 

On a vite oublié le stress de Pékin en arrivant à l'aéroport de Yinchuan, la capitale du Ningxia, la plus petite région de Chine (deux fois la superficie de la Belgique). Il s'agit d'une des cinq régions autonomes de Chine. Selon les échanges avec les locaux, leurs pouvoirs sont quand même limités vu que "Pékin" possède un droit de veto sur leurs décisions ... Bref, revenons à nos moutons et à notre arrivée à l'aéroport ... Une fois le sésame obtenu pour passer la gate (sans prob pour le triple A, un peu plus compliqué pour Gilles qui a dû y laisser quelques empreintes digitales à l'encre rouge), nous avons été plongés dans une autre ambiance : soleil, ciel bleu, chaleur sèche. Notre jeune guide, Chastai, nous accueille avec un grand sourire et un chaleureux "Sain Bainuu". Eh non, pas de Ni Hao ... car notre guide vient de Mongolie Intérieure. Les paysages défilent avec une musique aux sons envoûtants (j'ai la playlist si cela vous intéresse). Que les vacances commencent. Après un bol de nouilles, nous découvrons le Mausolée de la dynastie des Xia de l'Ouest (appelée aussi l'Empire Tangoute). Nous sommes impressionnés par la taille de ce musée relatif la culture des Xia de l'Ouest (1038-1227). De nombreuses pièces sont reconstituées pour mieux comprendre leur style de vie et culture avant l'invasion par les Mongols sous Gengis Khan. On peut également voir les influences artistiques du Tibet et de l'Asie centrale. Cependant, ce qui est le plus étonnant après avoir parcouru un tunnel sous-terrain d'un kilomètre, c'est le site qui s'offre à nous. Il couvre cinquante kilomètres carrés et compte neuf sépultures impériales et 250 tombes subordonnées de formes et tailles variées. Les tombeaux ont des allures de ruches géantes et sont répartis au milieu de cette énorme plaine aride avec en toile de fond les Montagnes Helan (Helan Shan). Ces vestiges d'un autre temps sont également appelés les Pyramides de Chine. Elles ont été découvertes par hasard par des soldats lors de travaux d'excavation. Depuis, les archéologues ont fait de nombreuses investigations et particulièrement près du Mausolée trois qui serait celui de Li Yuanhao, l'Empereur fondateur des Xia de l'Ouest.  A l'origine, ce sanctuaire haut de 23 mètres avait la forme d'une pagode octogonale en bois à sept niveaux. A ce jour, seul son coeur de pierre subsiste.  Nous nous sommes baladés sous un soleil de plomb et sans ombre à la découverte de ces étranges bâtiments. Le calme est juste rompu par des avions militaires en plein entraînement. Impressionnant. 

 

Nous prenons la route vers la Mongolie Intérieure, la Ligue d'Alxa (Alashan) pour être précis. Elle est située à l'extrême ouest de la province de Mongolie Intérieure. C'est une des régions les moins peuplées de Chine et où les traditions mongoles sont encore ancrées. Alxa signifie terre colorée en mongol. Cette définition nous plaît déjà. En chemin, nous croisons des centaines de chameaux, moutons, chevaux. On passera également près des vestiges de la Grande Muraille qui a un style différent de la Pékinoise. Le dépaysement est total sur ces routes sans fin entourées de plaines arides. Au loin, nous apercevons le désert d'un côté et les montagnes escarpées d'Helan de l'autre. Nous prenons nos quartiers pour deux nuits dans la ville de Bayanhaote. Après un super repas, nous découvrons la vieille ville illuminée et ses remparts.  Avec le coucher de soleil, c'est splendide. Arnaud est un peu fatigué et râle pour marcher. Cependant, Chastai a trouvé la parade. Après avoir écouté quelques solos de batterie, il nous emmène vers le paradis des enfants. Une piste d'autoscooter à ciel ouvert. La place est énorme et il y en a pour tous les goûts : robots, chars chinois, trains ou juste voitures. Les enfants s'en donnent à coeur joie avec les freins à mains ! Vas-y que je fasse des tours sur moi-même. Les deux kilomètres pour retourner à l'hôtel se sont faits dans la joie et bonne humeur. Ouf !

 

Nous avons passé une bonne nuit dans notre hôtel "style Shining". L'accueil un peu glacial, les couloirs interminables, les tapis rouges, les portes style Louis XV, ... Alex s'est pris une passion pour Stephen King et l'horreur depuis quelques mois. Il a adoré inspecter les lieux. Aujourd'hui, un super programme nous attend. Nous allons d'abord visiter un magnifique monastère bouddhiste tibétain, le Guangzong Si. Il est logé au pied des Montagnes Helan à une altitude de 2000 mètres. C'est un petit joyau coloré. On y retrouve différents styles d'architecture ainsi que des influences bouddhistes, mongoles et chinoises. Il a été construit au XVIII ème siècle. A son apogée, deux mille moines y vivaient. Il est connu car la dépouille du sixième Dalaï-Lama (selon les rumeurs, le plus romantique) se trouve dans une stupa d'or trônant dans la salle de prière principale. Malheureusement, il a été détruit pendant la révolution culturelle et a donc été restauré. Devant le monastère se trouve huit stupas blanches qui représentent les moments importants dans la vie de Bouddha. Un moment, Chastai nous raconte également la légende du cheval du vent (wind horse). Le cheval est un symbole de bien-être et de la chance dans la vie. Si le cheval du vent vole vite et très haut, votre vie ne sera que meilleure. Sur les drapeaux de prières, on retrouve ce fameux cheval. Nous avons adoré les couleurs et l'ambiance de ce temple. Nous retrouvons les cinq couleurs traditionnelles faisant référence à des éléments de la nature ou à des notions telles que le calme, la pureté, l'harmonie, l'humilité, ... Nous avons assisté aux prières des moines. Moment spirituel.

 

Après, nous avons rendez-vous avec la montagne, la vraie ! Pas celles avec des hauts-parleurs, des téléphériques, des escaliers de pierre, ... juste celle avec un chemin de terre ! On prend un petit bus dix minutes et puis l'ascension commence. Bon, on a quand même droit pendant trois kilomètres à des escaliers de bois. Alexandre n'est pas en grande forme et râle car il n'aime pas ce chemin balisé. Arnaud, lui, passe à travers tout sauf l'escalier. Il gambade dans les bois. Après une heure, on se retrouve au milieu d'une énorme clairière. Des groupes de Chinois nous proposent de partager leurs repas. On fait la séance de photos avec eux mais on prendra notre pique-nique plus haut. On continue notre ascension et croisons moins de monde. On replonge dans nos souvenirs quand nous allions à la montagne en France ou Suisse. Bref, le bonheur. Il fait super beau et calme. On reprendra un peu d'énergie et on informe Chastai qu'on veut aller jusqu'au sommet. On a motivé les petits et ils sont d'accord. On passe par une forêt. Gilles repère une pierre et prend la pause du lion. Quelques fous rires bienvenus avant la dernière montée. L'air de rien, c'est pas si simple sauf pour Arnaud qui galope (rien à voir avec la veille) et qui monte tout d'une traite. Gilles, Alexandre et moi adoptons la stratégie "je fais des petits zig-zags pour une montée moins pentue". Bref, j'arrive au sommet dix minutes après Arnaud qui a été acclamé par les Chinois. Après quelques photos aux poses travaillées, nous profitons du moment. C'est juste splendide. Les Montagnes Helan sont majestueuses. Nous sommes à 3.300 mètres d'altitude, quasi le plus haut sommet des Helan Shan. L'ambiance se prête à la méditation. Les cheveux au vent, la vue à 360 degrés, le son du silence, les couleurs de l'aobao, ... Ah oui, l'aobao, c'est quoi ? Aobao signifie amas. Si vous regardez les photos, vous verrez une sorte de monticule de pierres à trois niveaux avec de nombreux drapeaux colorés. C'est un lieu de culte pour la nature, le beau temps, les bonnes récoltes, la paix, la sécurité des humains et des animaux. Il est souvent localisé sur les sommets des montagnes. Les croyants tournent autour. Certains sacrifices sont réalisés lors de cérémonie. Chastai a également donné aux enfants des petits papiers carrés colorés. Ils doivent les faire voler le plus haut possible à l'aide du vent. Pour nous, c'est une pratique spéciale de lancer des papiers mais c'est culturel. En effet, des milliers de petits carrés se trouvent sur le sommet de la montagne. Arnaud et Alexandre ont adoré cette tradition. Nous sommes restés un très long moment au sommet à admirer ce paysage grandiose. 

 

Lors de la descente, on se rend compte qu'on sera trop tard pour prendre le bus. Nous devons donc emprunter un autre chemin après la première clairière. On sentira les trois kilomètres supplémentaires ... Alex a le moral à plat, son "wind horse" est bas.  En plus, il s'est fait piquer la fesse par une guêpe, rien ne va plus. `Son T-shirt hyper coloré attirait les insectes 😉 C'est vrai qu'on n'a pas ménagé les enfants avec cette balade. Pour les motiver la dernière heure, je leur promets qu'on ira refaire un tour en autoscooter. Cette fois-ci, on les accompagnera. Les larmes séchées, on arrivera à bout de ces quasi 20 kilomètres et 1250 mètres de dénivelé. Arnaud aura gardé sa motivation et la pêche jusqu'au bout. Nous sommes impressionnés par nos fils et leur détermination. Comme on leur rappelait, cette balade est la deuxième plus compliquée de leur vie après le volcan Hibok Hibok de Camiguin (Philippines)

 

On décide d'enchaîner le repas sans passer par l'hôtel. Si on se pose, on ne décollera plus. Du coup, on admire le coucher de soleil sur la ville de Bayanhaote. On s'improvise des poses photo "je touche le soleil". A ce moment, je suis au téléphone avec mes parents qui vivent notre soirée à distance. Vive la technologie. Ensuite, on marche encore un peu pour atteindre la promesse du soir : la place illuminée avec les petites voitures. Cette fois-ci, Gilles et moi accompagnons les enfants. On a bien rigolé même si j'ai eu des frayeurs qu'un petit train ou un tank me rentre dedans. Il y a de la musique à fond la caisse dans les autoscooters. Retour en enfance. Les petits gèrent. Moi, je fais des tours tranquillement. Chastai négocie un second round pour les enfants. Ils sont aux anges. Lors du retour vers l'hôtel, nous assisterons également au spectacle son et lumière sur le lac de Bayanhaote. Quelle belle journée qui restera gravée dans nos têtes.

 

Le lendemain, nous visitons brièvement le musée de Bayanhaote. Le temps d'inscription est plus long que la visite ... Vas-y que je sorte mes 3 QR codes ! Mention spéciale au taxidermiste et à son travail 😅 Après, nous allons dans un autre temple avec des moines qui ont l'air super cool. De nouveau, des couleurs, des chants, des moulins à prières, ... Et on est tout seuls ! Quelle quiétude. Arnaud a le regard attiré par les gougouilles données en offrande. Pas touche ! On finit la matinée par un bol de nouilles et un ganbei pour Gilles. Un Chinois parlant un peu anglais vient nous trouver pour nous poser des questions. Il invite Gilles à sa table pour partager quelques verres avec ses copains.

 

C'est après cet échange sympa que nous disons au revoir à Chastai. Nous continuons notre périple avec Laurent, l'un des fondateurs de l'agence Dragon CaravanNous troquons notre monospace contre une Toyota Prado. A très bientôt pour vous conter notre trip dans le Désert de Tengger. 

 

 

PS : Merci à Laurent et Airun de Dragon Caravan pour les informations sur la culture mongole. J'ai écrit cet article en écoutant la playlist partagée par Chastai. Vous pouvez également découvrir la chanson "Aobao xiang hui" qui raconte l'histoire d'un RDV amoureux près de l'aobao ❤️ 

Pour le titre, j'ai choisi Dust in the wind de Kansas en pensant au wind horse, aux petits papiers virevoltant, ... mais aussi à nous, petite poussière dans l'immensité de la nature. Profitons du moment tant qu'il est encore temps !

 

 

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Un petit solo de batterie ? Clin d'oeil à ma filleule qui marche sur les traces de son papa !
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Ça c'est de l'autoscooter !
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Profitez du paysage
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J'aime la montagne !
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Jeu d'enfants
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Porcelain

Le temps passe et il serait opportun de tourner la page des vacances d'avril pour dire bonjour à l'été. Allez, dernière partie de notre escapade dans le Sud Est de la Chine dans les provinces du Fujian et Jiangxi.

 

J'ai pris du retard car les trois dernières semaines ont été un peu chamboulées à Pékin. Les conditions pour revenir en Chine étant extrêmes voire même impossibles avec des enfants, il a fallu faire le deuil de nos vacances estivales belges pour voir nos familles et amis. Si vous aviez suivi nos aventures, nous sommes montés sur montagnes russes avec un retour prévu en juin 2022 en novembre et puis un retournement de situation un mois après avec une annonce d'un retour définitif en juin 2021 ... Finalement, les plans ont encore changé un trimestre après avec de nouveau une prolongation jusque juin 2022. A ce moment, le plus compliqué était que nous nous étions déjà projetés dans notre vie liégeoise. Nous avions trouvé les écoles, préparé nos enfants, informé nos familles, donné le renon pour notre maison de Liège ... Bref, ça sentait le "Oufti, retour dans la Principauté 😉" mais finalement non. Bref, ce fut un peu mouvementé dans nos têtes mais la situation est tellement complexe pour l'instant qu'il vaut mieux faire profil bas et rester à sa place. Cela fait 17 mois que nous n'avons plus serré nos parents dans nos bras ... Cependant, vu que nos familles vont bien et que nous sommes tous les quatre unis, nous sommes soulagés et continuons à prendre le positif chaque jour. Cependant, il y a des semaines où la mentalité warrior craque 😅 : genre quand ton enfant fait un peu de fièvre (le stress absolu ici) ou encore quand Gilles se retrouve en séjour à l'hosto avec le dos bloqué ... Il y a aussi de nombreux départs définitifs de copains. Mais bon, ce sont de nouvelles expériences et ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ! Vive la résilience. Et puis, on est super bien entourés ici et ailleurs. Ces moments plus complexes permettent chaque fois de remettre l'église au milieu du village : la santé, la famille, l'amour et l'amitié avant tout. Donc, c'est dans l'attente des résultats de l'IRM de Gilles que je commence cet article sur nos découvertes d'avril.

 

Nous vous avions quittés dans les maisons Tulou, nous vous donnons rendez-vous dans les montagnes, les champs de thé et les petits villages typiques.

 

Après trois heures de TGV, nous arrivons dans le nord ouest de la Province du Fujian prêts à gravir les montagnes du Parc Wuyi Shan. Contrairement à ce que l'on connaît en Europe, tout est organisé (formaté ?) à la chinoise. Des énormes halls d'accueil, des petits bus qui vous emmènent dans les endroits stratégiques (touristiques ?), des hauts-parleurs et les traditionnels escaliers sculptés à même la pierre. Vous sentez qu'on est en manque d'authenticité ? Mais non 😉Malgré toute l'organisation, c'est quand même superbe. Cet endroit est parfait pour fuir la chaleur des plaines grâce à son climat vivifiant et sa biodiversité exceptionnelle. Il représente également une place importante  pour le taoïsme et le bouddhisme mais également le confucianisme (un peu de tout quoi). C'est donc accompagnés de notre guide Cherry que nous décidons d'attaquer le Tianyou Feng (Pic du voyage céleste). Pour atteindre le sommet, soyez prêts à gravir les 828 marches. Nous avons adoré les "fifty shades of green" du paysage. Au sommet, nous avons cru nous retrouver à Botassart avec son Tombeau du Géant. Ensuite, nous avons pris un autre chemin à travers des épaisses forêts et champs de thé jusqu'au magnifique bouddha. Petit passage par le Wuyi Palace finalisé en 755 AD, un des six plus fameux temples taoïstes de la dynastie Song. Nous avons essayé de faire des ricochets sur la Rivière des Neuf Méandres (Nine Bend Stream). Avec des pierres rondes, c'est pas gagné ! Nous avons ensuite laissé les petits à l'hôtel. Gilles et moi avons continué à marcher histoire de gagner des kilomètres pour le challenge "Je me bouge pour mon Club" de ping-pong. Nous avons dû en même temps régler le problème (8ème de l'année) d'inondations de notre maison (en carton ?) à Pékin. Merci Ghislaine et Ingrid pour la gestion. Après s'être un peu énervé avec cela, nous avons passé une soirée extra avec les fous rires de nos enfants au resto. Juste le bonheur.

 

Après un bon petit-déjeuner chinois, nous sommes prêts à affronter le crachin pour visiter Xiamei, petit village réputé pour son thé ainsi que ses vieilles bâtisses en bois datant de la dynastie Ming et Qing. C'était le point de départ de l'ancienne route du thé vers la Russie. On restera une petite heure à découvrir les étroites ruelles les pieds dans la boue. Ils sont en train de faire une nouvelle route et de casser les montagnes du coup la petite rivière a pris le rouge des roches typiques du relief de Danxia (type unique de géomorphologie pétrographique existant en Chine). Bref, ce sont des montagnes avec des falaises abruptes en grès rouge.  C'est sûr que sous la pluie, le charme est différent 😅Nous avons au programme une descente en bamboo raft le long de la Rivière des Neuf Méandres. L'objectif est d'abord de trouver quatre bonnes âmes nous acceptant sur le radeau. Mission accomplie rapidement mais cela ne durera pas longtemps. Avec la pluie, les chemins sont glissants. Les Chinois, ayant revêtu leurs protections en plastique autour des chaussures, glissent à tour de rôle. Le grand monsieur aux mains énormes qui était avec nous est tombé de tout son poids sur son poignet ! AIE AIE ! Le bruit n'a pas été rassurant. Bref, il n'a pas pris le bateau. A la place, nous avons eu droit à un couple et deux dames âgées dont une a couru, bousculé puis dépassé Alex pour avoir la place de devant. Pathétique. Finalement, on a eu bien bon à l'arrière et comme vous pouvez le constater, nous avons pour la première fois opté pour de magnifiques ponchos bleus ! La descente est paisible. Le guide explique plein de choses et nous montre des sortes de cavités creusées  à des hauteurs impressionnantes. En fait, ce sont des cercueils suspendus (hanging coffins) datant de plus de 3000 ans. Comme d'habitude avec ce style de paysages, l'imagination chinoise va bon train et on te dit : "Tu ne trouves pas que ce rocher ressemble à ceci ou cela ?" En tout cas, on a bien aimé naviguer une heure trente dans cette nature luxuriante. De plus, on a été chanceux car la pluie s'est arrêtée.

 

L'après-midi était sous le signe du thé. Nous nous sommes d'abord baladés dans les plantations pour découvrir des arbres vieux de 600 ans donnant naissance au thé Dahongpao (grande robe rouge). Il s'agit d'une sorte de thé Oolong (ou wulong) profondément fermenté et poussant à l'origine sur les falaises de Wuyishan. Il est caractérisé par sa couleur verte bleutée après infusion. Ensuite, des champs à la tasse,  nous l'avons dégusté. Pour notre dernière soirée dans la région de Fujian, nous sommes allés en tuk-tuk dans un sympathique restaurant. Belle fin de soirée entre les griffes de Freddy et Les Dents de la mer en version cinéma avec les loustics dans le lit. 

 

Au revoir Fujian, bonjour Jiangxi. Après un bon massage à la gare, le TGV nous amène sous le soleil de Wuyuan. Directement, l'architecture nous rappelle notre séjour dans la Province voisine AnhuiEn fait, nous ne sommes qu'à quelques kilomètres de là et la culture Huizhou est bien présente. On sent la recherche d'harmonie entre l'humain et la nature. Le Jiangxi est une région dominée par l'eau et réputée pour détenir les plus beaux villages ruraux. Tout est régulé selon la technique du FengShui : les villages avec la rivière devant et la montagne à l'arrière plan. Les champs de colza et les rizières donnent des touches colorées. Les maisons blanches aux tuiles noires ouvragées restent dans mes préférées de Chine. Si vous ajoutez la brume du matin, vous avez une esquisse à l'encre de Chine. Bref, le temps semble suspendu et la région encore bien préservée.

 

Après notre première photo dans un faux décor, la saison des fleurs jaunes de colza étant mi-mars, nous prenons la route vers Likeng. C'est un village pittoresque traversé par une rivière. Les ponts en bois ou en pierre relient les étroites ruelles pavées. Nous avons aimé observer ces jeunes peintres croquant le village. Les petits ont été pris dans un guet-apens avec des jeunes filles chinoises. Cela promet pour le futur 😉

 

Ensuite, nous allons vers un autre village à flanc de colline. On doit prendre un téléphérique pour accéder à Huangling. Au vu du nombre de groupes, enfants et adultes avec des couronnes de colza sur la tête, on commence à craindre la visite. Notre guide nous informe que ce village, vieux de plus de 500 ans, est détenu par une société privée. La plupart des habitants ont été relogés en bas de la colline et empruntent comme nous le télésiège pour aller travailler. Il est réputé pour être l'un des plus beaux villages de Chine ... Attention Monsieur Stéphane Bern, nous avons trouvé une concurrente à Saint-Cirq-Lapopie 😉. Depuis quelques années, le projet "Flower Town" a été mis en place. En toute saison, les paysans travaillent d'arrache-pied pour proposer des parterres magnifiques. Je pense que mes parents auraient été aux anges ici et que Papyrazzi s'en serait donné à coeur joie 🤩 Les maisons blanches typiques à la décoration soignée se fondent à la perfection dans ce décor. On pourrait passer des heures à explorer les cours intérieures et  à regarder les motifs gravés sur les poutres des maisons. Ils représentent des scènes de la vie quotidienne. 

 

Mais ce qui fait surtout la réputation de Huangling, c'est la spécificité de son relief : village suspendu entouré de montagnes avec des champs de colza en terrasses. Les paysans ne disposent pas de sol plat pour sécher les récoltes, les ruelles étant  trop étroites. Ils les placent donc dans d'énormes plateaux ronds en bambou et les déposent sur des tiges de bois accrochées à la façade des maisons. On appelle cela le "Shai qiu", littéralement le bain de soleil en automne. Cela crée un paysage féérique, surtout après les récoltes d'automne. On y expose les piments rouges, le riz doré, le colza jaune, les fruits, ... Cela donne une palette de couleur au village, une véritable oeuvre d'art. 

 

Au vu de ce descriptif, nous comprenons mieux pourquoi plusieurs séries et émissions ont été tournées ici. Du coup, de nombreux Chinois souhaitent immortaliser leur visite de Huangling et nous ne sommes donc pas seuls ce jour. Les trente premières minutes ont été un peu difficiles puis la foule s'est dispersée et nous avons pu apprécier à sa juste valeur ce petit trésor lové dans une nature luxuriante. Bon, nous n'étions pas dans la bonne saison : pas de piments rouges (automne) ni de champs de colza jaune (mi-mars) mais malgré cela, la magie opère. Beaucoup de fous rires dans la maison sans dessus-dessous (comme déjà expérimenté à l'Imaginarium de Pékin) et des pleurs sur le pont Leixin (200 mètres de hauteur) ... Comme vous le verrez dans la vidéo, Alex a pu faire la tyrolienne mais Arnaud ne répondait pas aux critères (Gilles non plus d'ailleurs 😂). En tout cas, la vue est splendide même sans colza. Bref, malgré notre appréhension, notre visite des villages typiques a été au delà de nos espérances avec pour terminer cette journée quelques longueurs de nage sous l'oeil vigilant d'un maître-nageur en costard cravate.

 

Après les villages fleuris, c'est la marche qui nous attend ce jour. Non, ce n'est pas Zhangjiajie (Montagnes Avatar inscrite dans notre bucket list) ni Huangshan (Montagnes Jaunes) mais Sanqingshan (Montagnes des Trois Purs). Contrairement à Huangshan, elle possède un héritage spirituel car elle fut longtemps un lieu de retraite taoïste. Son nom fait référence aux pics principaux (Yujing - Yuxu - Yuhua) qui ressembleraient aux trois divinités majeures du taoïsme. A la mi-mai, le site s'habille de blanc grâce à la floraison des rhododendrons. On y était un peu tôt mais même sans fleurs, il y a de quoi faire. Nous avons marché pendant quinze kilomètres à travers ces pics de granit à essayer de deviner les formes des monts. Nous avons vu des dragons, tortues, pingouins, pythons, poules, renards, chevaux, couple maman-bébé, lotus, vieille femme et même une poitrine ... Bref, le Chinois a de l'imagination mais sur ce site, il nous aide à comprendre. En effet, il y a des pancartes avec l'objet dessiné sur la photo de la montagne. C'est tout de suite plus clair 😂. Pendant cette journée, nous avons aussi rencontré quatre plongeurs. Des plongeurs en montagne me direz-vous ? Eh oui, en nous croisant, certains se bouchaient le nez, fermaient la bouche et gonflaient les joues comme s'ils allaient plonger en eaux profondes (troubles ?) ... Risible ... Gilles regrette de ne pas en avoir filmé un. Moi, en attaque, j'ai fait la danse de Pulp Fiction ("You never can tell"), dit qu'on n'était pas malades et qu'on était bloqués en Chine depuis février 2020, ...  Du coup, les personnes sont un peu gênées surtout si entourées d'autres copains qui n'ont pas ce stupide comportement de peur. Heureusement, ce sont des exceptions mais ce n'est pas gai de se retrouver face à cela. En tout cas, cela prête à réflexion. A côté de cela, nous avons vu revu le couple du radeau de la Rivière des Neuf Méandres (le monde est petit). On a eu plusieurs discussions avec des personnes sympas. Mention spéciale au courageux porteur avec sa musique et son super sourire ! Bref, une magnifique journée à gravir les marches et chemins à flanc de montagnes (sans tuba pour nous) !

 

Dernier jour de vacances ! Encore quelques heures de route avant de rejoindre Jingdezhen où nous prendrons l'avion en soirée. Sur le chemin, nous nous arrêtons quelques minutes pour photographier le village de Jujing. En prenant de la hauteur, nous constatons la forme spécifique de ce village  entouré d'une rivière. Il a été élu " le village le plus rond de Chine". De nouveau, je pense au tombeau du Géant ... La Belgique nous manquerait-elle ? 

 

Continuons la visite des petits villages avec Yaoli. Lové au milieu de la forêt et des champs de thé, ce fut l'un des premiers centres de production de porcelaine en Chine. Elle a fait briller la flamme de ses fours dès la Dynastie Tang.  Yaoli se trouve dans une vallée verdoyante contenant l'une des meilleures argiles de la région : le kaolin. Cette dernière est utilisée dans la fabrication des porcelaines de Jingdezhen. L'extraction du Kaolin remonte à la Dynastie Tang et le village profitait de cette richesse naturelle. La rivière Yaohe sépare le village en deux et de nombreux ponts (simple planche ou plus sophistiqués) relient les deux berges. La vie s'articule autour du cours d'eau. Les personnes lavent leurs fruits ou linge, les enfants jouent, ... Le village dispose de magnifiques bâtisses datant des dynasties Ming et Qing. Excentré, il garde son authenticité et le calme règne. Enfin, si on fait abstraction des pétards 🧨qui sont tirés pour une fête. J'ai été impressionnée par la couleur des forêts environnantes et les lilas décorant les maisons.

 

Après une heure trente de route le long des splendides paysages et villages typiques, nous arrivons à notre destination finale :  Jingdezhen, la capitale mondiale de la porcelaine depuis plus de 1700 ans. Notre guide nous propose d'aller voir le musée dédié à cet art (il y aurait 2400 oeuvres), ce que nous déclinons 😅 Il est déjà une heure trente et on a besoin d'air avant de clôturer ces vacances hyper diversifiées. Nous nous rendons à l'Ancient Kiln Folk Customs Museum qui est en fait une exposition à ciel ouvert. Nous découvrons le développement des techniques à travers les âges, le processus de fabrication de la porcelaine artisanale, ... L'avantage de cet endroit, c'est qu'il y a des artisans qui montrent les différentes étapes et les petits peuvent découvrir la précision de ce métier - de la poterie à la peinture. Nous y trouvons également des fours énormes pouvant contenir des milliers de pièces qui sont disposées dans des moules en brique réfractaire pour assurer une cuisson homogène. Pendant deux heures, sous une drache nationale digne de celle du 21 juillet, nous déambulons dans cet énorme parc agrémenté de nombreuses boutiques. Cependant, aucun craquage ! Nous aurons également droit à un concert de musique classique avec des instruments réalisés en porcelaine ... Cela ne s'invente pas. Bon, on est trempé ... on propose au guide de nous déposer dans un bar ou restaurant afin de terminer l'après-midi au chaud. On se retrouve dans un quartier d'art style le 798 de Pékin avec des expositions et de nombreuses galeries. Sans la pluie, je pense qu'on aurait fait le tour mais on fera plaisir aux enfants en leur proposant un resto non pas chinois mais japonais ! 

 

Voilà, les vacances touchent à leur fin. En neuf jours, nous avons découvert des lieux magiques et diversifiés ... Entre nature et culture. Merci à nos trois guides et à Ciel Yunnan pour ce programme dans le Sud-Est de la Chine. 

 

Je vous dis à très bientôt. Je ne sais pas encore où je vous emmènerai ...mais j'ai des idées 😉 Vu le problème de dos de Gilles, nous avons postposé notre projet du Qinghai. J'espère que les semaines à venir vont le remettre sur pied. Après quatre jours passés à l'hôpital, il rentre à la maison pour se faire gâter par le triple A. 

 

On vous souhaite un magnifique mois de juin avec des perspectives plus réjouissantes, des projets de vacances et de retrouvailles entre amis et familles.

 

Gros bisous

 

La Back family 

 

PS : Non, je n'ai pas fait d'erreur dans le titre, je n'ai pas oublié un E à Porcelain. Vu l'absence de Gilles, je me suis fait la playlist deezer "90s alternative" qui reprend les titres de notre jeunesse. Et bien sûr, ce fameux titre de Moby "Porcelain" m'a semblé une évidence pour le clin d'oeil à notre immersion dans l'or blanc chinois.

 

PS 2 : Jean-Lau, je n'ai pas pu résister à mettre une photo de mon homme à l'hôpital mais toujours avec le sourire malgré la souffrance. Il est trop fort ce Gilles.

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Tyrolienne et pleurs ...
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Ambiance musicale à Sanqing Shan
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Les années 80, c'est Badass
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Village paisible et pétards
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Concert d'instruments en porcelaine - Jingdezhen
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Tulou or not tulou: that is the question.

Fini la mer et la Dolce Vita. Fini les maisons coloniales et les ruelles fleuries.  Bienvenue dans une toute autre dimension avec les Tulou de Fujian.

 

Avez-vous déjà vu ces étranges maisons rondes avec un trou au milieu ? Saviez-vous qu'elles pouvaient être également carrées ou ovales ? Pour notre part, avant d'arriver en Chine, on ne connaissait pas cette architecture si spécifique. Et puis, étant bloqués ici, nous avons ouvert nos yeux sur de nouvelles régions. En échangeant les bons plans avec nos amis, nous avons hésité à aller voir Zhangjiajie et ses fameuses montagnes. Ce seraient celles qui ont inspiré James Cameron pour réaliser les montagnes flottantes de Pandora dans le film Avatar. Les paysages sont splendides et si verdoyant. En effet, il y pleut 320 jours par an. En tant que Belges, la pluie ne nous fait pas trop peur (quoique) ... cependant, notre regard a été attiré par les décors d'un autre film : Mulan. Même si ce film est controversé ici pour des raisons diverses et variées, notre attention s'est fixée sur la maison de Mulan. Je ne sais pas pourquoi mais je voyais bien Arnaud escalader et courir au milieu des poules 😃  C'est le cinéma qui nous a aidé dans notre choix cette fois-ci. Bienvenue dans les Tulou du Fujian (Sud est de la Chine).

 

Mais qu'est ce qu'un tulou me direz-vous ? Tulou (土楼) signifie bâtiment en terre. Ce sont des forteresses de plusieurs étages construites par les Hakkas pour se protéger des bandits et des bêtes sauvages. Les Hakkas sont originaires du Nord de la Chine. Ils font partie de l'ethnie Han (comme 93 % des Chinois) mais ils ont une identité qui leur est propre suite à leur passé complexe (Dynastie Jin : 265 - 316). Pour éviter famines, catastrophes naturelles et  persécutions, ils ont migré vers le sud pour s'installer dans le Jiangxi, le Fujian et le Guangdong. Ils ont reçu leur nom Hakka qui signifie "invités" ou "familles hébergées".  Ils ont leur langue, leur folklore et surtout une manière de vivre en communauté qui leur est propre. Chaque fois qu'ils arrivaient dans un nouvel endroit, ils devaient affronter et surmonter de nombreuses difficultés ensemble. Ils font partie d'un clan, d'une même famille. Comme tous les peuples sans terre, les hakkas chérissent leurs lopins de terre. Ce sont des travailleurs qui se sont battus pour s'installer et travailler là où ils pouvaient. Pour accueillir ces clans, parfois des centaines de personnes, il fallait une maison à leur image.

 

Dressés au milieu des montagnes, rizières et champs de thé, les tulou ressemblent à des forteresses tant leur dimension est étonnante. Il n'y a pas de fenêtres aux étages inférieurs et seule une porte principale (fermée la nuit) permet d'entrer. Ces bâtiments réalisés entre le 12 ème et le 20 ème siècle sont construits à base de terre (mélange d'argile, sable et chaux) et de fécule de riz gluant, renforcés par des tiges de bambous et des copeaux de bois. Une fois le tout séché, il n'était pas évident d'y enfoncer un clou clin d’œil 😉. Une bonne partie des murs font au moins 1,5 m d'épaisseur. Le toit est composé de tuiles avec de larges avant-toits en surplomb. Ils ont été conçus pour résister aux incendies, inondations, tremblements de terre ou encore invasions extérieures mais surtout pour vivre comme une communauté.

 

Généralement, il n'y pas une maison seule mais un ensemble de tulou, qu'on appelle cluster. Ils peuvent être circulaires, carrés, rectangulaires, ovales, ... Cependant, ce sont les deux premières formes qui sont les plus fréquentes. La circulaire est la plus spectaculaire et impressionnante. Surtout quand on entre dedans et qu'on s'imagine cette vie en communauté. Certains tulou peuvent accueillir 800 personnes ... La forme ronde favorise la solidarité selon mes lectures. Personnellement, je compare cela à un grand gâteau qu'on coupe en parts égales. Chacun a son morceau autour de la cour centrale. Cette cour est le coeur du tulou, lieu de vie et de socialisation. Au rez-de-chaussée, vous trouvez les cuisines intérieures ou extérieures ; au premier, l'espace de stockage et aux étages supérieurs les chambres. Pour accéder aux étages, vous devez prendre les escaliers et couloirs communs (comme dans nos appartements). Dans la cour, vous pouvez avoir d'autres bâtiments construits en cercles concentriques qui abritent des écoles, temples des ancêtres ou encore une salle de réunion pour de grands événements (mariages, ...). En pénétrant dans ces forteresses, on se dit que la bonne entente entre voisins est primordiale.

 

Il y aurait encore environ 3.000 tulou dans la province du Fujian. Depuis juillet 2008, 46 ont été inscrits au patrimoine de l'humanité de l'Unesco. Au vu des autoroutes et des complexes hôteliers en phase de construction, cette région sera bientôt beaucoup plus touristique. Mais en vous aventurant hors des sentiers battus, vous aurez encore la chance de découvrir ce mode de vie traditionnel. 

 

Après cette petite mise en bouche (j'avais dit que je le faisais court), place à notre voyage. Il nous a fallu un peu moins de trois heures de voiture pour arriver à Chuxi. Sur la route, on s'émerveillait déjà : "Alex, Arnaud, regardez, des maisons tulou !" Et des tulou, on en a vu ... un peu, beaucoup, énormément 😀 Situé dans un magnifique cadre de collines boisées, le village de Chuxi compte cinq bâtiments circulaires et plusieurs carrés. Après avoir gravi la colline pour prendre une photo (des photos ?) aérienne, nous avons traversé la rivière pour entrer dans notre premier tulou : grand moment ! C'est étrange de se dire que des gens habitent ici. C'est complètement différent de notre canevas. Nous avons visité le Jiqing Lou. Il serait vieux de 600 ans et construit sans un seul clou. Il est non habité et abrite un musée expliquant la culture hakka, les constructions, les matériaux utilisés, les traditions, ... Les enfants ont adoré déambuler dans les couloirs en bois, se cacher dans les nombreuses pièces et me faire peur avec la poupée abandonnée (oui, j'ai peur des poupées mais aussi des clowns à cause mon frère Dominique). On a eu droit à des séances photos avec les Chinois (chose qui était devenue assez rare depuis le Covid). Nous avons également goûté une friandise typique de là-bas, adorée par le petit garçon en rouge mais un peu trop sucrée pour nous.

 

Après ces premiers pas en terre inconnue, nous nous rendons à Taxia dans la Vallée du Shuyang. Nous dormirons deux nuits dans le tulou Weiqunlou Inn tenu par Monsieur Zhang et sa famille. Tant qu'à faire, on se la joue à fond : vive l'authenticité et les lits bien durs 😜 Après avoir observé les locaux travailler et les poules picorer dans la cour, nous allons nous balader. Lové dans la vallée, Taxia est considéré comme l'un des quinze villages les plus pittoresques de Chine car il concentre vingt maisons fortifiées qui bordent la rivière. Nous découvrons le Temple des Ancêtres Zhang (Deyuan Ancestral Temple) qui domine le village. Construit à la fin des Ming, ce temple est simple et élégant. Il est entouré de 21 stèles en pierre finement sculptées pour célébrer les exploits de ancêtres Zhang. Nous avons même eu droit à un spectacle de marionnettes. Un tout grand moment ! Ensuite, nous avons rencontré des petits enfants en plein travail, une boutique avec des serpents en vitrine et des massages à base de leur venin on pense, ... Notre guide, Sophie, avait réservé le restaurant pour six heures. Belle pré-soirée avec les enfants. A 19 h 00, notre petit ventre bien tendu, on se dit : "On fait quoi ? " Car ici, il fait calme, très calme. On laisse les enfants jouer aux jeux vidéos, on va faire une balade digestive histoire de se mettre encore trois kilomètres supplémentaires pour notre challenge sportif (J'me bouge pour mon club, à savoir le TT Saint-Georges). Il est seulement 19H40. On rentrera tranquillement dans notre tulou qui a pris des couleurs magiques avec ses lanternes allumées. Bref, on se fera une soirée James Bond et dodo avec les poules. 

 

Après une bonne nuit et une patate douce au petit-déjeuner, direction Yuchanglou (village de Xiaban). Ce tulou construit en 1308 est l'un des plus anciens encore debout. Il est déjà impressionnant de l'extérieur avec ces cinq étages mais c'est un grand ouaww quand nous passons l'unique porte et accédons au coeur de cette forteresse. Suite à une erreur de calcul lors de sa construction, ses piliers sont penchés et il est ainsi surnommé le bâtiment en zigzag (ou tulou incliné). Il comporte 270 pièces. Il possède également son propre réseau d'eau. Toutes les cuisines disposent d'un puits. Il était coupé en cinq compartiments ou résidaient les cinq clans fondateurs. A ce jour, ce tulou est habité par une centaine de personnes. Les locaux vivent du tourisme en vendant thé, photos, souvenirs, ... Nous avons apprécié la cérémonie de thé et l'accueil souriant des locaux. Nous nous sommes baladés dans les étages supérieurs pour donner une autre dimension à nos découvertes et nous imprégner de cette vie si particulière. 

 

Si vous avez déjà vu des photos des tulou, c'est sûrement celles du cluster de Tianluokeng (village de Shangban). C'est l'un des ensembles les plus pittoresques et les mieux conservés de la région. Les habitants surnomment ces cinq bâtiments "quatre plats et une soupe" car ils ont trois formes : circulaire, carré et ovale. Selon la philosophie chinoise, ils représentent les cinq éléments : métal, bois, eau, feu et terre. Pour d'autres personnes, ce cluster ressemble aux anneaux olympiques.  Il y a aussi une légende  (ou non) qui dit que pendant la guerre froide, des satellites ont détecté ces drôles de maisons. En fait, la CIA pensait que c'était des silos à missile ... Logé sur la montagne de Hudong, cet ensemble offre en effet une scène mystérieuse. Nous n'étions pas les seuls à vouloir prendre la photo "carte postale". Après avoir un peu poussé des coudes et souri pour les photos des Chinois, nous avons cette vue imprenable. Magique et mystique. 

 

Allons voir cela de plus près et entrons dans les cinq tulou. Ici, c'est un joyeux "bordel". Hyper vivant et animé. Entre les peintres, les enfants qui courent, les marchands de nouilles, les lanternes rouges, le linge qui pend et les chaises colorées en plastique, le contraste est flagrant avec l'extérieur imposant et sobre. On retrouve cette vie en communauté dont je vous parlais plus haut. Ça discute, ça cuisine, ça lave, ça court, ... une vraie vie de village. C'est cool car il n'y a pas trop de monde et nous pouvons observer cette manière de vivre sans les mégaphones des groupes touristiques. So lucky 🍀 

 

Après un petit plat de nouilles, nous nous rendons à Shiqiao, village authentique et peu touristique. En fait, un vrai bled et le véritable coup de coeur des petits Back. On entre dans le tulou de Shunyu et ce dernier retient toute notre attention. Ici, pas de petites boutiques. Ici, pas de pavés mais un vaste terrain vague de 74 mètres de diamètre entouré d'une énorme bâtisse avec 384 chambres. Impressionnant ! Il faudra y aller par vous-même car les photos et le film ne permettent pas de faire ressortir cette immensité. Certains villageois cuisinent ou préparent leur alcool de riz. Le calme règne. L'atmosphère est étrange. Le ciel bas et gris amplifie ce côté mystérieux. Un moment, Sophie nous demande si on souhaite rentrer à l'hôtel. Il est seulement 15h00 et on lui dit : "Des Tulou, des tulou, on en veut encore". Alors, on décide de monter dans le village. On fera la connaissance d'une vieille dame de 93 ans qui tient la garde devant son tulou. L'intérieur de ce dernier est assez comique car certains ont construit de véritables bâtiments dans la cour. Le service de l'urbanisme belge aurait de quoi se mettre sous la dent ici !

 

On continue notre ascension et on s'écarte du village. Les tulou semblent abandonnés mais la nature a repris ses droits et ce sont les chauves-souris 🦇 qui se baladent ici. Les enfants adorent et passent d'une pièce à l'autre. Il reste des cadres au mur ou des bols sur le sol. Alex se prend pour un metteur en scène nous fait des "creepy movies". So scary 😱. Personnellement, je n'aimerais pas me retrouver la nuit là-bas. On restera plus d'une heure dans cette maison désertée. Sophie apprécie aussi et me dit qu'elle reviendra avec son fils. On se baladera aussi dans les champs de bananiers.

 

Retour à la civilisation avec les dames travaillant dans les champs, les personnes nous proposant de goûter leur alcool local (non merci 😊) et ce groupe de mamys discutant. Les photos sont un peu floues mais elles étaient hyper marrantes. Je pense que celle avec la veste rouge tient la baguette à la maison. Nous nous arrêtons ensuite dans la seule guesthouse du village. Magnifique endroit. J'ai l'adresse si vous souhaitez vous perdre à Shiqiao. 

 

La journée touche à sa fin. Les enfants ont leur dose de tulou. Nous ferons un dernier tour à Taxia. Si vous ne voulez pas dormir dans un tulou, il y a un hôtel avec piscine et même un flamant rose, le grand luxe 🦩🦩🦩. De là, vous avez une vue sur notre hébergement. Personnellement, nous avons bien aimé cette expérience avec les poules et chats dans la cour. On ne ferait pas notre quarantaine dans cette micro chambre mais pour deux nuits, c'est top ! 

 

Allez, il est temps de vous dire à bientôt pour de nouveaux paysages. J'espère que vous vous souviendrez du mot tulou car je ne sais pas combien de fois je l'ai écrit dans cet article 😃 

 

Au vu des annonces belges,  la situation s'améliore. Profitez bien de vos familles et amis. On pense très très fort à vous malgré la distance.

 

Gros bisous

 

La Back Family

 

PS : j'ai eu quelques difficultés à trouver un titre lié à une chanson. Donc, je me la suis fait petit joueur 😉 Et vous, Tulou or not Tulou ???

 

 

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Notre première Tulou - Jiqing Lou
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Juste magique
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Vous voyez-vous vivre dans ce style de maison ?
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Chauves-souris 🦇 🦇 🦇 🦇
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My Shangri-La beneath the summer moon, I will return again

La rentrée scolaire pointe son nez, le homeschooling touche à sa fin et il serait temps que je clôture nos aventures dans cette magnifique région du Yunnan. Clap de fin sur Shangri-La, aux portes du Tibet.

 

Nous quittons la ville de Lijiang pour le Nord. Pendant notre trajet, nous organisons le retour des enfants à l'école (hum, hum). On nous informe que les Covid-tests réalisés à Lijiang ne sont pas valables et qu'il faudra en refaire à notre retour. Seuls ceux de Pékin sont acceptés ... On fera avec et on regarde par la fenêtre pour nous changer les idées. Le trajet est un peu plus long que prévu suite à de nombreux travaux et détours. Cependant, la vue est splendide. Nous quittons les falaises verdoyantes et les champs étagés de Wumu pour les hauts plateaux herbeux et les montagnes enneigées en toile de fond. Nous découvrons des stupas (chorten en tibétain) blancs et les fameux drapeaux de prières colorés. On arrivera avec deux heures de retard au rendez-vous avec notre guide bien local. Au programme, une balade à 4000 mètres d'altitude. Nous devrons laisser la voiture plus rapidement que prévu suite aux plaques de glace sur le chemin ; ce qui n'est pas pour déplaire aux enfants. Nous voilà donc partis pour l'ascension de la Montagne QianHu (Montagne aux milles Lacs) appelée par les Tibétains "Lamudongcuo" qui signifie Le Lac aux mille fées. Selon la légende, une fée aurait cassé son miroir et tous les fragments tombés dans la vallée se sont transformés en lacs. Ils ont tous des formes et tailles différentes. Alexandre et moi sommes un peu en difficulté. Les questions dans ma tête ne se sont pas évaporées la nuit précédente malgré l'application oxygène de notre hôtel 😃 Mais le grand air nous fera vite du bien et vu la fameuse cadence de notre guide, on ne peut que le suivre. On ne sait pas trop lui donner un âge. 65 - 70 ans ? En tout cas, il a la forme. Pendant la montée dans une forêt dense, nous rencontrons un troupeau de vaches, yaks ou zooms. Je ne parviens pas trop à voir les différences malgré un papa vétérinaire 😊 Finalement, après une ascension d'une heure trente, nous arrivons dans une magnifique clairière. Yin Yun Xi m'indique qu'au printemps, cet espace est rempli de fleurs de toutes couleurs. On parle de mer de rhododendrons. Même sans fleur, c'est splendide. Que nous sommes chanceux de pouvoir découvrir une si belle région ! Nous sommes seuls dans cette nature à couper le souffle. Le vent frappe mais on le combat. On continue à avancer. La fatigue est partie et les sourires sont revenus. Les enfants courent, glissent, vont voir les petites cabanes en bois. Nous ne sommes pas incommodés par l'altitude. Nous sommes allés crescendo en deux semaines et c'est la bonne stratégie pour apprécier au mieux cette région. Après avoir traversé la clairière, nous nous enfonçons dans une forêt vierge aux arbres tortueux. Ce décor me fait penser à ceux de Disney quand les pauvres princesses traversent des bois sombres et se trébuchent sur les racines ... Aujourd'hui, pas de brume même si cela doit ajouter une ambiance mystique à ce lieu. La cerise sur le gâteau, c'est ce lac miroir, gelé en partie. Il s'appelle Daheihu (Big Black Lake). Comme un moment suspendu avec ses eaux tranquilles, ce soleil éclatant, ce ciel azur et les montagnes ♥️ On y resterait des heures mais le temps passe. Nous devons déjà faire demi-tour. Ce serait cool de passer une journée complète sur ce site et découvrir la centaine de lacs (enfin, quelques uns). Le ciel prend les couleurs de fin de journée. La descente se fait dans la joie et la bonne humeur. Nous quittons notre guide local et mettons le cap sur Shangri-La (3200 mètres d'altitude), située à une cinquantaine de kilomètres. Nous voilà aux confins de la Chine, dans les contreforts de l'Himalaya !

 

Il y a une vingtaine d'années, Shangri-La était encore nommée Zhongdian. Initialement, Shangri-La est un lieu imaginaire et mythique inventé par James Hilton dans son roman Les Horizons perdus (1933). Il conte l'histoire de quatre rescapés d'un accident d'avion qui découvrent une vallée fertile au milieu des magnifiques montagnes avec en toile de fond l'Himalaya. Les habitants y vivent en paix, coupés du reste du monde en harmonie complète avec la nature. Ils sont recueillis par des moines se consacrant à la méditation. Ce livre et son adaptation cinématographique ont eu un énorme succès. Shangri-La est devenu un terme pour décrire un paradis sur terre, un lieu de calme et de volupté. Même Led Zeppelin, Mark Knopfler, AC/DC ou encore une chaîne hôtelière utilisent ce terme. Les Chinois ne pouvaient pas passer à côté de cette poule aux oeufs d'or. Le passage de Zhongdian à Shangri-La a eu un impact économique considérable avec les bons et mauvais côtés. Les Tibétains de Shangri-La voient leur culture perdre en authenticité, des infrastructures "à la chinoise" poussent de partout. En 2014, la moitié de la vieille ville est partie en fumée suite à un défaut électrique. Heureusement, pas de victimes mais une ville à l'état de cendres (plus de 250 bâtiments détruits). Selon les habitants, cela devait arriver suite au rythme effréné du développement commercial de la ville ...

 

Je m'attendais à voir une ville très touristique comme Lijiang ou Dali mais nous avons trouvé nos quelques heures là-bas bien paisibles. Bon, nous sommes arrivés seulement à 19H30 le jour du réveillon de Nouvel An. Le temps de passer quelques coups de fil à la famille et de poser nos valises, il était temps de trouver un petit restaurant. On ne s'attendait pas à trouver une table facilement. La réceptionniste de l'hôtel (Arrow Kampa) nous accompagne jusqu'au Flying Tiger à quelques mètres de l'hôtel. Quelle surprise de se retrouver avec une carte occidentale, une play-list musicale de feu et un accueil hyper chaleureux. Ce restaurant est tenu par un jeune couple Franco-Chinois. Le restaurant est plein, l'ambiance conviviale, ... Quand on vit depuis deux ans en Chine, c'est aussi un plaisir de retrouver nos petites habitudes : manger entrées, plats et desserts séparément ; prendre son temps et apprécier. Bon, les hamburgers des enfants étaient quand même à la viande de yak : délicieux ! Il y avait même de la raclette et on s'est dit qu'on se la gardait pour le premier janvier. Nous avons apprécié notre réveillon en famille dans ce restaurant cosy. Nous avons discuté avec nos hôtes hyper souriants et joué avec leur petite fille. Comme beaucoup de bébés rencontrés, ils sont installés sur le dos de la maman pendant qu'elle cuisine ou travaille. A notre retour à l'hôtel, nous avons eu droit aux feux d'artifice derrière le Temple Guishan. Nous nous sommes endormis le sourire aux lèvres en pensant à cette année 2021 qu'on espère meilleure. 

 

Le jour de l'an, nous avons rendez-vous avec notre guide local pour une marche matinale. Il fait moins 8 degrés, ça pique 🥶  Pendant quatre

heures, nous nous baladons à travers collines, vallées, prairies, forêts, petits villages perdus, sommets enneigés. Il n'y a personne. Nous croisons juste des zooms (mélange entre un yak et une vache) et des chevaux. Notre guide, issu de la minorité tibétaine, nous explique sa vie, ses traditions, sa culture, sa religion, sa philosophie. C'est super intéressant. Nous admirons les nombreux chortens avec les drapeaux de prières colorés s'agitant au gré du vent. Nous rencontrons de vieilles dames à la peau tannée par le soleil. Elles transportent des branches sur leur tuk-tuk. Une autre dame ramasse les bouses de yak, utilisées comme combustible. Elle nous accompagnera un moment et sera étonnée par la blancheur de nos peaux. Même si on ne se comprend pas, les échanges de sourires et de regards suffisent. 

 

L'après-midi, nous visitons le Monastère tibétain Songzanlin (Ganden Sumtseling Gompa). Adossé à une colline, entouré des maisons des moines, ce temple est connu sous le nom du "Petit Potala" de par sa ressemblance avec celui de Lhassa. Fondé en 1679 sous le règne du cinquième Dalaï Lama, il représente la plus grande lamaserie (monastère bouddhiste tibétain) active des "Bonnets Jaunes". Il abrite encore six cent moines qui étudient la philosophie et les textes bouddhistes. Pendant une heure, nous visitons les salles intérieures avec les explications très claires de notre guide. Nous sommes impressionnés par les couleurs des peintures murales et la taille des statues. Les fresques racontent la vie de Bouddha et la "roue de la vie" qui dépeint les six royaumes de l'existence ; le paradis, le demi-dieu, l'humanité, l'enfer; les fantômes affamés et les animaux. Le centre de la roue symbolise les trois branches de la vie : l'ignorance, la haine et l'avidité. Chaque détail a une signification. C'est super enrichissant même si j'oublie énormément (excusez-moi 😅). Nous ne pouvons pas vous faire partager ces moments car les photos y sont interdites. Nous sortons sur la place centrale et observons les moines danser avec cette musique si spécifique (entêtante ?). Les couleurs sont splendides : entre le jaune, le blanc et le noir du monastère, les robes rouges des moines et ce ciel bleu éclatant ... Le temps est à la méditation 🧘‍♀️ 

 

Après ce plongeon dans l'univers bouddhiste, nous quittons notre guide et nous promenons dans la vieille ville de Shangri-La. Nous visitons le Temple Guishan (Guishan Si) qui surplombe la ville. Les enfants tentent de faire tourner l'énorme moulin à prières, haut de 21 mètres et pesant soixante tonnes. Avec quelques Chinois, ils parviendront à le faire bouger autour de son axe. Ils sont super fiers 😃 Ce moulin serait rempli de mantras et trésors mais également le plus grand du monde. Nous avons apprécié la vue sur la ville avec la brise du vent frappant les drapeaux de prières. Nous nous sommes ensuite baladés dans les petites ruelles pavées, avons découvert les petites places. Les bâtiments ont été reconstruits selon l'architecture tibétaine avec deux étages à base de bois finement sculpté. Une atmosphère calme y règne. Il y a très peu de touristes en cette période. Nous décidons de prendre un verre sur une terrasse et un mini snack pour garder de la place pour le repas du soir. Nous regardons les enfants chinois courir, les locaux discuter, ... Nos deux loulous jouent aux cartes et rigolent comme des fous. Parfait !

 

Malheureusement, le Flying Tiger est fermé ce premier janvier ... Nous nous retrouvons dans un restaurant typique avec une fondue au yak et des raviolis au yak bien sûr. C'est délicieux. On se la joue à fond même si on n'a pas craqué pour un thé au beurre de yak ! Derrière nous est rassemblée une famille locale, toutes générations confondues. C'est beau de voir l'attention portée par les jeunes aux aînés. Nous sentons la fatigue de nos deux semaines dans cette splendide province. Nous n'irons pas danser avec les locaux sur la grand place. Une autre fois peut-être ? Après Nuodeng (et son jambon), Wumu (et ses paysages), Shangri-La est notre troisième coup de coeur ♥️ de ce voyage dans le Yunnan. Il y a encore tellement de choses à explorer. Je reprendrai ainsi les paroles de Cachemire de Led Zeppelin : "My Shangri-La beneath the Summer moon, I will return again" . 

 

A notre retour, nous sommes remplis de luminosité pour affronter la morosité pékinoise. Sur le trajet du retour de l'aéroport, nous avons appris que les enfants recommençaient l'école en homeschooling. Deux mois après, les nouvelles sont positives avec une réouverture de toutes les écoles ce lundi premier mars ! Youhou 🤩 🎉 🙌 

 

A très bientôt pour des aventures glacées dans les environs de Pékin.

 

Gros bisous à vous tous de nous quatre. On pense fort à vous

 

La Back family

 

PS : Cet article a été écrit au son de Daft Punk qui a présenté son épilogue après 28 ans de musique avec laquelle nous avons grandi. Rollin' scratchin restera un monument de notre vie étudiante au "Deux Sess", lieu de ma première rencontre avec Gilles (Merci Pawel).

PS : Nous remercions Ciel Yunnan  pour l'organisation de ce splendide voyage ainsi que notre chauffeur Yin Yun Xi qui nous a accompagnés les deux semaines. 

PS : Nous avons une pensée émue pour la famille et les proches de Guillaume de Penfentenyo qui nous a si bien accueillis ainsi que son épouse et leur petite fille au Flying Tiger. Nous avons appris quelques semaines après notre retour son décès accidentel le premier janvier ... Il avait 32 ans. Nous gardons en mémoire son fameux sourire quand il a quitté le restaurant avec sa petite Maloë accrochée à son dos.  💔 

 

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Balade à 4000 mètres et rencontre d'un troupeau de Zoom
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Tourne, tourne le moulin à prières
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Musique des Bonnets jaunes
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It’s a beautiful day. Don’t let it get away ♥️

Découvrez une multitude de paysages et de couleurs entre glaciers, rivières, plaines et montagnes. Bienvenue à Wumu, Yulong XueShan and much more ...

 

Après un passage express à l’hôpital de Lijiang pour un test Covid, nous sommes prêts pour la suite du voyage. Lijiang, située à 2400 mètres d’altitude, est un des sites les plus touristiques du Yunnan. C’est également la capitale de la minorité ethnique Naxi. Originaires du Nord-Est du Tibet, peuple nomade à la base, ils ont finalement déposé leurs tentes dans cette région du Yunnan. Pour les Naxi, le pouvoir des mères et des femmes dépassait celui des hommes  (sauf le roi). Les femmes ont toujours une place prépondérante dans leur culture. Leur religion repose sur un mélange d’animisme, de lamaïsme tibétain et de chamanisme. Le Chaman (appelé Dongba comme leur religion) joue un rôle central pour les Naxis, car il est le gardien des traditions. Ils ont également une écriture dongba typique. En effet, c’est la seule écriture pictographique utilisée de nos jours. Les Naxi sont très respectueux de la nature. Elle leur rend bien car les paysages sont splendides.

 

Ce jour, nous nous baladons dans le Parc de l’Etang du Dragon Noir (Heilongtan Gongyuan). Il offre une vue splendide sur la Montagne enneigée du Dragon de Jade. Nous grimpons sur le Mont de l’éléphant (Xiang Shan) pour observer l’étendue de la ville de Lijiang et son environnement montagneux. De nombreux bâtiments traditionnels colorés, des ponts, un lac transparent avec en arrière-plan la montagne, l’ensemble forme un véritable paysage de carte postale. Que demander de plus ! 

 

Nous passons ensuite par Baisha, ancienne capitale du Royaume Naxi. Nous découvrons les  fresques datant des dynasties Ming et Qing. Elles sont en rapport avec la religion. La particularité est que le Bouddhisme, le Taoïsme et le Lamaïsme sont tous les trois représentés. Les peintures ont été conçues par des personnes de différentes ethnies. Elles montrent des scènes de vie quotidienne. L’environnement autour de Baisha est superbe. La plaine jaune, les lacs, le ciel bleu éclatant et les montagnes ... C’est un paysage de rêve pour les futurs mariés qui prennent la pause sur les chevaux. 

 

Nous posons nos valises pour une nuit à Shuhe, petite bourgade à cinq kilomètres de Lijiang. La guesthouse “The Bivou” est top. Après un petit apéro et un repas occidental avec notre tribu, Gilles et moi allons nous balader. Les petits préfèrent rester dans la salle TV et regarder Prométheus ... Comme leur papa, ils sont fans d’Alien. Shuhe est une succession de petites ruelles pavées, bordées de boutiques de souvenirs et de restaurants. J’ai quand même craqué pour deux capes colorées. Elles vont vous suivre dans la suite de nos aventures 😊 

 

Après un petit-déjeuner un peu administratif suite aux envois de nos passeports, QR codes santé multiples et nos Covid tests négatifs (ouf) pour obtenir nos tickets d’entrée, nous prenons la route vers Yulong Xueshan (Montagne enneigée du Dragon de Jade). De loin, la montagne aux treize sommets coiffés de neiges éternelles ressemble à un dragon volant au milieu des nuages. Chanceux comme nous sommes, le dragon domine plutôt un ciel bleu azur. Ce site est un immense parc naturel dont les plus hauts sommets dépassent les 5.500 mètres d’altitude. Shanzidou (5596 mètres) n’a fait l’objet que d’une seule expédition tant son ascension est dangereuse. La faune et la flore ont la part belle. Plus de 3200 variétés de plantes dont certaines médicinales sont répertoriées. Nous avons rendez-vous avec notre guide, Bruce. Généralement, les Chinois prennent des nicknames assez américains. Beaucoup de Sharon, Kevin, James, ... fleurissent dans notre répertoire téléphonique. Nous prenons le téléphérique Maoniuping qui nous amène dans une forêt aménagée. Nous marchons sur les caillebotis pendant trente minutes avant d’arriver dans une vaste plaine avec en toile de fond la montagne. C’est très beau, la vue sur la montagne dégagée. Nous faisons le tour et puis redescendons voir la Vallée de la Lune Bleue (Lanyuegu - Blue Moon Valley).  Non, ce n’est pas le lieu de tournage des Schtroumpfs mais du coup, j’écoute quand même Blue Moon d’Elvis 🎵. Le lac a la forme d’un croissant de lune. On découvre aussi des cascades en escaliers sur lesquelles coulent des eaux émeraudes. C’est féérique. Nous avons eu la chance de voir ce lac turquoise. C’est tellement surprenant qu’on se demande s’ils n’ont pas versé du colorant dans l’eau. Pendant la période des pluies, en été, le lac prend une couleur blanchâtre (n’est-ce pas Marie ?). Comme sur beaucoup de sites chinois, tout est aménagé pour avoir de splendides photos. Jeunes mariés et filles en costume traditionnel se ruent autour du lac en prenant les plus belles poses. Bon, je l’avoue, après quasi trois ans, nous sommes devenus un peu chinois pour les photos. 

 

En chemin, nous croisons des groupes avec leurs vestes de location. Il y a des groupes rouges, verts, bleus et toujours une bouteille d’oxygène en main ... Ça nous intrigue. Nous aussi, nous avons envie de tester l’altitude de 4680 mètres. On en parle avec Bruce et Ciel Yunnan (notre agence super réactive) et on se dit à dans deux jours. Après Wumu, nous tenterons l’ascension du glacier. Oh yeah 😊 

 

Nous avons skippé le spectacle “Impression Lijiang” créé par le réalisateur de “Femmes et Concubines” pour prendre la route vers Wumu. Long trajet sinueux de 120 kilomètres à travers les montagnes et rizières. Mon estomac n’a pas tenu et nous avons eu la chance de nous arrêter quelques fois pour admirer cette magnifique région. Les villages à flanc de montagnes, les routes  étroites nécessitant des manoeuvres complexes, la végétation, les falaises. Rien que le trajet vaut le coup. Wumu, c’est notre deuxième gros coup de cœur du Yunnan (avec Nuodeng). Comme dirait Daho (que j’ai déjà cité maintes fois. Oui, je dois changer de disques 😊 Envoyez-nous vos coups de cœurs musicaux du moment) : “Il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous, pas de coïncidence.“ Wumu, on n’y vient vraiment pas par hasard. En manque de silence, ciel étoilé, paysages à couper le souffle, accueil chaleureux ? Bienvenue au Huahuasei Lodge. Construit en 2013 par un couple Naxi-Belge (Jeff et Wendy), cette guesthouse est un havre de paix.  Wumu signifie Place de l’Abondance ; Huahuasei, se sentir joyeux et sans tracas. Ce fut notre état d’esprit des vacances malgré le stress Covid de la capitale. Wumu a une histoire de plus de 800 ans. Trois cent familles vivent essentiellement de l’agriculture. Beaucoup élèvent des cochons, mulets, poules, vaches ... Ils cultivent du riz, des lentilles, du tabac ainsi que des fruits et légumes. Les habitants vivent humblement et les traditions Naxi sont bien ancrées. 

 

L’auberge est simple et confortable. La vue de la terrasse est splendide. La montagne escarpée et au milieu coule une rivière : la Jinsha Jiang (Golden Sand River, Fleuve du Sable Doré). Ce soir, avant notre repas, Gilles, Yin Yun Xi (notre chauffeur) et moi décidons de nous balader dans les rizières pour admirer le coucher de soleil. Parfait. On y retournera le lendemain en soirée avec Arnaud. Nous passons une soirée tranquille après un bon repas traditionnel.

 

Le matin, nous avons rendez-vous avec notre guide locale. Toute colorée avec son pull jaune, son chapeau rose et son grand sourire. A la base, elle est infirmière mais n’exerce pas. Elle élève des cochons noirs et accompagne les touristes dans les randonnées. Pendant deux heures, nous descendons un sentier jusqu’au fleuve. Les couleurs sont splendides. En bas nous attend un bateau. Nous aurons la chance d’écouter nos enfants chanter Wham ou Feliz Navidad, en mode croisière. Malgré l’éloignement de nos familles, nous gardons l’esprit de Noël et pensons énormément à eux. Merci les petits Back ❤️. Nous sommes seuls et nous nous émerveillons devant ce spectacle. Le ciel nous sort le grand jeu. Il y a comme un arc-en-ciel autour du soleil. Est-ce un halo lumineux ? Nous n’avons jamais vu cela.  Et vous ?

 

La sortie du bateau sera épique. Arnaud marche sur la terre qu’il croyait dure et s’enfonce complètement dedans. Moi, sans réfléchir 🤔 (la spontanéité a ses limites), je vole à son secours. Ma chaussure disparaîtra dans la boue. Du coup, Gilles notre sauveur, lance des pierres et une planche en bois pour récupérer femme et fils. Reste à laver tout cela au bord de la rivière avant notre ascension vers Baoshan Stone Village. L’air de rien, ça monte. En chemin, nous croisons l’arbre des dix commandements, un bananier, des cactus ... On voit le village au loin avec ses centaines de maisons étroitement collées à flanc de collines. Les petites ruelles sont sinueuses et abruptes. Nous rencontrons les locaux discutant sur la place, jouant aux cartes ou portant des provisions. Nous échangeons des sourires. L’ambiance est paisible. Nous mangeons dans une auberge avec une vue splendide. Les mets sont toujours variés et équilibrés. Yin Yun Xi nous a rejoints. Nous reprenons la « route » vers Wumu. En fait, c’est plus une piste de terre avec des trous et des pierres. Au départ, on nous avait annoncé trois heures de trajet mais en moins de deux, nous retrouvons notre logement. Après notre marche nocturne avec Arnaud, un super repas et un dessert préparé par des Français, on s’endort avec des souvenirs magiques. En tout cas, merci pour l’accueil (PS : Wendy, j’espère que vous serez vite de retour à Wumu auprès de votre famille Naxi). A vous chers lecteurs, nous vous conseillons de prendre les routes en serpentins pour trouver ces villages encore préservés. 

 

Il est temps d’aller explorer les sommets et de défier l’altitude. Retour à Yulong Xueshan. On retrouve Bruce au téléphérique du Glacier. Vu qu’on nous a conseillé à maintes reprises de prendre de l’oxygène, nous voilà munis de puffs. Effet psychologique ou réelle aide ? Je ne sais pas. En tout cas, le commerce marche bon train en Chine. La plupart des gens se baladent avec des vestes louées et des bonbonnes.  Dans la file du téléphérique, les personnes se font déjà des shoots. Les petits essaient. Ça les fait rire. Dans notre bulle, nous regardons le paysage qui s’offre à nous. On se réjouit de partager cette expérience. Le téléphérique s’arrête à 4506 mètres. Nous devrons gravir les centaines d’escaliers qui nous mènent au sommet de 4680 mètres. On a prévenu les enfants de ne pas courir, de se la jouer cool et de prendre leur temps. Lors de nos premiers pas, on a les jambes un peu flagada. Ça fait une drôle d’impression. Est-ce qu’on a mal à la tête ou est-ce juste dans la tête ? Allez, donne moi de l’oxygène ! Autour de nous, des personnes sont assises ou couchées sur les marches. Certaines n’ont pas l’air de se sentir si bien. D’autres montent avec leur masque sur le nez qu’ils retirent pour se mettre un puff ... Étrange. Finalement, après quelques minutes, on gravit les escaliers sans difficulté. On admire la vue imprenable sur le glacier et la plaine. Le temps est magnifique et tout est dégagé. Étonnamment, il ne fait pas si froid. En vingt minutes, nous atteignons la dernière plateforme. Comme vous pouvez le constater, tout est super aménagé. Nous ne faisons pas la file pour la photo vu qu’il y a au moins dix endroits où nous pouvons avoir un panneau indiquant 4680 mètres. Il faudra encore un peu d’entrainement pour atteindre les 4809 mètres du Mont Blanc. Un projet pour le futur ? Toujours avoir des rêves en tête, surtout en cette période complexe. 

 

Voilà, nous pouvons mettre un check ✅ sur notre to do list. On a survécu à l’altitude. Nous redescendons vers Lijiang. Cette fois-ci, nous dormons dans la vieille ville et passons notre fin de journée à nous balader dans les ruelles bruyantes et colorées. De nombreux ponts  en pierre enjambent les canaux. Les boutiques de souvenirs, les restaurants et les cafés avec groupes de musique s’enchaînent. Dans nos guides, ils indiquent que Lijiang attire plus de huit millions de visiteurs par an et qu’il est parfois difficile de se frayer un passage dans ses ruelles tortueuses. Vu la basse saison, il fait calme mais on sent le caractère touristique et commercial de la ville. N’hésitez pas à passer la tête dans les magnifiques boutiques hôtels pour admirer l’architecture et la décoration. Levez les yeux pour contempler les ombrelles colorées. Amusez-vous des spectacles dans les bars. La danse du ballon de baudruche est une première pour nous. Ça a beaucoup fait rire les enfants. Après notre repas et balade digestive, nous avons fini la soirée dans un petit bar sympa. Les musiciens étaient très cools et ont adoré jouer aux jeux vidéos avec les enfants. Une ambiance paisible pour terminer ces quelques jours. 

Ah oui, un truc marrant dans l’hôtel. A côté de l’air co, il y a une option oxygène. On ne sait jamais ...

 

Demain, nous montons dans le Nord, à la frontière du Tibet pour nos deux dernières nuit dans le Yunnan. A très bientôt pour découvrir Shangri-La, notre troisième coup de coeur ♥️ 

 

On pense bien à vous. Donnez-nous de vos nouvelles. Belles vacances de Carnaval en famille.

 

La Back family

 

PS : Allez un petit U2 pour cet article. Je n’avais jamais remarqué que Bono parlait de la Chine, de la boue, de voir le monde en vert et bleu ! A voir les photos, c’était la chanson toute trouvée.   « It’s a beautiful day, don’t let it get away » 🥰 A combiner avec Magnificent pour mon amoureux depuis 20 ans : « I was born to be with you in this space and time » ♥️ 

 

 

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Chantez Wham avec les petits Back !
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La danse des baudruches, c’est par ici !
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Eye of the tiger

Les journées au Yunnan ont été hautes en couleur : temples rouges, ciel éternellement bleu, statues dorées, champs de thé vert, singes aux yeux vairons et que dire de Gilles ...

 

On refait nos valises pour vous emmener à Dali. Située entre les Montagnes Cang Shan (Mont de Jade culminant à 4000 mètres) et le Lac Er Hai Hu, Dali était il y a encore quelques années “The place to be” pour les baroudeurs. Aujourd’hui, les magasins et bars fleurissent dans la vieille ville. Nous visitons le Temple des Trois Pagodes de Chongsheng (Chongsheng San Ta Si). Celles-ci sont le symbole du Yunnan et représentent l’un des plus anciens édifices du sud-ouest de la Chine. La plus haute, la Pagode Qianxun compte seize niveaux et mesure 70 mètres. Elle est un témoin de l’architecture Tang et date du dixième siècle. A côté, ses petites sœurs construites un siècle plus tard mesurent 42 mètres. A elles trois, elles forment un triangle. C’est un miracle qu’elles aient survécu à toutes les guerres et tous les séismes. Derrière elles se dresse le Temple bouddhiste de Chongsheng. C’est un immense ensemble de marches, de temples et de pavillons dans un parc verdoyant. Il a été entièrement reconstruit après le séisme de 2005. Les statues, les portes et les toits sont impressionnants. On a aimé se perdre et analyser les 500 statues dorées représentant des moines. Les bâtiments sont à perte de vue. Quand il y en a plus, ben, il y en a encore (dirait Stromae). On a passé trois heures sur ce site. 

 

Ensuite, Yin Yun Xi, notre chauffeur, nous propose de visiter l’église catholique. Après quelques détours, on arrive devant une sorte de temple avec une croix sur le toit et des fresques relatives à la naissance de Jésus. Ça rappelle des souvenirs de l’école Saint-Paul aux petits, quand ils devaient aller à la messe ... Du coup, ils parlent de la Belgique, des choses qu’ils aiment ou non. Bon, on leur annoncera la nouvelle du retour au pays pour Noël. Nous faisons un arrêt pour boire le verre le plus cher depuis notre arrivée en Chine (Dali, c’est plus pour les Baba cool), on le sirote celui-là en jouant aux dés avant de partir vers le charmant village de Xizhou. Nous logeons dans la magnifique guesthouse The Linden Centre. Cette demeure chinoise authentique et classée, aux multiples cours, est entourée de rizières. Un couple d’Américains a décidé de retaper cette ruine et de lui donner un double emploi : hôtel et centre culturel (expos, séminaires, ...). Les petits Chinois viennent également y prendre des cours d’anglais. Nos enfants ont adoré la salle de jeux avec le billard et la table de ping-pong. Gilles s’y est donné à cœur joie également.

 

Le 24 décembre matin, nous avons rendez-vous avec notre guide, Stephen. L’avantage de ce voyage (organisé par “Ciel Yunnan” et qu’on vous recommande !), c’est le sur-mesure et l’autonomie. On a un chauffeur chinois qui nous accompagne et parfois des guides anglophones. Nous sommes assez libres de nos mouvements pour le plus grand bonheur des petits. C’est pas qu’ils n’aiment pas les explications sur le bouddhisme mais à petites doses. On commence par une balade sur le marché coloré de Xizhou. Âme sensible s’abstenir entre l’abattage des poules et poissons ou le test de la gelée locale. J’ai expliqué aux petits que quand on allait à la ferme, chez mon Oncle Eugène, c’était aussi comme cela qu’on procédait avant de déplumer les poulets. On y trouve aussi de magnifiques étals de fruits et légumes, des marchands de pains de sucre et de vieilles dames portant des costumes traditionnels colorés. L’ambiance est chaleureuse. Nous nous baladons ensuite dans les petites ruelles et admirons les façades des maisons. Elles sont décorées de belles fresques chinoises, de marbre, ... Nous découvrons ensuite le travail précis des brodeuses. Elles ne peuvent pas travailler plus de quatre heures par jour suite à la pose à tenir. Les cadres sont magnifiques et le degré de précision impressionnant. 

 

Nous nous rendons ensuite dans les montagnes Cang Shan pour découvrir les champs de thé Pu’er. Celui-ci est originaire du Yunnan et a de nombreux bienfaits pour la santé : anti-stress, antioxydant, facilitateur de la digestion, ... Une de ses particularités est qu’il est présenté sous la forme d’une galette.  Et c’est ce fameux Pu’Er cake que nous allons fabriquer. Jack nous accueille dans sa splendide propriété avec une vue imprenable sur le Lac Er Hai. Si vous allez par là un jour, il y a aussi une maison d’hôtes sympa. En décembre, ce n’est pas la saison de la récolte mais on se promène dans les champs. Nous y rencontrons quelques écureuils et des oies. Après la balade, place au travail. Tous les quatre, nous sommes très concentrés sur notre tâche. On pèse au gramme près, on humidifie, on presse, on tourne. Les petits ont adoré. On peut dire que nous ne sommes pas les meilleurs à l’emballage (mes copines savent que je ne suis pas la pro du papier cadeau) mais les Chinoises nous aident et nous impressionnent par leur rapidité et leur dextérité. A la fin, nous apprécions de boire le thé sur la terrasse ensoleillée. 

 

Après avoir mangé de délicieux babas (pas au rhum) à Xizhou, nous arpentons les vieilles ruelles pour aller prendre nos vélos à l’hôtel. Nous allons nous balader autour du Lac Er Hai. En fait, cela signifie « Mer Oreille ». Long de 42 kilomètres et large de 6, à 1973 mètres d’altitude, cette oreille est parfaitement délimitée par les montagnes, rizières, champs de tabac et villages. Ils sont en train d’aménager les alentours du lac avec des pistes cyclables. Nous avons apprécié cette sortie au grand air le long du lac et dans les petits villages. 

 

Fin de journée, nous profitons du magnifique coucher de soleil pour téléphoner à nos parents et leur annoncer la nouvelle du retour. On a l’impression qu’ils sont contents de ce cadeau de Noël non prévu. Coup du hasard, nous tombons ensuite nez à nez avec des copains français de Pékin. On savait qu’ils étaient au Yunnan mais on ne pensait pas les croiser si tôt. Les enfants sont heureux d’avoir des copains pour jouer au ping-pong, badminton et billard. Le soir, l’hôtel a prévu un repas  et une veillée de Noël. L’ambiance est sympa et on en profite pour annoncer aux petits le retour en Belgique. Cela passe comme une lettre à la poste ! Ils sont heureux de revoir la famille, les cousins-cousines et leurs amis. Ils pensent à ce qu’ils vont pouvoir remanger (Ah, la paëlla de ma maman et les pitas de Mamy de Villers). Nous sommes soulagés et passons une belle soirée de Noël même si loin des nôtres. 

 

On dit au revoir à Catherine, Jean-Laurent et leur trio et nous mettons le cap vers Shaxi, à 120 kilomètres au nord-ouest de Dali. En chemin, Yin Yun Xi nous propose de voir un marché local très populaire. On le vivra de l’intérieur, car nous serons bloqués sur cette longue route entre les tuk-tuks et les marchands. En effet, sur un kilomètre, ce sont des centaines de stands qui se suivent. La foule est dense et colorée.

 

Nous profitons de notre après-midi pour découvrir Shaxi, carrefour important de la Route du thé et des chevaux. Nous nous perdons dans les ruelles tortueuses, entrons dans quelques propriétés, découvrons des cours traditionnelles, visitons le temple bouddhiste Xing Jiao aux murs couleur ocre, ... Nous avons traversé le vieux pont Yujin Qiao pour suivre la piste des caravanes des chevaux. Nous avons essayé de trouver des mobylettes pour aller nous perdre dans les environs mais la seule réponse obtenue était : « Mei you ». Pas possible le deux roues ! Du coup, on se pose sur la belle petite place en face de la scène de théâtre Guxitai. La journée fut plus calme que notre nuit. Entourés de nos deux enfants dans le lit, Gilles a voulu bien faire en allant aux toilettes sans lumière. Malheureusement, il est tombé sur plus fort que lui. Le bruit a été impressionnant et il s’est vite transformé en Rocky. La porte en verre ne l’a pas raté. Bon, à défaut de ne pas avoir visité les Gorges du Saut du Tigre 🐯 (fermées pour cause de travaux), j’ai eu droit à l’œil du tigre pour la suite de notre voyage. Ce que j’aime avec Gilles, c’est ce sentiment de non monotonie. Chaque jour, son œil changeait de couleur 😊

 

Après cette nuit agitée, la montagne nous attend. Nous allons découvrir Shibaoshan (la Montagne du Trésor de Pierre) située à dix kilomètres de Shaxi. La route est déjà magnifique avec la brume dans la vallée. Shibaoshan possède un ensemble de temples bouddhistes et de grottes rupestres datant du royaume Nanzhao (9 ème siècle). Nous avons débuté la journée par la visite du Temple Shizhong. Il est suspendu mais moins impressionnant que celui de Datong, Monsieur Back 😄 Il y a aussi des statues sculptées dans la roche.  Nous nous sommes aussi  suspendus en suivant notre guide dans l’escalade des roches rouges. Un moment que nos petits bouddhas ont adoré. La vue est splendide, la forêt verdoyante, le ciel toujours aussi bleu. Nous reprenons ensuite le bus vers le Baoxiang Temple. Et là, quel accueil 🙈🙉🙊 ! Des dizaines de singes nous attendent. Ils sont cools et moins agressifs que ceux de Bali. Ils vivent leur vie et sont attachants. Je ne vous dis pas comme il a été facile de faire cette balade avec les petits. Ils ont donné des noms à tous les singes qui nous suivaient : Bernard, Sébastien, Jimmy, Gros Louis, Petit Louis ... Un fameuse équipe ! Nous nous rendons d’abord au Temple de Baoxiang via un escalier de mille marches. Il est impressionnant avec son Bouddha rieur et ses temples à flanc de montagne. Les moines jouent du tambour. L’ambiance est à la méditation et à l’observation des singes. On resterait des heures. 

 

Yin Yun Xi a bien compris qu’on aime marcher et nous conseille de poursuivre notre ascension. Nous faisons une pause dans une clairière avec une vue splendide. Il manque juste le pique-nique ! Les singes, quant à eux, décident de ne pas nous suivre plus haut. Au loin, nous apercevons les montagnes enneigées (que vous découvrirez dans le prochain article). Les vues sont magnifiques sur la forêt. Nous finissons notre périple au Jinding Temple. Nous avons aimé ce temple peu visité et aux couleurs totalement différentes des autres. Il est temps de retrouver nos petits copains qui nous attendent dans la clairière. Ils nous accompagneront jusqu’au bus. Notre chauffeur achètera quelques biscuits pour leur donner, mais malins comme des singes, ils seront rapides pour lui subtiliser. On voit vite les dominants et les dominés 🐒 En tout cas, nos petits hommes auront marché treize kilomètres sans se plaindre. 

 

Pour finir cette belle journée, on aura droit à un petit concert de banjo joué par un jeune Chinois avec un drapeau belge cousu sur la manche. Il était convaincu que c’était celui de l’Allemagne. On partagera un bon repas avec deux couples de copains de Pékin et la ribambelle d’enfants. On échangera nos plans pour la suite du voyage. Une super soirée et que de beaux souvenirs !

 

A très bientôt pour l’ascension des sommets enneigés. 

 

PS : Pour le titre, j’ai longtemps hésité entre Dance Monkey de Tones and I (musique adorée par Caro) et Eye of the Tiger avec un clin d’œil pour Gillou. Du coup, j’ai tranché pour celui qui illumine mes journées depuis bientôt vingt ans 😍🐯

 

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Singes sur toit
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Pu’Er Tea et Oufti
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Just a perfect day

Pour sortir de la morosité ambiante (et des villes de Pékin, Shijiazhuang, ... en état de guerre contre le virus), nous nous replongeons dans les photos colorées du Yunnan. Bienvenue dans cette magnifique province du Sud-Ouest dont le nom signifie "Au Sud des Nuages".

 

Bon, comme je l'avais dit dans notre article de décembre, nous vivons au jour le jour. La phrase "on verra" est notre constante et le restera en 2021 ... En un mois, les choses ont bien changé. Le 18 décembre, le décompte des jours "sans nouveaux cas locaux" tombait de 132 à zéro avec des nouvelles personnes infectées à Pékin. Dans notre quartier de Shunyi, le virus avait "disparu" depuis 314 jours. Depuis, nous sommes montrés du doigt car les cas se trouvent ici. Le maire a été viré et remplacé ... En deux semaines, deux tests massifs de la population ont eu lieu. Ce sont quasi 1.300.000 personnes qui ont été testées à deux reprises en deux semaines. Je ne vous dis pas les longueurs des files d'attente avec des températures négatives. Certains quartiers sont bloqués le temps d'avoir tous les résultats.C'est reparti pour les lockdowns. Nous attendons de savoir à quelle sauce nous serons mangés 😳Du coup, le homeschooling et le homeworking ont recommencé le 4 janvier et nous sommes tous les quatre studieux à la maison ! Jusqu'à quand ? Aucune idée. On verra ! Combien de cas à Pékin ? Selon le décompte journalier "officiel", il y aurait 38 personnes détectées depuis la "nouvelle vague de décembre" sur 23 millions de personnes. En tout, 998 cas cumulés, 951 guéris et 9 morts depuis janvier 2020. Bon, revenons à nos moutons ...

 

Après avoir vu l'époque victorienne, les Romains, le chinois, les musiques médiévales, les graphes, les masques de Bali, le système respiratoire, les tremblements de terre,  je m'enfuis dans nos photos. Cette fois-ci, on décollera du nouvel aéroport de Daxing situé au Sud de Pékin, à une heure trente de chez nous. En tout cas, cette étrange étoile de mer est impressionnante. Ce serait le plus grand terminal unique avec ses 700.000 mètres carrés, ses 78 portes d'embarquement et ses 7 pistes. Malgré sa taille, on ne se sent pas perdu. La distance séparant le coeur du terminal à la porte la plus éloignée est au maximum de 600 mètres. Il est hyper lumineux, fluide et futuriste. Il a été conçu entre autre par l'équipe de Zaha Hadid. On se sent déjà en vacances. Après une escale à Kunming (la capitale du Yunnan), un petit massage dans les sièges spéciaux, on décolle à nouveau vers Tengchong. A l'aéroport, nous rencontrons Yin Yun Xi, notre chauffeur qui nous accompagnera les deux semaines. Après avoir déposé nos bagages, choisi notre repas au petit resto à côté de notre guesthouse, nous nous baladons dans le village de Heshun. Situé à un jet de pierre de la Birmanie, il est niché aux pieds de vieux volcans endormis depuis des milliers d'années. Avec ses maisons en bois et ses vieux temples, ce village est encore préservé du tourisme de masse. Les enfants adorent traverser le lac, en équilibre sur les pierres. Notre estomac commence à crier famine ... Bon, il se calme en voyant l'énorme casserole avec la poule entière. On dirait juste qu'il manque les blancs. Pour le reste, de la patte (et non la cuisse) au chapelet, on a l'anatomie complète ! Même le caniche est paf ! Par contre, le reste est délicieux et l'accueil fantastique. On retrouve des Chinois dont la fille a fait ses études à Anvers. Ils partagent avec  nous les photos de leur voyage en Belgique. Belle entrée en matière.

 

Le lendemain, après un petit-déjeuner nouilles, nous partons vers Re Hai Scenic Area (Parc de la Mer Chaude).  Il s'agit d'une vaste région géothermique. A l'entrée de nombreuses dames vendent des oeufs frais dans des petits filets fabriqués maison. On se demande la raison mais on comprendra vite ! Nous nous promenons parmi les geysers, à la recherche des bains bouillonnant, le nez pris par les odeurs de soufre. Certaines sources atteignent 102 degrés. De nombreux panneaux indiquent l'interdiction de cuire ses oeufs. On n'y aurait jamais pensé. On décidera de se faire un bain de pieds familial et même un massage ! L'eau utilisée vient de la piscine naturelle bouillonnante (Dagunguo - Big boiling Pot). On prendra beaucoup de plaisir avec cette activité familiale et que de fous-rires. Et comme vous verrez sur les photos, l'expression "Va te faire cuire un oeuf" prend tout son sens ici !

 

L'après-midi, on ira se balader dans la partie un peu plus touristique de Heshun. Cependant, c'est assez calme. Les petites ruelles pavées sont bordées d'anciennes habitations blanches surmontées de tuiles grises. Le village est entouré de grandes plaines où le riz est récolté. A l'horizon, les volcans. Nous goûtons les gâteaux traditionnels aux fleurs. Des petites échoppes colorées proposent fruits et légumes. Nous visitons la plus vieille et grande bibliothèque avec sa collection de 80.000 livres. Un moment, nous voyons les deux petits qui sont encerclés de quelques enfants et finalement, ce ne sera pas un bain de pieds mais un véritable bain de foule qui attend Alexandre ! On lui demande d'écrire son nom dans des cahiers, de répondre aux questions en chinois/anglais. Il est fier 😃  Arnaud s'est vite écarté pour se blottir derrière moi. Ça faisait longtemps que les personnes ne nous approchaient plus à Pékin suite au virus. On est un peu étonnés de cette ferveur. On repassera près du lac. Un petit garçon tombera tout habillé dedans ... On s'improvise un jeu des 7 familles belges sur la petite place. Près de nous, des dames viennent laver leur linge. Cela rappelle les visites au Musée de la Lessive de Spa. On retourne manger dans le même endroit que le premier jour mais on évite les soupes. Délicieux ! Pour finir la journée sur le thème eau (pas de Spa), les sources thermales nous attendent à l'hôtel. On s'improvisera un bain à 52 degrés. Au top.

 

Le lendemain, la journée est plus désorganisée. Suite à un accident mortel (avec une montgolfière), les deux sites où nous devions nous rendre sont fermés pour investigations gouvernementales. Nous devions visiter le Parc Volcanique de Tengchong et la Forêt de Heiyuhe. Tant pis, on ira les voir en Auvergne. Du coup, nous passons par Xidong Courtyard qui, en plus d'être un restaurant, est un petit musée relatif à la Route du thé et des Chevaux. Le cadre est agréable avec les multiples cours carrées et les gingkos jaunes. Ensuite, nous visitons le Temple de Confucius de Tengchong. Construit en 1480, il est l'un des temples les plus importants du Yunnan. A la sortie, nous sommes impressionnés par la boucherie spécialisée en canard. Nous reprenons la voiture, empruntons l'impressionnant Pont de Longjiang River : 1,196 mètres  de long et 280 de haut. Un moment, on se retrouve arrêtés dans une sorte de péage : prise de températures et  check des passeports. Nous avons la chance d'avoir un traitement de faveur et devons nous parquer le long de la route avec de "sympathiques" policiers avec de longs fusils. En fait, c'est la brigade anti-drogue. Vu qu'on est proche des frontières birmanes, ce style de contrôle est assez fréquent. Les voitures à côté de la nôtre sont fouillées jusqu'au moindre détail. On est étonné de voir ce qu'ils sortent des coffres des voitures. Ils commencent à nous questionner. Je vois Gilles de plus en plus nerveux. Ça fait un an qu'on est non stop contrôlés, plusieurs fois par jour, qu'on nous pose les mêmes questions, ...  Ils décident de sortir nos valises. Restons calmes. Finalement, ils les passeront sous rayons X. On attendra encore une dizaine de minutes. Ils finiront par nous lâcher. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai repensé au film "Les Miller, une famille en herbe".

 

Après deux heures trente, nous arrivons dans notre ville étape de Baoshan. L'accueil de l'hôtel est non chaleureux avec les tests covid exigés alors que non obligatoires. On respire, on se calme. On se balade dans la grande ville qui n'est pas très charmante. Gilles restera pendant 45 minutes pendu à son téléphone, à cinquante mètres de nous. Bizarre ... Finalement, on trouve un petit snack pour manger, on joue un jeu de société avec les petits. Vivement demain, la journée sera meilleure ! Après la pluie, le beau temps !

 

Et effectivement, la troisième journée s'annonce sous les meilleures augures. Nous visitons le Temple du Bouddha de Jade. Nous nous promenons entre les différents pavillons avec leurs toits colorés, admirons la vue impressionnante sur Baoshan. Nous sommes sortis de nos explorations par un homme criant et des enfants répétant : YI, ER, SAN, SI,  ... (1,2, 3, 4 en chinois). En fait, c'est une école. Les élèves marchent et courent pour leur gymnastique quotidienne. C'est assez militaire. Après, nos enfants souhaitent aller, par les petits chemins de forêt, jusqu'au sommet. Nous nous retrouvons dans un parc avec les traditionnels gymnastes et des paons majestueux. Ensuite, nous prenons la voiture pour quatre petites heures de route vers le village de Nuodeng. Le trajet est magnifique. Nous découvrons la Vallée de Yunlong. A certains moments, le fleuve est vert, à d'autres rouge. Les montagnes sont splendides. On est en pleine nature. Les routes sont sinueuses mais praticables. Des fleurs bordent les chemins. Nous passons par des villages, les personnes portent leurs habits traditionnels. Il faut savoir que le Yunnan est réputé pour sa diversité en matière de beauté des paysages mais également sur le plan culturel. En Chine, il y a 56 minorités ethniques. Plus de la moitié sont représentées dans cette province. Vous pouvez vous imaginer la diversité des langues, coutumes et costumes.

 

Nous approchons de Nuodeng (2200 mètres d'altitude). Posé à flanc de montagnes, le village est inaccessible aux véhicules motorisés. On avait prévu le coup en ne prenant que des sacs à dos pour notre nuit. Les paysans transportent les charges à dos de mules sur les escaliers en pierre. Arnaud est heureux de pouvoir monter à dos d'âne dans ce "village vieux de mille ans". Nuodeng regroupe la plus forte concentration de la minorité Bai. Les maisons traditionnelles en bois et terre cuite sont bien préservées. Les portes sont magnifiquement sculptées. Les routes étroites. Il n'y a aucun magasin de souvenirs, juste quelques petites guesthouses accueillantes mais aussi des marchands de jambon ... Ce village, situé sur la Route du thé et des chevaux, a bâti sa richesse grâce au commerce du sel. Il y avait plusieurs puits de sel qui pouvaient avoir une profondeur de 21 mètres. Cet or blanc était leur monnaie pour les échanges contre le thé ou les chevaux. Bien moins connue que la Route de la Soie, mais importante pour le commerce et la circulation des idées et des peuples, la Route du thé et des chevaux (Chamagudao) reliait le Sud-Ouest de la Chine à l'Inde. Elle traversait le Laos, Yunnan, Sichuan, le Népal, la Birmanie pour terminer en Inde.

 

Dès le départ, nous avons été charmés par ce village pittoresque. L'accueil de nos hôtes est chaleureux. Je vous conseille cette Fu Jia Liu Fang guesthouse. Après avoir bu un thé, nous partons à la découverte des environs. Pendant deux heures, nous empruntons les chemins de terre rouge à la découverte de la nature : cactus, fleurs, végétations luxuriantes. Les enfants en redemandent : "On va encore plus haut, on va encore plus loin". A cinq heures, Gilles a encore un coup de fil pour le boulot. Du coup, le triple A joue au jeu des colonnes et se fait ses plans (bonnes résolutions) pour 2021. Car, je ne sais plus si je vous l'avais dit mais fin novembre, on nous a annoncé qu'on restait en Chine jusque juin 2022. On discute à nous trois et on regarde Gilles sur l'autre montagne. On est seuls et paisibles. Il fait calme. Un moment suspendu, lovés dans les montagnes. On redescend dans le village et on se perd dans toutes les petites ruelles. Se perdre, un autre moyen de découvrir !

 

A notre retour, c'est la surprise dans la cour. Une vingtaine de cuisses de cochons noirs sont disposées à même le sol. Après discussion, on nous informe qu'aujourd'hui, ils vont les saler pour en faire le traditionnel et très réputé jambon du Nuodeng. Après un petit coup de fil à mes parents qui se tracassent de ne pas voir beaucoup Gilles : "Oui, notre couple va bien et il n'a pas rencontré une Chinese girl (joke). Oui, il a reçu plusieurs coups de fil chaque fois que vous téléphonez ..." Tout cela sur le ton de la plaisanterie, of course. On s'installe dans la cour pour prendre un verre de vin rouge. Je lui explique l'appel de mes parents et là, Gilles me dit tout de go : "Chou, j'ai un truc à t'annoncer !". Je deviens livide. "On part finalement dans six mois et non en juillet 2022 ! J'ai un nouveau job en Belgique et quelqu'un est intéressé à venir en Chine". OUFTI : la montagne russe des sentiments. En fait, son boss lui a annoncé la veille. Raison pour laquelle il était un peu tracassé et qu'il n'a pas dormi la nuit. Bref, après quelques larmes de bonheur et de tristesse aussi. On a discuté un peu et on s'est dit qu'on analyserait cela après nos vacances. L'objectif étant de continuer à vivre à 100 % cette aventure chinoise et nos vacances en famille. 

 

Après cette nouvelle imprévue, nous allons dans la cour pour voir les artisans préparer leurs mets. Pendant toute la fin de journée et soirée, le spécialiste va masser tendrement les jambons pour faire sortir l'eau. Ensuite, il les enduit de sel de Nuodeng reconnu pour sa teneur en potassium. Ils seront pendus et n'en sortiront que trois années plus tard. Après un repas délicieux avec le sourire de notre hôte qui n'arrêtait pas de ramener des pommes de terre et de l'excellent jambon, nous avons passé la soirée au coin du feu. Quelle ambiance magique ! Le fils des propriétaire nous a concocté des babas cuits au feu en dessert. Le ciel est tout étoilé, les enfants heureux et nous avons le sourire jusqu'au oreilles. Comme dirait Lou Reed : " Just a perfect day, problems all left alone, ... Oh, it's such a perfect day. I am glad I spent it with you ... You are going to reap just what you sow" . Je pense que j'ai déjà partagé cette chanson mais je l'adore (sélection mariage ♥️). Après cette magnifique journée, j'ai mal dormi en pensant aux 7 prochains mois mais demain, ça ira mieux 😃 Que les vacances continuent  !

 

Le matin, nous avons eu la chance de visiter le petit musée de  notre guesthouse. La propriétaire nous a montré les photos, objets, les écrits de sa famille spécialisée dans le sel. Nous quittons Nuodeng avec beaucoup de souvenirs. Je ne peux que vous le conseiller.

 

A bientôt pour la suite de notre voyage à la découverte du Yunnan et de ses magnifiques paysages. 

 

PS : Cet article a été écrit aux sons des conférences et/ou des cours en ligne de mes hommes. Même si ce n'est pas de la musique, c'est assez enrichissant !

 

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C'est bon ça ! Dans le cochon, tout bon !
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Walking in my shoes

Je me rends compte que je n'ai pas encore dédié un article à nos balades pékinoises. Pourtant, nous perdre dans la mégapole est une de nos activités favorites. Plongez avec nous dans cette atmosphère typique !

 

Etant bloqués en Chine depuis janvier, nous gardons le moral et essayons de profiter des beaux jours ... Enfin, je veux dire du ciel bleu car les températures ont plongé en dessous de zéro depuis quelques semaines. A Pékin, on ne compte plus de cas locaux de Covid 19 (transmissions locales du virus) depuis 130 jours consécutifs. Pour rappel, entrer en Chine est interdit à de nombreux pays dont la Belgique ; les quarantaines extra strictes dans des hôtels dédiés sont toujours d'application. On regarde ces statistiques avec beaucoup de philosophie car nous savons que si de nouveaux cas apparaissent (comme dans certaines villes avec des origines diverses et variées provenant de saumon ou viande congelée ou encore de bagages, ...), ce sera de nouveau des lockdowns, des tests massifs, des écoles fermées, des mesures encore plus strictes ... même avec seulement 5 malades. Bref, on essaie de rester positifs (sans jeu de mot aucun 😃). On conserve notre phrase de 2020 : "On verra" et on vit au jour le jour. Nos familles en Belgique sont en forme ce qui simplifie les choses. Nous ne pouvons que nous réjouir de les voir en juin 2021 après 18 mois de relations virtuelles. Nous pensons fort à vous et espérons que vous allez bien. Ces derniers mois, nous avons redécouvert Pékin à pied. Voici un petit résumé de quelques balades réalisées depuis la fin de l'été. 

 

Fin août, après un passage express au temple du fake (Pearl Market), nous avons mis les voiles sur le Temple du Ciel (Tian Tan, Temple of Heaven). Situé au Sud-Est de la place Tian An Men, au coeur d'un parc boisé de 276 hectares, le Temple du Ciel est un ensemble de bâtiments dédiés au culte et le reflet de la cosmogonie chinoise (et/ou cosmologie. Ces deux termes bien que différents sont utilisés dans les articles parcourus. Si une bonne âme peut m'aider à trancher pour le bon terme, je suis preneuse 😃 !). On y retrouve l'opposition entre le Yin et le Yang, entre le ciel et la terre et beaucoup de symboliques avec les chiffres. C'est ici que l'Empereur venait louer le Ciel pour favoriser la moisson ou solliciter la clémence divine. Ce temple est une passerelle vers le monde céleste ... Comme la première fois, en octobre 2018, nous avons d'abord passé une petite heure à observer les gymnastes. En Chine, les parcs mais aussi certaines ruelles sont équipés de matériels sportifs où de nombreux seniors se rassemblent chaque jour pour s'adonner à leur sport. Nous sommes chaque fois impressionnés par leurs prouesses et leur souplesse ... sachant que Gilles et moi sommes incapables de toucher le bout de nos pieds avec nos mains (jambes tendues bien sûr).  Entre les spécialistes des barres parallèles ou des automassages, une atmosphère tranquille se dégage. Les enfants apprécient toujours ces moments. Ensuite, nous arpentons les allées à l'ombre des cyprès. Certains ont plus de 800 ans. Nous observons la danse des écureuils qui sautent d'une branche à l'autre. De nombreux bâtiments sont à visiter dans ce parc mais, cette fois-ci, nous nous sommes concentrés sur l'icône de Pékin, Qinian Dian. Construit en 1420 (reconstruit à l'identique en 1889), ce lieu est l'un des plus visités de la capitale. C'est une prouesse architecturale en bois. Coiffé d'un triple toit aux tuiles vernissées (pour les acheter, rendez-vous à Beijing Tong Construction Materiel) soutenu sans clou ni ciment par des piliers de bois, ce bâtiment mesure plus de 38 mètres de haut et 30 mètres de diamètre. C'est un modèle d'harmonie et d'équilibre. Les couleurs se marient à merveille. La rotonde est posée sur une triple terrasse circulaire en marbre blanc. L'ensemble est disposé sur une plateforme carrée. Cela reflète la conception antique de l'univers que le ciel est rond et la terre carrée. Vous pouvez observer les fameuses dragons-gargouilles décorant les balustrades des terrasses. Jetez un coup d'oeil à l'intérieur (après avoir joué des mains, des coudes et des pieds) pour observer l'architecture impressionnante de ce monument. C’est un véritable joyau dans le centre de Pékin. Pour sortir, nous parcourons l'énorme chaussée (La Voie Sacrée) qui mène vers l'autel du Tertre circulaire où le chiffre neuf est le roi. On se balade encore un peu dans les allées tranquilles pour aller vers la sortie ouest et parcourir les hutong.

 

Comme vous le savez, les hutong, ce sont ces petites ruelles étroites qui forment un véritable labyrinthe. C'est un symbole de la capitale chinoise. Des centaines de maisons à un étage et des demeures historiques aux cours carrées abritent les Pékinois. Une véritable atmosphère de vie en communauté et d'hospitalité se dégage de ces petits villages en plein centre de la mégapole. Un contraste avec les bâtiments modernes et énormes centres commerciaux. Des milliers de Pékinois vivent dans ces humbles demeures partageant parfois les toilettes publiques. D'autres maisons sont de véritables joyaux et habitées par de riches Chinois. Elles sont souvent reconnaissables par leur porte en bois rouge entourée d'une paire de lions ou de tambours en pierre. La devanture vous permet de dire à qui vous avez affaire (hauts fonctionnaires, militaires). Tout est assez codé. Les maisons sont presque toutes orientées est-ouest pour que la porte principale soit face au sud et répondent aux exigences de l'art du Feng-shui. On aimerait pousser les portes et découvrir ces siheyuan (maisons traditionnelles à cours carrées). Certains ont fait l'objet de restaurations méticuleuses. Il est plaisant de se perdre au sens propre comme figuré dans ces ruelles où nous observons la vie quotidienne des habitants. Le linge sèche au soleil, certains jouent aux cartes ou au majong, d'autres préparent le repas, quelques uns font la sieste, les enfants jouent, les personnes se baladent en pyjama ou avec le Beijing bikini (à savoir le T-shirt retroussé au dessus du bidou), le coiffeur coupe les cheveux sur les trottoirs, ... Malheureusement, les hutong sont en voie de disparition. De nombreux quartiers ont déjà été démolis pour faire place aux habitations modernes. De 6000 ruelles dans les années 50 à un petit millier à ce jour ... De nombreuses restaurations sont en cours, donnant parfois un aspect plus triste à ce labyrinthe. Certains quartiers se parent de nouvelles façades de briques plates grises. Des hutong sont reconstruits en mode Disney Land. Mais malgré ces changements, c'est toujours un plaisir d'y aller et de vivre les mystères de Pékin. A pied ou à vélo, c'est un véritable plongeon dans la vie traditionnelle. Quelque chose m'étonne à chaque fois :  le silence. Nous sommes au centre d'une ville de 23 millions d'habitants et là, on entend les oiseaux chanter. C'est assez bluffant. 

 

Donc, revenons à nos moutons. Après avoir passé le Temple du ciel, nous avons déambulé dans les ruelles jusqu'à arriver sur la fameuse artère commerciale Qian men jie. Cette rue commerciale et piétonne est super touristique. Elle est située au sud de la Place Tian An Men. Vous y retrouverez de nombreux restaurants, magasins de souvenirs, petits musées, et le fameux tramway. Le plus gai, c'est de prendre les ruelles qui l'entourent et d'aller par exemple dans le hutong de Dashilanr ou encore dans la rue des calligraphes, Liulichang Dong Jie, découverte avec papy et mamy de Villers en mai 2019. Avec les enfants, nous n'y passons pas cette fois-ci car l'objectif final de la journée est d'acheter un GSM (oui, je sais que seuls les Belges utilisent ce terme 😃 ) pour Alexandre. Après le check point et interrogatoire plus poussé que pour les Chinois (QR code, visa, permis de travail et la fameuse question : depuis combien de temps êtes-vous en Chine ? ), nous pouvons accéder à l'hyper hyper centre de Pékin. En fait, nous longeons la place Tian An Men qui m'impressionne toujours autant par son côté brut, froid et hyper controlé. Nous finissons notre périple dans la Rue Wangfujing. Véritable temple des marques, des centres commerciaux en marbre à cinq étages, de superbes magasins de jouets, ... Au bout de la rue, Alexandre obtiendra son graal dans le magasin à la 🍏 ! Une belle sortie familiale avant la rentrée en secondaire. Bravo les gars, seize kilomètres au compteur (je pense que les trois premiers du Pearl Market sont un peu fake, n'est-ce pas Gilles? ).

 

Mi-septembre, nous repartions en balade le long de Sichahai (les lacs des dix monastères), ensemble regroupant les Lacs Qianhai, Houhai et Xihai. C'est une promenade agréable à toute saison. A partir de juin, les lacs se couvrent de fleurs de lotus. En hiver, on peut faire du patin à glace, du vélo et même de la chaise dessus : fous rires garantis pour petits et grands. Nous partons du Parc Beihai au Nord-Ouest de la Cité interdite. Cette fois-ci, nous ne sommes pas montés sur la stupa blanche mais avons été guidés par le son de la musique. De joyeux danseurs enchaînaient les pas sur des rythmes endiablés ! Quel plaisir de les admirer. Ils nous ont gentiment invités à les rejoindre mais nous avons décliné. Pour la première fois, nous avons visité le Jingxin Studio (Peaceful Heart Studio). C'est un ensemble de charmants bâtiments et jardins où le calme règne. Les tortues y ont la vie paisible. Nous avons continué vers le Nord, pris notre traditionnelle brochette de pommes de terre, fait la photo sur le pont du Lingot d'Argent et avons flâné le long du Lac Houhai. Là-bas, vous pouvez découvrir de magnifiques propriétés mais aussi et surtout vous plonger dans l'atmosphère pékinoise. Vous avez le choix entre les nageurs, les dessinateurs, les calligraphes, les spécialistes du lance-pierres, les gymnastes et les pongistes ! Ah, le ping-pong 🏓 ..., sport préféré de mon cher et tendre! Alexandre a fait un "cap ou pas cap" ! Le défi ? Jouer avec des Chinois. Défi relevé haut la main. Du coup, Gilles a également pratiqué sa prise porte-plume. En tout cas, la dame était très forte en défense. Un joyeux moment pour nous tous. Ensuite, nous nous sommes perdus dans les hutong proches de la Tour du Tambour et de la Tour de la Cloche. Nous avons fini dans un petit restaurant dans l'allée commerciale Nanluoguxiang. Arnaud n'ayant peur de rien tentera le Hell Boy burger, le plus piquant 🌶 On finira notre balade avec le chant électrique des cigales chinoises. Ce week-end sonne aussi la fin du home-schooling 😃 Après avoir joué les prolongations d'un mois en août, Alexandre et Arnaud ont retrouvé le chemin de l'école. Arnaud n'y avait plus mis les pieds depuis janvier 2020 ...

 

Après notre découverte d'Anhui et de Zhejiang, nous avions promis aux enfants de les amener au Madame Tussauds Beijing (Qian Men Jie). Accompagnés de Colombine, nous avons pris beaucoup de plaisir à voir nos enfants prendre la pause à côté de stars connues ou inconnues (surtout les Chinoises). Ils avaient repéré ce musée une semaine après leur arrivée à Pékin en 2018. Suite à de nombreuses demandes, c'était le bon moment et le bon âge pour le visiter. Malgré nos appréhensions, c'était très sympa et peu visité. Le contraste à la sortie était assez important. En effet, les rues étaient bondées suite à la Golden Week (et la tension plus forte pour la sécurité). Nous sommes vite repartis par les petits hutong de Dashilarn et Liulichang Dong Jie pour éviter les foules.

 

Par un beau jour d'automne, j'ai décidé de descendre seule au Ditan Park (Parc du Temple de la Terre) pour admirer les arbres aux couleurs chaudes. Il a été construit en 1530 comme un autel où les empereurs venaient faire des sacrifices pour avoir de bonnes récoltes. J'aime ce parc qui est fort vivant et populaire. Il y a toujours du monde, de l'ambiance, des chants, de la danse, des gymnastes, ... En cette période, il est célèbre pour ses gingkos aux feuilles dorées. Et si il y a un sport où les Chinois sont imbattables, c'est pour prendre des photos ! Ils ont toujours des pauses travaillées, connaissent leur meilleur profil, ... C'est tout un art ! En octobre et novembre, c'est la ruée vers les plus belles captures de feuilles. Partout, dans ou en dehors de la ville, les Chinois (et nous aussi) essayons de trouver les meilleurs spots pour admirer la nature changeante. L'année passée, on avait adoré le site de Hongluosi (Red Snail Temple) qui est un peu moins fréquenté que Fragrant Hills (Xianshan Park). Et bien sûr la Grande Muraille reste un must en automne 🍁 🍂  ! Bref, revenons à nos moutons. Je pense que j'ai flâné deux heures à observer, à faire des photos, à découvrir et aussi à m'émouvoir en écoutant l'orchestre. Je pense qu'il y a des jours où on aimerait tellement partager ces moments avec nos familles et amis belges que l'émotion monte facilement (même sur du André Rieu, non Strauss pardon 😃). Après ce passage d'émotive anonyme, je suis allée vers le Temple de Confucius et Temple des Lamas, toujours par les hutong sinon c'est moins comique. Pour trouver des petites boutiques et restaurants sympas, passez par Wudaoying Hutong. Si vous aimez la cuisine mexicaine, rendez-vous au Pebbles ! 

 

Initialement, je voulais faire un article court et comme d'habitude, je déborde ... Sorry les amis ! Cette fois-ci, je vous emmène avec Gilles mais sans enfants. En février 2019, pour ses 41 ans, je lui avais offert un bon pour une nuit ou pour être plus précis "un midi-midi". Ce terme utilisé par ma copine liégeoise Florence est tout à fait approprié. Une fois que tu as trouvé la bonne âme qui se charge des tes enfants, tu as juste 24 heures pour être cool en amoureux. En Belgique, on avait plein de baby-sitters avec nos familles et amis. Heureusement, ici, on a aussi trouvé des super personnes de confiance. Du coup, tout le monde est content. Parents ensemble et enfants chez leurs copains ; que demander de plus ! Bon, il aura fallu quasi deux années pour se trouver cette date mais on l'a fait ! Nous avons pris nos quartiers à l'hôtel boutique Orchid (Baochao Hutong) à deux pas des Tours de la Cloche et du Tambour. Nous avons fait tout le tour du Lac Houhai avec au bout, une vue imprenable sur les bâtiments modernes de Pékin au loin. Nous avons savouré un verre au bar Zone avec une musique jazz en fond sonore. Nous avons admiré la tombée de la nuit avant d'aller au restaurant Toast, juste parfait. J'avais prévu ensuite une balade nocturne avec petit concert au Modernista (qui vient de réouvrir après 8 mois) mais malheureusement, ce dernier a été annulé en dernière minute. Nous sommes donc allés au Soi Baochao où nous avons discuté avec le boss. Toujours intéressant de voir les opinions de personnalité haute en couleur. Etant devenus des quarantenaires très sages, nous étions au dodo à 23H00. Juste heureux de cette belle journée. Le matin, à 6H00 (non, je ne suis pas hyperactive 😊), j'étais sur la terrasse en train d'observer la vue sur les toits, de faire la rencontre de chats sauvages, d'apprécier le silence. Car comme expliqué au début, ce calme est impressionnant dans cette ville bouillonnante ! Bon, il est temps de repartir voir nos loulous. Un dernier arrêt pour admirer les personnes jouant au jianzi (jeu de pied avec volant à plume). Pour avoir essayé, on vous confirme que ce n'est pas évident. 

 

A notre retour, une énorme boîte arrivée de Belgique nous attend. Elle a un peu souffert dans le trajet, perdu quelques plumes mais quel sourire sur le visage d'Arnaud. Ses parrain, marraine et grands-parents ont pensé à son anniversaire. Quel plaisir de découvrir ensemble les petits trésors made in Belgique. Merci !

 

Bon, il est temps de vous quitter, de vous dire à très bientôt en 2021 après une année 2020 bien trop spéciale à notre goût. On pense fort à vous. Malgré le contexte, on vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année à vous et vos familles. Tout le meilleur pour la suite et keep in touch !

 

A très bientôt pour de nouvelles aventures à Pékin,  sur la Grande Muraille et dans de nouvelles contrées chinoises. 

 

Gros bisous de nous quatre.

 

 La Back family

 

PS : si vous n'avez pas lu l'article de Nicolas Maréchal sur nos deux premières années en Chine. Rendez-vous sur le site de Boulettes Magazine ! Encore un grand merci Nico !

PS2 : heureusement, je n'ai pas écouté qu'André Rieu pour rédiger cet article ! Merci à Dave Gahan (et son déhanché légendaire) qui m'a accompagnée et m'a donné envie de choisir ce titre : Walking in my shoes ...

PS3 : Merci aux deux familles d'accueil (coréenne et allemande) pour notre "midi-midi"