Découvertes

Le lac

Après la région montagneuse et colorée d'Anhui, cap sur les lacs du Zhejiang. Prenez le large avec nous pour trois journées plus cool. Que vous le préfériez en poésie avec Alphonse de Lamartine ou en chanson avec Julien Doré, le lac ne vous laissera pas indifférent.

 

Après une petite heure de train à grande vitesse, nous changeons complètement de décor. Nous sommes accueillis par le coucher de soleil sur le Qiandao Hu dont la traduction est le Lac aux mille îles (Thousand Islands Lake). Il y aurait exactement 1078 îles verdoyantes de toutes tailles. Elles sont dispersées sur ce lac artificiel d'une superficie de 573 kilomètres carrés. Créé en 1959 pour la construction d'un barrage hydroélectrique, le lac possède des trésors cachés, enfouis sous les eaux ... En effet, des centaines de villes et villages ont été submergés lors de sa création ... les personnes relogées ailleurs. Parmi ces villes, deux cités impériales :  He Cheng et Shi Cheng (La Cité des Lions). Cette dernière a été créée sous la Dynastie des Han orientaux. A l'époque, elle comptait plus de 300.000 habitants. Elle se situe maintenant entre 26 et 40 mètres de profondeur. Les plongeurs peuvent y découvrir des vestiges impériaux magnifiquement conservés : portes d'entrées, arches, sculptures de lions et de dragons, ... N'étant pas plongeurs, voici un article avec quelques photos pour découvrir l'Atlantide chinois ! 

 

Nous avons encore un peu de route avant d'atteindre notre guesthouse Wastone (Shilin). Nous nous laissons bercer par le ronronnement de la voiture en observant les couleurs changer sur le lac. La nuit tombe vite et on s'enfonce dans la forêt sur une route sinueuse. On voulait du calme, on aura du calme. Notre logement est paumé au milieu des bois avec vue sur le lac. L'accueil est super chaleureux et l'endroit cosy. Quel bonheur pour les enfants de découvrir les magnifiques chiens et le toboggan intérieur. Nous passerons une belle soirée autour d'un délicieux repas. Le matin, nous décidons de prendre les kayaks. Direction ? L'inconnu ! Nous pagayons une petite heure en admirant les paysages. "Allez, je vous jure les enfants, on s'arrête après cette île-là, dans le fond". Et ça tombe bien, car sur cette île-là, il y a un promontoir. On y attachera nos kayaks. L'eau est étonnamment chaude alors que nous sommes le premier octobre. Du coup, on sautera  sans réfléchir dans le lac. Comme des gosses ! Quel plaisir de profiter de cet environnement paradisiaque avec nos enfants. On admirera le travail du pêcheur et le vol des aigles au dessus de nos têtes. "¨Ô Temps ! Suspends ton vol, et vous heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours" (de Lamartine). Et c'est ce qu'on fit : profiter !

 

Après un début d'après-midi détente (ce qui signifie lecture pour nous et bains/switch pour les enfants), on décide de bouger un peu à la recherche du coucher du soleil (qu'on n'a pu capturer la veille). Toute grande idée 😅! On demande à notre hôte s'il y a un endroit sympa en hauteur avec vue sur le lac. Il nous conseille de suivre la route (oui, oui, celle de la veille sinueuse) pendant trois kilomètres avant d'atteindre un village. A refaire ? Non ! Heureusement, il n'y avait pas beaucoup de circulation mais l'aventure scoute au bord de route, très peu pour moi. J'étais un chouïa stressée et c'est en mode Speedy Gonzales que j'ai tracé le chemin. Je me suis apaisée à l'entrée du village où c'était plus calme. Les habitants étaient assez étonnés de voir quatre blancs se balader. Pour eux, c'était le jour de la Fête Nationale et du Festival de la Mi-Automne ce qui implique de se rassembler en famille. Bon, finalement, après huit kilomètres, on a abandonné la vue et le coucher du soleil. Nous étions plus dans la plaine que sur les hauteurs. Mais comme on a dit aux enfants : "Ca fait du bien de marcher 😊". Il n'était bien sûr pas prévu de reprendre la route dans le noir car notre hôte venait nous rechercher en voiture. Bien vu ! C'est avec la chaleur des braseros, un film bien chinois et un bon repas que nous avons admiré la pleine lune du premier octobre. En tout cas, on a aimé ce lieu perdu, loin des bruits de la ville.

 

Pour le lendemain, nous n'avions pas prévu quelque chose de spécifique. Mais, April, notre agent de voyage nous a fait une petite surprise : une croisière sur le Lac Qiandao ! On avait un peu de réticence en se souvenant de notre expérience aux Philippines (Rivière Lobok) mais bon, l'attention était super sympa. Nous voilà donc embarqués sur le pont d'un bateau de plaisance. On n'est pas si nombreux malgré la Golden week et cela nous rassure. Nous naviguons à travers les îles verdoyantes. Le temps est splendide et le paysage magique. On s'arrête sur quelques îles aménagées à la chinoise : ponts en plastique les reliant, décorations un peu kitsch sur l'Ile de l'Amour (avec des cadenas, clés et non un ouvre-bouteille comme on le pensait. Blague à part, ça ressemble à un décapsuleur, Capitaine Haddock ? 😂), des piscines de poissons, ... Pendant notre croisière, on joue au jeu des sept familles belges. Alexandre et Arnaud adorent car cela leur rappelle le plat pays (Belgitude ? Un peu, beaucoup ♥️). Le buffet biscuits/fruits fait aussi leur bonheur. Sur la dernière île, on prendra de la hauteur via les marches et non le téléphérique (pour le plus grand malheur d'Arnaud). Les larmes séchées, c'est avec beaucoup de bonheur que nous découvrons la vue sur le Lac. Le bleu entrecoupé de touches vertes. Féérique. Pour la descente, on optera pour la solution FUN : vive la luge d'été. On a tous bien rigolé (crié). Comme dit Gilles, "j'ai cru que j'allais sortir de la piste". Les larmes de crocodiles se sont transformées en fous rires. Sur le retour, on prendra encore mille photos de ce Lac aux mille îles. Merci April pour le cadeau !

 

 

Au revoir Qiandao Hu, bonjour Xi Hu ! Après deux heures de voiture, nous arrivons à Hangzhou et son fameux Lac de l'Ouest (Xi Hu - West Lake). Hangzhou est la capitale de la Province du Zhejiang. Dans le passé, elle était un des centres de négoce le plus important de Chine. De par sa position stratégique sur le Grand Canal, c'était une ville florissante drainant marchands, commerçants, fonctionnaires et lettrés. Marco Polo aurait été émerveillé par sa beauté et la nomma la Ville Céleste. Comme expliqué en 2019 lors de notre visite de Suzhou, un ancien proverbe chinois indique : "Au ciel, il y a le Paradis ; sur Terre, il y a Suzhou and Hangzhou". Ce qui a aussi attiré de nombreux peintres et poètes, c'est son Lac et sa mystérieuse origine (une légende ?). En fait, un dragon et un phénix trouvèrent une pierre précieuse. Ils la taillèrent pour obtenir finalement une magnifique perle. La Reine du Royaume Céleste, jalouse, tenta de voler ce trésor. Dans la bataille, la perle tomba du ciel et toucha la terre. Elle donna naissance à ce splendide Lac de l'Ouest. Le dragon et le phénix descendirent alors sur terre et se transformèrent en collines pour veiller sur le lac. Quintessence de la beauté classique chinoise, ce miroir continue à exercer sa magie. Entouré de collines verdoyantes avec au sommet des pagodes, bordés de chemins ombragés par les saules et parcouru par des bateaux glissant lentement sur les eaux, le Lac procure un sentiment de sérénité. 

 

Nos valises déposées, nous voilà partis pour découvrir le coucher du soleil sur le Lac et nous ne sommes pas les seuls. Ça nous change de notre escapade sur le Lac Qiandao. Cependant, par chance, on trouve un petit banc tranquille, parfait pour admirer la nature. En plus, le ciel est dégagé. Que demander de plus ! Après une heure trente d'évasion, les estomacs crient un peu. Gilles a réservé un restaurant australien. Après cinq jours de repas chinois du matin au soir, on a comme une petite envie d'exotisme. Désolé pour vous mais on n'a pas essayé la spécialité culinaire locale : la crevette décortiquée au thé vert Longjing. On se fera plutôt une bonne viande australienne (et pizza pour les enfants). Le restaurant est bien, le serveur, un jeune Soudanais très sympa. On passe une belle soirée. Après, on se fera un bain de foule dans la vieille ville et dans sa rue commerçante Hefang jie. Le quartier abrite de nombreux restaurants et boutiques : souvenirs, nourriture, bijoux (et le  fameux bruit des instruments pour les fabriquer - cf vidéo), maisons de thé, pharmacie ancestrale , ... C'est bruyant et animé. On s'attardera devant quelques boutiques dont un bar à shiba. Même concept que le bar à chats, sauf que ce sont des chiens shiba (Delphine, ma chère belle-soeur, il y a du potentiel !). Après la foule, nous rentrons tranquillement pour nous plonger dans les bras de Morphée. 

 

Le lendemain, nous avons décidé de nous balader autour du Lac (pour info, il fait quinze kilomètres de circonférence). Nous nous arrêtons pour observer les personnes plus âgées (mais pourtant tellement plus souples que nous) en pleine séance de Tai-chi avec sabre (Taichidao). Les gestes sont précis, calculés et maîtrisés. Impressionnant ! Nous croisons également quelques mariés en pleine séance photos. Pour info, les Chinois les font quelques semaines avant le mariage ... Il y a généralement pas mal de mise en scène. Une équipe "maquillage / accessoires" est souvent présente. C'est tout un art ! 

 

Vu le monde (et surtout les dizaines de minibus qui empruntent le même chemin que les piétons), la balade n'est pas si apaisante 😊 Cependant, on apprécie découvrir au loin les pagodes et les ponts à arches. Cela ajoute des couleurs aux allées bordées d'arbre et de fleurs. 

Nous approchons de la fameuse Pagode Leifeng, un des sites les plus visités de la ville. Initialement construite en 995, elle a été brulée par des pirates. Elle a aussi été prise d'assaut par les habitants qui, par superstition (protection contre les mauvais esprits et désir d'enfants), volaient ses briques. Comme vous vous en doutez, elle n'a pas tenu le coup. C'est en 1999 que le gouvernement a décidé de la reconstruire selon la méthode traditionnelle mais avec du moderne. Il y a même des escalators pour l'atteindre. Du haut de sa colline, elle est un élément clé du lac et semble veiller sur ses eaux tranquilles. Bon, vu le monde, nous avons skippé la montée de la pagode et sommes allés en face à la découverte du Temple Bouddhiste Jingci Temple. Ce paisible temple construit en 954 et entièrement restauré nous offre un véritable moment de zénitude. Balade entre les différents halls à la rencontre des statues menaçantes des Rois célestes mais aussi des Bouddhas du passé, du présent et du futur. Nous avons apprécié la vue sur les toits, la Pagode et le Lac en toile de fond. Nous sommes redescendus de notre petit nuage suite à un passage rapide dans la rue commerçante, toujours aussi bondée. Arnaud a enfin pu goûter ses fameuses boules de fumée. Il était content. L'après-midi, nous leur avions promis de plonger dans la piscine de l'hôtel. Les bonnets obligatoires noirs achetés, nous avons fait quelques mini longueurs mais pas de sous l'eau, car c'est interdit 🚫. Deux chaises de sauvetage pour une piscine de 12 mètres mais sans David et Pamela, dommage. On a beaucoup ri en tout cas. 

 

Fin de journée, Gilles et moi sommes allés au Lac, les enfants ayant leur dose ... Deux fois, c'est suffisant selon eux. Autres couleurs, nouvelle magie. Bref, il est quand même beau ce Lac de l'Ouest. Comme à notre habitude, nous avons clôturé nos vacances par un restaurant indien (on fait cela depuis notre voyage de noce). Voilà, il est temps de tourner la page et de reprendre le chemin de Pékin tout sourire (même le masque de l'hôtesse rit). 

 

A très bientôt pour de nouvelles aventures chinoises. Nous ne pouvons malheureusement pas revenir à Noël en Belgique. On espère que vous allez bien ainsi que vos familles. On pense fort à vous ! Donnez-nous de vos nouvelles.

 

La Back family

 

PS : Le titre, Le Lac, m'est venu naturellement en pensant à mes études secondaires et à l'analyse du texte d'Alphonse de Lamartine. Il prend une autre dimension pour moi 25 ans plus tard. J'avais aussi la chanson de Julien Doré en tête mais c'est un peu moins intellectuel 😃 Ce texte a été aussi rédigé avec du Massive Attack, Archive, Gorillaz, The Good, the Bad and the Queen et Blur (c'est mon mois Damon Albarn).

 

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

...

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

 

(Extrait - Le lac, Alphonse de Lamartine)

 

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Réveil zen
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Petits poissons rouges
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Descente en luge
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Coucher de soleil sur le Lac de l'Ouest - Hangzhou
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Vie nocturne à Hangzhou
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Street spirit
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Up on melancholy hill, there's a plastic tree. Are you here with me ?

Envie d'évasion, d'ascension, de montagnes, de villages, de mer de nuages, de paysages, de couleurs ... Avec en toile de fond la musique de Gorillaz, escaladez avec nous les splendeurs d'Anhui.

 

Située au centre-est de la Chine, Anhui est l'une des plus petites provinces de l'Empire du Milieu. Elle marque la frontière entre la Chine du Nord et du Sud. Considérée longtemps comme l'une des plus pauvres, elle a pu amorcer sa transition économique grâce à ses gisements de minerais et à des systèmes d'irrigation ingénieux qui ont permis le développement de l'agriculture. Ses larges plaines accueillent des cultures de riz, de maïs, de blé et de soja. Sur ses collines verdoyantes, ce sont les cultures en terrasse de thé qui dominent. Cette province est surtout renommée pour ses extraordinaires paysages dont les célèbres Montagnes Jaunes (Huangshan - Yellow Mountains), la montagne bouddhiste sacrée Jiǔ huá shān ou encore la taoïste Qíyūn Shān. Anhui attire aussi par ses villages séculaires du Huizhou à l'architecture typique (Xidi, Hongcun, ...). Fini le rouge et le gris, bienvenue au blanc et au noir. Les murs blanchis à la chaux sont surmontés par des pignons en forme de tête de cheval. L'objectif de ces séparations était d'arrêter la propagation des incendies à toute une rangée de maisons. A l'intérieur de ces bâtiments blancs au toit en tuiles noires, vous trouverez de magnifiques cours intérieures illuminées par des puits de lumière. En effet, c'est grâce aux ouvertures rectangulaires du toit et non aux étroites fenêtres que la luminosité naît. Il est important de lever les yeux pour admirer le travail de sculptures sur bois. Ces villages sont lovés au milieu des collines verdoyantes, non loin coule une rivière. Le décor est planté !

 

Nous avons passé quatre jours dans le sud-ouest d'Anhui. Nous avons choisi cette destination car les distances entre les sites sont proches. Ce voyage, nous devions le faire en mars avec mes parents accompagnés de Valérie et Vincent. Malheureusement, la vie en a voulu autrement ... Nous espérons les faire voyager à distance, et vous aussi. Nous pensons à vous ♥️ 🇧🇪♥️ ! 

 

Malgré un petit stress quelques heures avant notre départ, c'est avec des lettres supplémentaires justifiant notre bonne santé et notre non départ de la Chine depuis des lustres que nous avons pu prendre l'avion. Heureux de pouvoir nous évader dans une province inconnue pour la Golden week. Pour rappel, cette semaine de congé est celle de tous les Chinois. C'est l'occasion pour eux de voyager, de revoir leur famille et de fêter les 71 ans de la République Populaire de Chine. Elle tombait en même temps que la fête de la Mi-Automne appelée également la fête de la Lune. Cette dernière est également très importante car elle marque la fin des récoltes et le repos de la terre. Pour éviter les foules, nous sommes partis quelques jours plus tôt que les jours de congés nationaux.

 

Nous atterrissons à Tunxi, appelée également Huangshan City. Après une bonne nuit de sommeil (entrecoupée par les gros klaxons des trains) et un bain de compétition pour les petits, nous voilà prêts à marcher pour découvrir cette région. Notre guide, John (parlant anglais, français, mandarin ainsi que divers patois) nous explique les origines, le développement économique de la province. Nous sommes en route vers la montagne sacrée taoïste Qíyūn Shā(Mont aussi haut que les nuages - 585 mètres). La traversée du pont Dengfeng nous plonge déjà dans un panorama époustouflant. La rivière ainsi que le village avec ses maisons blanches et noires sont entourés de collines verdoyantes. Nous traversons les petites ruelles calmes et commençons l'ascension des nombreux escaliers. Il existe bien sûr un téléphérique mais on veut préparer nos gambettes aux prochains jours. Tels les pèlerins, nous découvrons les treize pavillons qui égrainent notre ascension d'une heure trente, à l'ombre des arbres. En chemin, un vieux monsieur souhaite nous soigner, nous longeons des champs de thé, nous nous émerveillons devant les vues, rencontrons de drôles d'insectes. Nous faisons la connaissance d'une dame très courageuse qui, suite au décès de son mari, a travaillé comme porteuse pour nourrir sa famille. C'est maintenant quelqu'un de connu dans la région suite à de nombreux passages à la télévision chinoise. Au sommet, nous arrivons à la billetterie et entrons sur le site. Les sentiers nous amènent dans des sanctuaires, des tombes, des petits temples établis dans des grottes et des niches creusées dans des falaises en grès rouge. Des phrases en caractères chinois sont gravées sur les parois. Un moment, nous prenons un sentier bordé d'arbres couverts de rubans rouges (les fameux voeux) ; au bout, une vue splendide sur le village perché de Qiyun et sur le pavillon doré. Nous nous baladons dans les ruelles accueillis par les sourires des locaux, admirons le travail d'un artiste croquant le paysage et on trouvera même l'empreinte d'un dinosaure ! John m'explique la théorie du Yin et du Yang ; les liens entre les cinq éléments (bois, feu, métal, eau, terre). Il nous montre des collines qui ressemblent à des éléphants, des mains, ... On prépare notre cerveau à l'imagination chinoise. Il est temps de redescendre. Nous empruntons un autre chemin et nous retrouvons au milieu de champs de tournesols et de fleurs orangées. Cette balade nature de dix kilomètres, loin des foules est une belle entrée en matière. 

 

Après un petit arrêt à l'hôtel, nous passerons la fin de l'après-midi et la soirée dans les vieilles rues de Tunxi. Nous flânerons dans les ruelles aux centaines de drapeaux chinois (fête nationale oblige) et aux dizaines de boutiques de souvenirs, de thés, d'ustensiles de calligraphie, de nourriture ... On admirera les belles façades en bois, la pharmacie, ... Nous testerons quelques spécialités mais ne tenterons pas le hairy tofu. Comme son nom anglais l'indique, il est chevelu ... Nous nous arrêterons dans la rue Zhongma Lu où les cafés et terrasses sont accueillantes. Nous prendrons un verre ou deux sur la terrasse du Sweet Time Café. Un moment, le regard de Gilles sera happé par un attroupement. En effet, de jolies demoiselles, aux tenues bien colorées (courtes ?) sont en train de faire un shooting pour le Club QUEEN ... Gilles se fera un plaisir de participer au petit film. Si vous y allez, dites-moi si un bon Liégeois se trouve sur les photos de ce Club étrange 😉Notre apéro terminé, nous mangerons les spécialités locales chez Meishi Renjia. Nos choix se sont avérés les bons et c'était top ! Fous-rires garantis avec nos enfants ! Pour le retour à l'hôtel, nous admirons Tunxi de nuit et achetons quelques provisions pour notre future escapade. 17 kilomètres dans les jambes, il est temps de se reposer avant nos deux journées sur le site le plus mythique et visité d'Anhui : Huangshan (Montagnes Jaunes - Yellow Mountains), spectaculaire parc naturel national.

 

C'est, munis de nos trois petits sacs à dos, que nous allons découvrir cette merveille reconnue par l'Unesco. Pour atteindre les sommets, trois options : prendre la voie de l'est pendant 7,5 km avec un dénivelé de 900 mètres ou la voie de l'ouest, plus belle mais aussi plus longue (15 km) ou le plus simple : le téléphérique. En préparant le voyage, nous avions pensé ne pas opter pour la solution facile. On avait en tête de monter par l'est et redescendre par l'ouest. En en discutant avec notre guide et les enfants, on a revu nos prétentions à la baisse et décidé de garder notre énergie pour les sommets. Nous voilà donc au pied de la montagne, à la gare de péage. On est déjà heureux car c'est vide, les lacets (barrière nadar) sont déserts. Ce site peut accueillir jusqu'à 50.000 personnes. Suite au Covid, c'est limité à 25.000. Lors de notre visite, il y avait moins de 4.000 visiteurs. So lucky (pas noir de monde comme on a pu voir sur de nombreuses vidéos et photos) ! Bien sûr, en tant qu'étranger, nous avons droit à nos contrôles privilégiés et poussés (avec appel à la police pour bien vérifier que le cachet du passeport est vrai. Non, nous n'avons pas quitté la Chine depuis le 2 février. Gilles doit chaque fois garder son calme avec cette question incessante mais bon, ...). On a nos sésames et pouvons prendre la première navette (il y en a plus de 100) qui nous amène au téléphérique. Après encore un mini contrôle, nous voilà dans la cabine prêts à entrer dans les nuages ... Car des nuages, il y en a ! On ne voit même plus les montagnes. Mais ce n'est pas grave, car justement, elle est réputée pour ses mers de nuages. C'est ce qui donne à l'endroit son côté mystique. Selon une affiche, il y a 258 jours brumeux sur l'année. Et nous, nous aurons eu tous les temps et le temps pour observer cette nature magnifique : brume, nuages, soleil, pluie, purée de pois, coucher de soleil ... Juste splendide ! Cette montagne a inspiré des générations de poètes et de peintres. Les pics granitiques recouverts ou non de pins de toutes tailles et formes avec en toile de fond les mers de nuages qui cachent les canyons. En tout cas, il faut avoir une bonne forme physique et des genoux d'aciers tant les chemins et escaliers sont nombreux. 

 

A la sortie du télésiège (Yuping cable car), nous empruntons un premier escalier et nous nous retrouvons un peu dans la foule. Tout le monde souhaite photographier un magnifique pin (Jade Screen Peak). On l'a immortalisé mais ce sera le premier de nos centaines de photos. Nous voilà donc partis à travers les chemins pour gravir les sommets et découvrir les pierres aux formes imagées : tortues, lions, poissons, pinceaux de calligraphe, dragons, singes,... Pour atteindre le Lotus Peak (le plus haut - 1864,8 m), nous passerons par des petites cavernes, monterons un escalier blanc qui semble nous emmener au paradis (Stairway to Heaven ?). Le fait que nous soyons complètement dans la brume intensifie ce sentiment de septième ciel. Au sommet, les Chinois attendent pour s'immortaliser près de la stèle. Nous continuerons vers les autres sommets (je vous les mets tous à la suite de l'autre) : Turtle Peak, Heavenly Sea, Xihai Terrace, Bright Summit, Flying Rock. Ce dernier est une pierre qui semble tenir toute seule, comme si elle volait. Nous avons été subjugués par ces paysages. A certains moments, nous étions dans la foule, à d'autres (très souvent) seuls au monde, comme perdus dans cette immensité. Les enfants ont adoré crier pour entendre leur écho sur la Xihai Terrace. On s'est amusé à deviner les noms des animaux. Nous avons été impressionnés par les porteurs qui gravissent ces escaliers avec des paquets pouvant atteindre 100 kilos. La peau tannée, souvent très minces, ils transportent leurs charges accrochées aux extrémités d'une perche. Ils amènent nourriture, eau ou encore matériaux de constructions. Il y a aussi des porteurs de chaises pour les personnes en difficulté mais nous n'avons vu personne utiliser ce moyen de transport contrairement à Qingcheng. Nous sommes restés longtemps à observer les paysages, à regarder les nuages danser et faire disparaître les pics. Des moments suspendus ! Au fur et à mesure de la journée, les couleurs changeaient pour se terminer sous les teintes roses et orangées du coucher de soleil, juste magique. A 17H30, nous atteindrons notre hôtel (Xihai Hotel), les jambes un peu tremblantes. Les petits auront marché onze kilomètres et gravi deux cent étages. Ils auront mérité d'un peu jouer aux jeux vidéos avant le repas. Les bras de Morphée nous serreront à 21H00.

 

Nous ne nous sommes pas levés à 5H00 comme le soleil car on voulait être en forme pour la suite de Huangshan mais aussi pour notre visite de Hongcun. Après un bon petit déjeuner, nous avons de nouveau arpenté les centaines de chemins. Voici notre parcours si vous y allez une fois : Xihai Hotel, Cloud Dispelling Pavilion, Grand Canyon of the West Sea (first ring), Lion Peak, Beginning to Believe Peak, White Goose Ridge. Malgré un départ sous les nuages, cela s'est vite dissipé et nous avons pu voir un autre visage des montagnes avec un ciel bleu ! Le fait d'y être en octobre est sympa grâce aux couleurs automnales. Selon John, on était super chanceux car on a vu la mer de nuages au Cloud Dispelling Pavilion. On a couru comme des enfants pour être au premier rang. Certains attendent pendant des heures pour ce moment. C'est impressionnant de voir ces nappes de brumes encerclant les montagnes et recouvrant les gouffres et vallées. Pour le canyon, nous avons fait la première boucle. Il y avait un peu plus de monde à la queue-leu-leu. Je n'ose pas imaginer avec des dizaines de milliers de personnes .... Nous avons marché sur un petit pont suspendu. Ame sensible ou sujette aux vertiges s'abstenir. Encore une dizaine de kilomètres dans ce labyrinthe avec des pauses Yoga (il y a encore du travail 😃), la découverte du fameux pinceau de calligraphe (Magic Brush with a Flower on the tip) et des milliers de pins et rochers défiant les lois de la pesanteur... Bref, deux journées magnifiques. Je ne vous promets pas de suivre le dicton chinois car nous aimerions encore gravir de nombreuses montagnes mais vu la difficulté à choisir nos photos, je vous le transmets : "Aucune montagne ne vaut le détour après un voyage au Mont Huangshan".

 

Notre prochaine destination est aussi prisée par les artistes que les spectaculaires Montagnes Jaunes. Et si vous êtes cinéphiles, vous reconnaîtrez peut-être le décor du célèbre film "Tigre et Dragon" (clin d'oeil à beau-papa). Bienvenue dans le village typique de Hongcun (douzième siècle - dynastie Song). Il s'agit d'un des villages les plus beaux et les mieux conservés de la Province d'Anhui. Du ciel, il a la forme d'un boeuf. Le corps est formé par les 150 maisons, la tête par la colline de Leigang et les pattes par les quatre ponts enjambant le canal du village. Je vous le disais plus haut, le Chinois est imaginatif ! Non, je plaisante. C'est un Maître en feng shui qui décida de lui donner cette forme. Une autre caractéristique est son système d'irrigation encore en activité. Le long des ruelles, vous trouverez des petits canaux d'eau. Nous nous sommes promenés dans ces étroites ruelles, avons admiré la réflexion des maisons sur le Lac de la Lune (Moon Lake) et apprécié le travail des jeunes peintres croquant le pont en pierre du Lac du Sud. Nous avons visité le Pavillon Chengzi, construit en 1855 par un riche marchand de sel. Il est composé de nombreuses pièces (même des petites pièces secrètes pour cacher les concubines) et de cours intérieures. John nous a expliqué la disposition des pièces, la place des femmes et des hommes sur les chaises (femme à droite because women are always right ! 😀), le fameux trio des Dieux Prestigieux Fú Lù Shòu (福禄寿 symboles du bonheur, de la prospérité et de la longévité - c'est tout ce qu'on vous souhaite !). Comme je l'ai expliqué plus haut, lever les yeux permet de découvrir des sculptures sur bois exceptionnelles représentant la nature, des scènes de vie, ... C'était très intéressant, même les enfants écoutaient attentivement. Après cette visite, nous avons mangé dans notre superbe guesthouse typique (Zhang Mansion). Les enfants ont adoré leur lit tatami, les chats, les oiseaux qui disent bonjour, ... Le cadre est magnifique avec les jardins et cours intérieures. Adresse à vous recommander ! Nous avons droit à un très bon repas typique excepté la fameuse patte de poulet (testé et non approuvé). Après un jeu des 7 familles belges endiablé, nous sommes allés écouter un concert dans un bar et découvrir le village illuminé. Le matin, avant de déjeuner, Gilles et moi avons refait le tour pour découvrir une autre luminosité (il y avait du soleil). Nous avons aussi visité l'ancienne école avec un énorme arbre au milieu de la cour de récréation. Le bleu du ciel donnait un autre effet miroir à ce village. Bref, on vous recommande d'y passer une petite journée.

 

Notre délicieux petit-déjeuner mangé, nous reprenons la route vers d'autres villages pittoresques. Afin de couper le trajet en deux, John nous propose de nous dégourdir les jambes et de passer à travers les champs de thé à Wangyuan. Nous traverserons une rivière par un pont du vent et de la pluie (un  peu semblable à ceux du Guizhou) et ferons la connaissance de villageois. Les enfants jouent avec le chien, cueillent quelques fleurs, cherchent des châtaignes, ... plaisirs simples. Nous arriverons fin de matinée dans les villages du Nord de Tunxi, moins touristiques. On est dans la Chine profonde. On le sent directement aux villageois et à leur travail de la terre. Les paysans passent dans les ruelles avec leur houe sur l'épaule, des groupes discutent à côté des étendues de riz qui sèchent, les dames nous accueillent dans leur cuisine pour montrer la préparation de leur repas, des chèvres se baladent. Bienvenue à Chengkan, village aux 3 allées et 99 ruelles, lové au milieu de huit collines et parcouru par des rivières. Le village  est conçu selon la théorie du fengshui et de la géomancie chinoise (visant à améliorer la qualité de vie en assurant une circulation de l'Energie cosmique). Nous avons d'abord admiré le plus grand temple des ancêtres Luo Dongshu. C'est un sanctuaire en bois comportant plusieurs cours. Celles-ci sont arborées d'odorants Ostmanthus jaunes et oranges. Les gravures sont intéressantes également et ce qui impressionne ici, ce sont les couleurs vives du dernier hall. Nous retrouvons également quelques maisons traditionnelles avec le puits de lumière dont la Yanyi Tang (3 niveaux et vieille de 600 ans). Après avoir traversé le village, que de couleurs devant ce grand lac recouvert de nénuphars. Tout autour, les paysans ont disposé le fruit de leur récolte : piments rouges, maïs, citrouilles, ... Nous sommes plongés dans le passé et le silence ambiant nous transporte complètement. On restera une heure, tranquille, au bord de l'étang à observer les oies et le pêcheur.

 

Nous reprendrons la route quelques minutes pour notre dernière visite dans cette province qui nous était inconnue il y a encore quelques mois. Nous découvrons les Sept Arches commémoratives de Tangyue. On appelait ces arches des paifangs qui sont des portiques de l'architecture chinoise classique. Ces dernières sont les mieux préservées et remarquables de la région. Elles ont été érigées pour commémorer un fait honorable d'une personne du village. Par exemple : la piété filiale, la fidélité, la charité,  la loyauté ou encore la chasteté après le deuil ... Chacune porte une histoire. Trois datent de la dynastie Ming et quatre de celle des Qing. C'est assez symétrique et symbolique. A quelques pas de là, nous avons aimé voir les préparatifs des paysans pour célébrer la fin des récoltes. Le monsieur moustachu en grains de riz, blés et piments est sympa ! Nous sommes allés voir un autre hall des ancêtres édictant les lois en cas de mauvais comportements. Au vu des conséquences, il vaut mieux rester sur le droit chemin ...

 

Après un bref passage dans un parc à bonsaï, il est temps de prendre le train à grande vitesse qui nous emmène vers la Province de Zhejiang. En tout cas, quel bonheur cela aurait été de vous avoir avec nous papa, maman, Valérie et Vincent ♥️ On espère vous avoir fait voyager à distance. On remercie John qui a été un guide extraordinaire.

 

Chers lectrices et lecteurs, nous pensons bien à vous en ces temps sombres. Prenez soin de vous et de vos proches.

 

A très bientôt pour d'autres aventures chinoises. 

 

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Attention, Club Queen !
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Drôle d'écho - Yellow Mountains
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Mer de nuages
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Nuage en accélération !
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Le mainate qui dit NI HAO
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Red Hot Chilli Peppers

Les choses bougent sur Pékin. En juin, on passait du sourire aux larmes en quelques heures. Mais depuis le dernier article, on a la banane après notre évasion en Chine. 

 

Après avoir postposé et remanié de nombreuses fois notre voyage, nous avons pris l'avion le 23 juillet. Quelle joie de sortir de Pékin après six mois bloqués dans le district. Quel plaisir de découvrir deux nouvelles régions totalement différentes : le Sichuan et l'île d'Hainan. C'est donc avec nos cinq applications santé au vert, notre stock des masques ainsi que nos multiples papiers traduits en chinois et anglais que nous nous sommes envolés vers Chengdu, capitale du Sichuan (四川- Quatre Rivières). Elle est située au sud-ouest de la Chine. Les paysages sont particulièrement variés : terres fertiles, montagnes, bassins, rivières, lacs, ... Cette province particulièrement prospère a été éprouvée en mai 2008 par un séisme de magnitude huit qui a fait plus de 85.000 victimes. Mais depuis, la majorité des villes ont été reconstruites. Les habitants sont réputés pour leur joie de vivre. Ils aiment se réunir autour d'un thé (ou une bière) pour discuter, jouer aux cartes, ... On a ressenti une ambiance plus détendue qu'à Pékin ... Nous aurions dû y poser nos valises dix jours ... Cependant, la plupart des sites étant fermés aux étrangers de la province, nous nous sommes concentrés sur les musts touristiques en quatre jours et avons troqué les randos par le Club Med de Sanya 😊. Les grands espaces, les treks, les montagnes sacrées, ce sera pour la prochaine fois ! Préparez vos papilles aux épices et suivez nos premiers pas au pays des Pandas 🐼 .

 

Arrivés dans notre hôtel typiquement chinois à la décoration panda, le temps de poser nos valises, et hop, nous voilà partis à travers les petites ruelles "reconstituées à l'ancienne" (concept très à la mode en Chine 😊). De nombreux marchands, maisons de thé (élément essentiel de la vie sociale des Sichuanais), petits restaurants y sont présents. Avant notre découverte de l'opéra, nous nous arrêtons dans un bon restaurant végétarien (A lotus on the Water). Ce sera le début de nos découvertes culinaires. La cuisine du Sichuan est réputée pour son goût relevé et épicé. Les saveurs viennent des piments rouges 🌶 présents sous toutes les formes : séchés, en pâte, en poudre ou en huile. Le poivre de Sichuan (hua jiao), l'ail et le gingembre viennent en renfort ! L'association du piment et du poivre de Sichuan produit une saveur particulière baptisée "mala", qui signifie "engourdi brûlant". On peut vous dire qu'on a eu notre bouche anesthésiée quelques fois. Les Sichuanais mangeraient épicé pour mieux supporter le climat chaud et humide de la région. Selon la médecine chinoise, cela stimule le métabolisme et rétablit l'équilibre malmené par l'humidité ambiante. Et ça marche, en fin de repas, nous étions souvent rouge perlés 🥵 Il y aurait aussi de nombreuses vertus à manger "mala" : anti-obésité, anti-inflammatoire, antioxydant, ... Bien sûr, tout n'est pas toujours trop épicé mais, les Back ont joué le jeu à fond ! En quatre jours, nous avons opté une seule fois pour une autre cuisine. Laquelle ? Allemande ! Si, si, vous lisez bien ... comme une envie de Flammekueche pour apaiser nos palais. Donc, le premier soir, nous avons testé : nouilles Dan Dan, Kung Pao tofu (je le fais souvent en version poulet, aussi appelé gongbao chicken), baozi (pain vapeur) à remplir avec une petite préparation de champignons, haricots verts pimentés, ... Bref,  délicieux (et comme souvent ici, à prix démocratique).

 

Après cet interlude gastronomique, nous étions prêts pour l'Opéra du Sichuan, un des plus célèbres de Chine. Pendant le trajet, notre guide, Andie, nous a expliqué quelques parties du spectacle afin d'avoir une meilleure compréhension (vu le dialecte local). Les opéras chinois ne se limitent pas à la chanson. Art dramatique, comédie, danse, ombre chinoise, musique folklorique en groupe ou en solo, acrobatie, théâtre de marionnettes, cracheur de feu et le fameux Bian Lian y ont une place de choix. Nous voilà donc dans la maison de thé Shu Feng Ya Yun. Enorme salle illuminée par un plafond de lampions rouges. Andie nous informe qu'avant le show, nous pouvons choisir entre trois activités : théâtre de marionnettes, mini massage ou lavage des oreilles ... Arnaud optera pour le premier et apprendra quelques gestes spécifiques pour animer ces marionnettes en cuir très fin. Alex et moi en mode détente avec petit massage des épaules. Et Gilles se laissera laver les oreilles ... Attention, âmes sensibles s'abstenir ! C'est assez impressionnant. Nous avions déjà vu cela dans les rues de Yangshuo. Ici, les laveurs rôdaient aussi autour de notre hôtel, bien reconnaissables au bruit de l'entrechoquement de leurs outils.  A l'aide de longues tiges métalliques et une lampe frontale de spéléo, ils curent, massent l'intérieur et l'extérieur de l'oreille. Et mon cher et tendre s'est pris au jeu. J'étais contente d'entendre la note finale (voir vidéo). Bref, il était toute ouïe pour découvrir cette soirée haute en couleur. Ce spectacle vaut la peine d'être vu : éclectique et impressionnant. Rien n'est laissé au hasard : maquillages, costumes, musiques, ... On peut écrire des articles (des livres) entiers sur cet art. Je me limiterais à quelques mots sur les performances.

 

  • Danse et marionnette : un danseur articule une marionnette grâce à de longues tiges. C'était très émouvant de voir cet acteur se mouvoir si gracieusement avec cette jolie demoiselle. Les gestes sont fluides, les regards amoureux, ... on dirait un vrai couple. 
  • Musique folklorique : la musique est omniprésente. A l'arrière, plus de dix artistes avec des instruments traditionnels animent la soirée. Nous avons aussi eu droit à deux solistes. Le joueur très classe d'Ehru, sorte de violon rudimentaire à deux cordes qui nous a fait voyager. Le flutiste a marqué nos esprits (oreilles ?). Avec son suona aux sons aigus et forts, nous n'étions pas mécontents de le voir finir. Alors que mes voisins chinois en redemandaient. Choc des cultures ?
  • Ombres chinoises : un drap, une lumière et deux mains expertes suffisent à créer de multiples animaux animés : chiens, serpent gobant sa nourriture, hibou aux grands yeux. Top !
  • Comédie de la lampe ou l'histoire du couple où on comprend très vite qui tient la culotte 😃 : l'homme rentre tard après avoir bu et joué au jeu de cartes (Ça vous parle les Ping Ladies ?). Sa femme, pour le punir, décide de lui faire faire des acrobaties avec une lampe à huile allumée sur sa tête. Les expressions du pauvre mari sont extraordinaires. Beau jeu d'acteurs. Il paraît que les Sichuanaises ont un caractère fort. A voir comme les spectateurs regardaient leurs épouses, ça devait leur rappeler leur vie de tous les jours.
  • Opéra chanté : là, on n'a pas trop (du tout) compris l'histoire mais impressionnant de voir les différents personnages aux maquillages et costumes traditionnels se mouvoir à toute vitesse sur leur haut talon (plateforme serait plus adapté comme mot). Leurs habits permettent aux érudits d'identifier le sexe, le statut social et le caractère des personnages. 
  • Acrobatie : une troupe d'acrobates nous impressionne par leurs multiples cabrioles dans les airs. 
  • Bian lian : le clou du spectacle. C'est la magie du changement de visages. En une fraction de seconde, les acteurs changent de masques pour représenter différentes expressions et émotions. Par un simple balayage de la main ou un mouvement de tête, ils passent du sourire aux larmes. La technique requiert énormément de travail, de précision et de rapidité. Selon mes lectures, les plus expérimentés portent vingt-quatre masques et parviennent à en changer dix en moins de vingt secondes. Le secret se transmet de génération en génération depuis 300 ans. Les effets de lumière et cracheur de feu renforcent l'illusion.
  • and much more ...

Comme vous pouvez le constater, la soirée a été haute en couleurs. Allez au dodo car demain, journée en noir et blanc avec un peu de roux quand même 😃 

 

Il en resterait un peu plus de 1850 dans les montagnes situées aux confins du Sichuan, Gansu et Shaanxi ... Mais qui sont-ils ?  Ces fameux pandas géants qu'on aimerait serrer dans nos bras (enfin, surtout les petits de quelques mois). Nous en verrons quelques dizaines lors de notre balade au Chengdu Daxiongmao Fanyu Yanjiujidi (Centre d'élevage et d'étude du panda géant). Fondé en 1987 pour le sauvetage de six pandas géants, il compte maintenant plus de 100 représentants du trésor chinois. Cet énorme site ombragé permet de reconstituer au mieux leur habitat naturel.  Il est composé de nombreux enclos où le bambou est roi mais aussi d'un centre de recherche et d'élevage, d'un musée et de nurseries. Nous avons pu y voir un tout jeune bébé de quelques semaines. A leur naissance, il ressemble plus à une souris blanche (100 g pour 15 cm) qu'à un pandi-panda. Né aveugle et pas complètement formé, il atteint un poids de 20 kilos vers deux ans. Il peut peser jusqu'à 150 kilos à l'âge adulte. Ils sont très concentrés lorsqu'ils mangent leurs bambous. Saviez-vous qu'ils peuvent en ingurgiter jusqu'à 20 kilos par jour et passer quatorze heures à les mastiquer suite à leur faible capacité à assimiler la cellulose ? Bien que classé parmi les carnivores, il se nourrit à 99 % de végétaux ... Franchement, on a passé des heures à les regarder manger, mâcher, se mouvoir de manière si pataude ou simplement dormir. Car comme dit notre guide, c'est la vie rêvée du Sichuanais : dormir, manger, ... et pour la reproduction, il passera son tour ! D'un caractère solitaire et vu leur nombre limité, pas évident de rencontrer l'âme soeur. Encore faut-il tomber au bon moment car la période de fertilité ne dure que trois jours et une fois l'an. Le reste de la grossesse est aussi complexe. Ils ont intérêt à avoir les étoiles alignées.  Allez les Belges, soyons fiers, ceux de Pairi Daiza ont donné naissance à trois enfants (bon, certes en captivité). Hors Covid, il est possible de participer à des programmes pour les soigner ou visiter une autre réserve plus sauvage. Cependant, ce premier aperçu était extraordinaire. Les enfants ont aussi adoré les pandas roux, beaucoup plus actifs ! On peut vous conseiller d'y aller à la première heure car après, ils digèrent et sont moins enclins à bouger. Belle sortie au vert et instructive pour toute la famille.

 

Notre peluche panda géant déguisé en panda roux en cadeau, retour au centre ville et découverte des ruelles étroites, larges et croisées (Kuan Zhai Xiangzi) datant de la Dynastie Qing. Dans l'Allée large (Kuan), les nombreuses boutiques, hôtels raffinés, salons de thés traditionnels, auberges typiques vous offrent l'opportunité de vous plonger dans la vie populaire de l'ancien Chengdu. L'allée étroite (Zhai) représente la vie au ralenti et les loisirs avec ses cafés, ses commerces de détails, ses jardins. L'allée Jing est une zone multiculturelle et plus nocturne avec ses pubs et clubs. Elle représente le nouveau Chengdu. Nous avons découvert quelques cours intérieures et posé sur les murs à reliefs. Les boutiques sont charmantes ; les étals appétissants sauf les fameux snacks "têtes de lapin" qui sont un must de la cuisine de Chengdu. Là, on n'a pas testé 🐰. Par contre, notre petit resto de midi aux saveurs épicées était excellent (version non végétarienne des plats choisis la veille).

 

Après une petite pause à l'hôtel (lisez entre les lignes, le moment écran des enfants et des parents, soyons honnêtes !), nous décidons de visiter le Temple Wenshu (le Bodhisattva de la Sagesse et de l'Intelligence), école la plus importante du bouddhisme zen. Situé au nord de la ville, ce monastère est le plus grand et le mieux préservé de Chengdu. Véritable petit village bouddhiste dans la ville, il renferme des maisons de thé, restaurant végétarien, vendeurs d'encens, ... Pour le côté culturel, baladez-vous entre les différents pavillons, admirez les centaines de statues, peintures, calligraphies, ... Et surtout arrêtez-vous et observez ! Déambulez dans les jardins et attardez-vous devant les personnes pratiquant le Tai-chi ou le Qi Gong. Les plantes sont magnifiques, les plans d'eau remplis de poissons et tortues. Nous y retournerons deux jours après, sans enfants, pour le voir sous un grand ciel bleu. Pour finir cette journée, nous décidons de plonger dans un tout autre décor et atmosphère. Nous finirons au resto allemand Lenbach avec musique live, flammekueche, mètres de bières (pas pour nous of course 😊), magnifique papier peint et horloge de grand-mamy. Comme un saut dans une autre dimension !

 

Cap sur le Sud pour découvrir la statue de Maitreya, le Bouddha du futur. Rendez-vous à Leshan avec le plus haut bouddha en pierre du monde. Ses dimensions sont impressionnantes. Creusé à même la roche, il mesure 71 mètres de haut et 28 de large. Sa tête atteint les 15 mètres, sa coiffure contient 1021 "crolles". Ses oreilles, longues de 7 mètres, symbolisent la sagesse et l'abandon du matérialisme. Situé au confluent de trois rivières (Dadu, la Min et la Qingyile), ce Bouddha a été sculpté dans l'espoir de protéger les navires des courants meurtriers et d'éviter les inondations de la ville. Et ça a marché ! Est-ce grâce au Buddha ou suite aux rochers tombés dans la rivière permettant de combler certains trous dangereux ? Je vous laisse méditer sur la réponse.  Il a fallu 90 années pour le concevoir (713-803) sous l'initiative du moine Hai Tong. Le site sur lequel est situé le bouddha regorge de petites grottes, temples, ... Nous avons apprécié le temps passé sur place. Par contre, vu la file d'une heure trente, nous avons rebroussé chemin et n'avons pas fait le tour du Bouddha par l'escalier sinueux. Nous l'avons donc vu de haut et puis aussi de face grâce à la petite croisière. Cela nous a permis d'avoir une vue d'ensemble de cet édifice somptueux. Assis face à la rivière, il affiche un visage paisible et serein dans une symétrie parfaite. Il est protégé par ses deux gardiens. Les couleurs sont également impressionnantes : statue ocre entourée d'une forêt verdoyante. 

 

Initialement, nous aurions dû aller à la montagne sacrée d'Emei Shan directement après Leshan. Mais, comme indiqué au début, ce sera pour une autre fois. Nous sommes donc remontés vers Chengdu (et ses bouchons) pour une autre découverte, culinaire cette fois, avec le traditionnel hotpot (huo guo - feu marmite). Et on vous assure, c'est HOT HOT HOT 🌶 🌶 🌶. Rien qu'en rentrant dans le restaurant, ça piquait à la gorge et aux yeux. Et vous savez que tousser n'est pas la meilleure des choses à faire depuis quelques mois ... Cependant, nous n'avons eu que des sourires et des regards curieux à notre arrivée. Nous étions les seuls touristes du resto. Nous voilà donc avec la carte devant nous. Nous choisissons ce que nous connaissons et apprécions. On n'a pas vraiment la même sélection que nos voisins de table (intestins, cervelle, tripes, pattes de poulet, ...). Nous avons opté pour du boeuf pimenté (même pas peur), des tranches d'agneau, des pousses de  lotus, de la salade, des pommes de terre, ... Et on l'a joué petit en prenant le "yuanyangguo" (canard mandarin à deux couleurs), à savoir que notre marmite était divisée en deux avec un bouillon rouge épicé et un blanc à base de poulet plus soft. Quand ils l'amènent à table, c'est encore à l'état solide mais le bouillon se transforme vite en potion magique en faisant apparaître des piments entiers. A côté de cela, vous vous préparez une petite mixture à base d'huile de sésame, ail, coriandre, jeunes oignons. Comme une fondue, l'objectif est de faire cuire (à la baguette) les différents aliments dans le bouillon. Attention, c'est parti pour la pêche. Eh bien, c'était très bon. Pimenté mais délicieux. Avec cela, vous buvez du thé, eau chaude, bière ou encore bai jiu (alcool typiquement chinois, beurk). On a beaucoup apprécié cette soirée en famille. Autour de nous, les tables sont joyeuses. Les personnes se lèvent pour porter des toasts, le restaurant est plein, les serveurs très serviables, ... A conseiller.

 

Notre troisième journée sera ensoleillée et en pleine nature. Nous prenons la route vers le système d'irrigation de Dujiangyan. Ce système ingénieux (digue-dérivation-irrigation), construit entre 306 et 251 avant J-C, est l'oeuvre de Li Bing et de son fils Er Lang. La région était souvent frappée par d'importantes inondations et de fréquentes sécheresses suivant les saisons. Non touché par le tremblement de terre, il fonctionne toujours aujourd'hui.  Selon le site de l'Unesco, "il met à profit les caractéristiques topographiques et hydrologiques naturelles de la région pour résoudre les difficultés posées par le détournement des voies d'eau à des fins d'irrigation ainsi que par l'évacuation du limon, la prévention des inondations et le contrôle des débits fluviaux à l'aide de barrage. Il irrigue maintenant 668.700 hectares de terres arables". Après ce passage plus technique, on peut vous dire que l'environnement autour est splendide. Lové au milieu des montagnes, on a une vue magnifique sur la nature. Sur le site, des temples ont été construits à la gloire des concepteurs : Les Temple Erwang et Fulong. Belle balade ombragée dans un décor féérique. A la fin, on appréciera la petite rue commerçante qui nous fait penser à la Toscane ... Les enfants se laisseront tenter par de délicieux jiaozis. On passera sous le Pont couvert de Nanqiao, point de rendez-vous des locaux pour discuter et jouer au Majong au frais. Il s'agit d'un petit joyau coloré avec son architecture, ses fresques et calligraphies, ... avec une vue imprenable sur la rivière et les montagnes enneigées.

 

Avant le sport, nous engourdirons nos bouches avec des petites pommes de terre aux épices étranges. Comme un effet d'oeuf Milka pétillant ...  sauf que tu as l'impression d'avoir des fourmis rouges sur la langue. Gilles a quand même réussi à finir le plat 😃! Et les enfants ont bien aimé aussi. De vrais warriors du piment les petits Back ♥️Les voilà donc prêts à grimper la Montagne sacrée Qingcheng, berceau du Tao¨ïsme mais également décor film Kung Fu Panda 2 et 3 🐼 ! C'est là que le philosophe Zhang Ling fonda la doctrine du Taoïsme chinois. Le Mont Qingcheng, c'est aussi une chaîne montagneuse possédant 36 pics. Son point culminant est le Pic Laoxiao Ding (1260 mètres d'altitude), il nous faudra deux heures pour l'atteindre. En chemin, nous croiserons des temples, pagodes et pavillons dédiés aux différentes divinités taoïstes. La nature est magnifique : la forêt luxuriante (gingkos, pruniers, pins), les oiseaux gazouillant, les fleurs parfumées, ... De plus, les sentiers sont peu fréquentés. Nous retrouverons un peu plus de monde à la sortie du télésiège (nous avons opté pour le faire à la dure - Pauvres enfants 😃). Il reste encore quelques centaines de mètres avant d'atteindre le sommet. Les plus paresseux se feront emmener sur des hamacs par de courageux porteurs. Nous ferons encore quelques arrêts dans les différents temples, contemplant les couleurs, les fidèles, les statues avant d'atteindre le Pic et le Laojunge Temple avec sa pagode de trente-trois mètres de hauteur. Nous sommes chanceux et avons une vue dégagée sur les montagnes et la plaine. Les enfants sont fiers d'eux et nous aussi. On respire après ces quelques mois plus compliqués. On est simplement heureux d'être là. Andie, notre guide aussi. En six mois, c'est seulement la deuxième famille qu'elle anime. La situation a été très compliquée pour le secteur touristique. Espérons que la deuxième partie de 2020 soit meilleure. 

 

Pour le retour, on reprendra le télésiège, traverserons le lac par bateau et hop, en voiture Simone jusque Chengdu. On ira boire un verre dans un petit bar sympa. On mangera un petit bol de nouilles, les  fameux Dan Dan miantiao, dans un resto près de chez nous. Demain, on décolle vers une toute autre destination ! Fini les montagnes et les épices, la mer nous attend !

 

A très bientôt à Sanya. Je vous jure que le texte sera beaucoup plus concis 😂!

 

PS : Le titre fait référence au piment chilli 🌶  mais l'article a été écrit en écoutant les Red Hot Chili Peppers avec mon petit coup de coeur pour Road Trippin' :  "Let's got get lost, Let's got get lost" ... 

 

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Lavage d'oreille
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Il y a du mouvement sur la scène !
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Ombre chinoise
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Suona, stop ou encore ?
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Cracheur de feu
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Bian lian
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panda géant et son arbre toboggan
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Panda roux, le préféré des loulous
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Illusions, illusions, qui s'en vont

Petit clin d'oeil au chanteur verviétois, Pierre Rapsat, pour illustrer notre état d'esprit du jour : "La grande roue ... Elle tourne, elle tourne. Et mes larmes de joie, qui coulent, qui coulent sont si amères. Pourquoi ? Illusions "

 

Le mois de juin commençait sur les chapeaux de roue à Pékin : 56 jours sans nouvelle infection, la Chine proclamait son glorieux combat contre le Covid-19. Nous, on parlait même de projets à plus de trois semaines (victoire) : reprise de l'école pour Alexandre, petites excursions, programmation de vacances en Chine (le deuil de notre retour en Belgique accompli), invitations à la maison, Gilles trois jours par semaine à Pékin suite à la fin du homeworking, atmosphère plus légère, ... Que demander de plus ? Juste que cela dure plus longtemps ! Nos espoirs se sont vite effondrés à cause d'une "planche à découper du saumon importé" : no comment !

 

Bref, retour à la case départ mais avec un autre état d'esprit : lassitude, tristesse, fatigue, scepticisme, impuissance, inconfort, frustration, résignation, ... bon, j'arrête 😅 Coup de massue, chateau de cartes effondré, grosse merde QUOI. A quelle sauce allons-nous être mangés cette fois-ci sachant que cela touche notre ville d'adoption et qu'on ne chipote pas avec LA Capitale ! Comme déjà indiqué dans les articles précédents, "sur base des chiffres officiels", Pékin a été très peu impacté contrairement à Wuhan. Début juin, on parlait d'environ 500 cas (soignés pour la majorité) et neuf décès sur les six derniers mois. Pour rappel, Pékin compte plus ou moins 22 millions d'habitants ... Je vous laisse faire les pourcentages. Comme je lisais dans un article du Soir, on ne peut peut-être pas parler de seconde vague ici vu qu'on n'en a pas vraiment eu une première.  

 

Le 11 juin recommençait donc la spirale infernale des mesures drastiques suite au cas du Marché de gros de Xinfadi (Rungis local approvisionnant les millions de Pékinois) : certains quartiers confinés (ici, ça veut dire : "Tu ne sors plus de chez toi". Un demi-million de Pékinois sont assignés à résidence), tests covid massifs (A ce jour, 8,3 millions d'échantillons prélevés), diminution du trafic aérien (qui était déjà à un niveau très très bas), fermeture sur-le-champ des écoles de Pékin, ... On parle d'une situation "extrêmement grave" (mot de la mairie de Pékin mais qui crée des débats quant à la traduction). Cependant, le nombre d'infections communiqué nous paraît minime par rapport aux autres pays. Pour vous donner une idée, nous avons eu deux pics le 13 et 14 juin avec 36 cas confirmés chaque jour. A l'heure actuelle, on reste dans les dizaines par jour (ce dimanche 28 juin, on parle de 4 cas). Le risque zéro, stratégie chinoise, nous semble utopique. Ici, on sort l'artillerie lourde mais on n'est pas dans le secret des dieux ... A méditer !

 

Dans notre vie de tous les jours, à Shunyi, on retrouve les mesures auxquelles nous étions déjà si bien habitués. Le plus compliqué a été pour moi d'annoncer la fin de l'école. Depuis le deux juin, Alexandre revoyait ses copains et professeurs. Il était heureux de tous les retrouver (malgré les contraintes obligatoires de sécurité). Son année se terminait le 19 juin à midi. Cependant, le mardi 16 juin, à 23h, une annonce du Gouvernement nous informe de la fermeture immédiate de toutes les écoles. Retour au homeschooling pour les deux jours et demi. Le mercredi, c'était la cérémonie de fin de primaire. Ils attendaient tous cela avec impatience. Finalement, elle aura eu lieu le jeudi de manière digitale. Bref, retour à la débrouille. Il aura quand même récupéré ses diplômes devant l'école. Franchement, nous trouvons que les enfants ont géré ces six mois de homeschooling avec beaucoup de patience et de bonne humeur. Nous sommes très fiers d'eux et de leurs progrès dans ces circonstances spéciales. Leurs bulletins sont excellents. Bravo les loulous et vive les vacances.

 

Ce qui est difficile pour nous, c'est l'incertitude. Demain, notre quartier peut-être bouclé sans préavis. Tu veux faire une visite dans le centre ou dans les campagnes, tu dois vérifier que tu ne passes pas dans une zone rouge sous peine d'avoir ton QR code en mode "tu ne peux plus accéder à rien pendant deux semaines". C'est assez impressionnant de voir également les villageois bloquer toutes les rues pour éviter le passage des étrangers au village. Tu veux aller dans une autre province ? On te demande des tests et/ou des quarantaines à ton arrivée là-bas. Donc, nos déplacements sont plus que restreints. Gilles ne peut de nouveau plus aller dans son entreprise. On a finalement postposé nos vacances (Sichuan et Hainan). On croise les doigts pour que cela ne s'éternise pas et voir des jours meilleurs. Illusion ?

 

Nous, on pense comme Annie Cordy (ma culture musicale est vaste 😂) : "Y a des hauts, Y a des bas, c'est toujours comme ça !" C'est vrai que j'aurais pu choisir ce cher Eicher : "J'avais des hauts. J'avais des bas. Je crois que j'en voulais trop. J'ai même eu, ce que je ne voulais pas ! " On se dit qu'il y a toujours pire que nous (santé, famille réunie, amour, amitié, job sont au RDV). Bref, on essaie de s'attacher au meilleur. `Et il y en a, un peu, beaucoup, passionnément ! C'est vrai qu'on a eu un gros "coup de mou" fin juin mais on reprend vie. La force tranquille du couple, des enfants tout sourire, une chouette bande de copains et nos familles en forme ! Donc, c'est avec plaisir que je vous partage en photos ces moments entre amis, ces découvertes en famille, ces repas, ces soirées d'au revoir (beaucoup quittent cette année 😥), ces sorties sportives, ... SANS sortir des sentiers battus of course (nos QR code santé et Health kit au vert, gage de notre "liberté contrôlée" !). 

 

Voici nos deux coups de coeur touristiques : la fabrique des tuiles vernissées (Beijing Tong Construction Material - Changping district) et les Gorges de Longqingxia. La première visite a été faite avec une dizaine de copines. Plaisir de se retrouver au milieu des campagnes et montagnes. Située au nord de Pékin, cette usine cache des milliers de trésors dans un vaste terrain vague. Mais quels trésors me direz-vous ? Des tuiles colorées, des animaux mythiques, des ateliers, ... Tout ce qui caractérise les toits traditionnels chinois. Quand vous viendrez à Pékin, n'hésitez pas à lever les yeux pour découvrir ces merveilles. Les animaux mythiques sont les protecteurs des temples et palais. Ils sont dix mais leur nombre (souvent impair) sur les toits varie en fonction de la puissance de celui qui vit en-dessous. Leur rôle initial était de favoriser le maintien du toit mais on y a vite ajouté un rôle symbolique. Par exemple : le phénix apporte le bonheur et la chance ; le singe empêche la foudre de tomber ; ... il y a aussi le dragon-lion, le dragon-poisson, un cheval céleste, une licorne. Je vous confie que j'ai encore un peu (beaucoup ?) de mal à les reconnaître. Nous nous sommes donc perdues au milieu de ces milliers de tuiles à chercher la perle rare. Bon, le plus simple, c'est de passer dans la petite boutique qui regorge de couleurs et idées. Mes acquisitions en photo !

 

Le dimanche 14 juin, malgré un climat stressant (et des fake news à la pelle), nous avons décidé de prendre le large et de visiter le site de Longqingxia (Nord-est de Yanqing, une heure trente de Pékin). Connu pour être le mini Harbin en hiver (sculptures sur glace), c'est un véritable havre de paix en été. Bon, avec le contexte, les sites sont désertés (peut-être le seul point positif de cette période trouble). Une fois passé le village artificiel méritant un petit rafraichissement, nous sommes prêts à rentrer dans la "gueule" du dragon jaune. A l'intérieur, un énorme escalator de 258 mètres vous emmène au barrage. Et là, vous découvrez vraiment la nature : les gorges, les montagnes, la rivière couleur jade, les rochers. Nous naviguons paisiblement en bateau et apprécions cette escapade avec un ciel bleu éclatant. Les enfants ne manquent pas l'appel de la tyrolienne. Arnaud, un peu stressé au moment de sauter, retrouve vite le sourire à côté de son frère. Alexandre aurait bien tenté le saut à l'élastique (trop jeune ouf !). Après un passage au Temple du Diamant, nous décidons de prendre de la hauteur pour atteindre celui de l'Illusion. J'ai surtout cru que Gilles allait faire disparaître Arnaud qui a pleuré toute la montée. Et vingt minutes, c'est long. Vive la fête des pères ! Les larmes séchées et les esprits remis en place, nous avons profité de cette vue imprenable sur les gorges. Retour au bateau et nous décidons d'emprunter le téléphérique tout en couleur pour monter au sommet : toujours plus loin, toujours plus haut ! Le premier temple est sympa avec sa cour intérieure et son arbre. Gilles et moi, on veut accéder au pic, of course. Cette fois-ci, c'est au tour d'Alex de nous tenir tête. Ahhh, s'ils pouvaient au moins râler au même moment. Après discussion, on arrivera à être tous les quatre près de l'arbre à voeux. La vue est extraordinaire sur les plaines et montagnes. Les quelques nuages tranchent le bleu du ciel. A 15h30, nos estomacs crient famine. Rien de mieux que de bonnes nouilles "panda" pour les sustenter 😂L'air de rien, ça nous a bien goûté. Pour couronner cette journée, les enfants redescendront en luge (comme à Télécoo quand j'étais petite). Cette sortie familiale est à recommander !

 

Comme je vous l'expliquais, cette période étrange nous a permis de resserrer des liens ou de découvrir de nouvelles amitiés (les petits aussi). Que ce soit par le biais du sport, de soirées jeux de carte (belote, poker, rikiki, le retour pour le plus grand plaisir de Gilles), de repas, des copains des petits, des  fêtes de départ, ... Cela permet de vivre avec plus de sérénité ces moments loin des nôtres. On nous a initiés au Spike ball. Il s'agit d'un sport inspiré par le volley-ball. Une des grandes différences est que le filet est au sol et prend la forme d'un petit trampoline. Deux équipes de deux joueurs se font des passes (maximum trois). Le but du jeu est de faire rebondir la balle sur le filet de façon à ce que l'équipe adverse ne soir pas capable de la retourner. Pour le mois de juillet, mon investissement sera un vélo de route afin de suivre Gilles ... Car si l'habit ne fait pas le moine, le vélo fait la vitesse. 

 

Début juin, nous avons eu l'occasion de rendre les invitations et d'avoir une fois quatorze invités en même temps ! YOUPI. Ça change des trente prévus en février (Soirée annulée faute Covid) mais c'était déjà un bon début. Du coup, nous avions préparé un petit blind test en leur demandant de nous transmettre deux chansons sur les thèmes : "Celle-là, je la chante" et "Sur celle-là, je danse". Et comme d'habitude, ça prend toujours (n'est-ce pas les pongistes belges ?) ! On a dû accepter les Sardines, le Capitaine Flamme ou encore An der Noordseeküste et son fameux bateau 😂mais vu l'ambiance, j'ai même apprécié (à dose homéopathique). Bref, c'était très gai et très bon grâce aux spécialités culinaires des invités. Et quel plaisir de voir ces sourires et de danser 😊

 

Alexandre et Arnaud sont heureux d'être en vacances et en vadrouille dans notre quartier. Arnaud me fait rire avec sa bande : des jumeaux chinois ainsi que sud-africains, un Turc-Allemand et des Brésiliens. Des fois, on ne le voit plus pendant quatre heures. D'autres fois, on a sept enfants de plus à la maison ... Lundi, ils s'étaient mis en tête de préparer de la limonade et de la vendre. Si je vous dis que le chiffre d'affaires a été au delà de nos espérances, vous nous croyez ? Alex est plus souvent avec une bande de Francophones et Coréens. En tout cas, c'est top pour eux car ils étaient tristes de ne pas revoir les cousins/cousines et amis belges. 

 

Voilà notre mois de juin a été chamboulé, une vraie montagne russe des sentiments ! Parti en force et retombé au milieu avec des secousses non prévisibles.  On garde le sourire même si des fois notre petit coeur saigne. On finit avec les mots de Pierrot : "Tous les rêves, tous les rêves que l'on a poursuivis. Tous les rêves, tous ces rêves pour un bel aujourd'hui. Et qui nous donnaient l'envie d'aller jusqu'au bout. A présent nous supplient de rester debout ... Il suffit d'une étincelle pour que tout à coup, ils reviennent de plus belle. Les rêves sont en nous,  les rêves sont en nous ..."

 

♥️ A très bientôt ♥️ 

 

LA BACK Family

 

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Vive la tyrolienne. Suivez les petits Back !
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Le spike ball, ça donne cela !
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Sunset Lover

Suite de nos aventures dans cet archipel de 7.107 îles ... Bienvenue au paradis des plongeurs et des plus beaux couchers de soleil !

 

C'est en écoutant "Petit Biscuit" (DJ belge) que je vous écris cet article en direct de ma cuisine pékinoise. En face de moi, deux loustics en mode break dans leur journée de home-learning ; dans le bureau, mon homme en home-working. Notre vie avant / après les Philippines a bien changé. Le Covid 19 (Coronavirus) est passé par ici ... Les règles de vie sont de plus en plus contraignantes, les prises de température fréquentes, les départs massifs et la date de reprise de l'école postposée à ... Aucune idée. On nous préviendra trois semaines avant afin de prendre nos dispositions pour les retours et les quarantaines. Ah la quarantaine ... Ce mot, je ne l'aurais jamais aussi souvent entendu ! 2020, année de mes quarante ans. 2020, année des quarantaines chinoises, en veux-tu, en voilà ! Quarante ans : la remise en question. On se refait le film de sa vie ... Bon, sur ce coup-là, j'avais déjà une longueur d'avance. Moi, je la vois joyeuse cette année même si elle ne commence pas sous un ciel clément. Ici, on devient philosophe. On se recrée des autres activités. On se découvre en tant que parents-professeurs et on se dit que sur ce coup-là, on ne s'était pas trompé de voie. On n'a jamais été si souvent à nous quatre mais finalement, on s'entend bien (ça vous étonne ?). On ressort les jeux de société, on crée de nouvelles amitiés, on rêve à de nouvelles destinations (Birmanie, Thaïlande, ...) et on se replonge dans nos photos. Ah, qu'est ce qu'on avait bon à BOHOL (Province de la Région des Visayas)! Allez, je vous y emmène !

 

La traversée "Camiguin-Bohol" avait un autre goût que la semaine précédente. Nos batteries rechargées à fond, une mer calme, une discussion sympathique avec des Français, le ciel bleu, une vue splendide sur les deux îles, des enfants sages, ... Arrivés, nous avons de nouveau fait un arrêt pour acheter des petits pains. L'employée nous reconnaît directement et nous renvoie son plus beau sourire. Les sandwichs sont délicieux, une véritable madeleine de Proust pour moi (cela me rappelle les "djidjip" de ma grand-maman).

 

Après une heure trente de route, nous arrivons à Amorita Resort situé sur l'île toute proche de Panglao. Superbe hôtel, accueil chaleureux et une vue à couper le souffle sur Alona Beach en direct de la piscine débordante. Que demander de plus ? Un bon cocktail ? Voeu réalisé directement 😃 Comme vous pouvez le deviner, notre première aprem fut zen, très zen, très très zen. 

 

Le 29 janvier, c'était le jour J pour Alexandre : onze ans déjà ! On lui avait concocté un petit tour de Bohol. Nous avons commencé par la statue commémorant le Pacte de sang (1565 - Blood Compact Monument) entre le chef de Bohol Rajah Sikatuna et le conquistador espagnol Miguel Lopez de Legazpi. Véritable traité international de la paix et de l'amitié scellé en buvant le sang de chacun. Après, nous avons visité l'Eglise Notre-Dame de l'Assomption endommagée suite au terrible tremblement de terre de 2013. Nous avons été accueilli par la messe du mercredi donnée pour les élèves du collège. On avait de nombreux yeux rivés sur nous. Nous avons été impressionnés par la grandeur et les couleurs de l'église.

 

La suite de la journée allait plaire à Alex qui avait mis son nouveau T-shirt : visite des tarsiers au Philippine Tarsier Sanctuary de Corella. Vous voyez ce que c'est ? Il s'agit du plus petit primate du monde (maximum seize centimètres) caractérisé par des yeux surdimensionnés (vous avez dit globuleux ?). Ces derniers prennent plus de place que son cerveau mais ne bougent pas. Heureusement, sa tête peut pivoter à 180 degrés. Il est malheureusement en voie de disparition. Animal nocturne, il se repose la journée et ne supporte pas le stress. C'est donc dans le silence que nous les avons observés. Ils étaient à un mètre de nous tous endormis (on en a vu quatre).  J'étais impressionnée par leurs longs doigts (enfin, tout est relatif 😊).

 

Le nom de notre prochaine visite devrait plaire aux gourmands : les Chocolate Hills. 1268 collines arrondies, d'une hauteur de trente à cinquante mètres, se succèdent à perte de vue. Elles prennent une couleur brun chocolat pendant la période sèche. Selon une légende, elles auraient été creusées par les larmes d'un géant suite à un chagrin d'amour. Un autre mythe parle d'une dispute de deux géants. Ceux-ci, en se battant, auraient mis un fameux bazar au paysage 😊 Pour les plus cartésiens, c'est un phénomène géologique unique (je vous laisse le découvrir par vous-même). C'est un endroit assez touristique et aménagé (magasins, terrains de quad, ...). Nous avons apprécié le panorama du haut du poste d'observation.

 

Après, nous avons pris notre envol comme de vrais papillons dans une petite ferme qui leur est consacrée. Pour mettre un point d'honneur à cette matinée, notre guide nous informe d'une croisière-repas sur la Rivière Lobok. Hum, hum. Déjà en arrivant, on se trouve dans un hall de gare, on doit patienter autour de nombreux touristes (tout ce qu'on essaie d'éviter depuis quelques jours). Et puis, on vient nous chercher pour partager la table d'un couple de Suisse-Allemand (sympa). On se retrouve autour d'un magnifique buffet (tout ce que j'aime) avec nos compatriotes chinois. Après une certaine appréhension, la croisière s'amuse quand même bien. Clou du spectacle : un happy birthday chanté par les musiciens et un énorme gâteau. Attention, effet Schtroumpf assuré. Vive les colorants ! Nos compagnons de croisière ont apprécié en tout cas ! A 14 heures, nos visites sont terminées. Nous avons joué, plongé, lu, découvert la présentation de l'hôtel sur Bohol, apprécié leurs cocktails offerts et surtout nous sommes tombés amoureux des couleurs du coucher du soleil 🌅. Le paradis ! Pour finir en beauté, Alex avait encore une petite surprise dans notre chambre. Anniversaire à Bohol, le top (entre nous, on espère qu'il s'en souviendra).

 

Réveil aux aurores et OUAWWW, le lever de soleil est splendide aussi !!! Aujourd'hui, journée sous le signe de la mer. Rien que notre balade pour atteindre le bateau, sous les couleurs rougeoyantes, les pieds dans l'eau, nous met la pêche. Nous avons rendez-vous avec les dauphins. Pour les atteindre, calme blanc (sans Nicole), une mer d'huile, un ciel magnifique et le silence ... Après notre rencontre furtive avec ces mammifères (on n'en a vu que cinq), cap sur Virgin Island. Pour y arriver, on sera accompagné de centaines d'étoiles de mer. La mer est translucide. Je me répète mais je n'ai jamais vu une mer si transparente ! Le batelier devra descendre quelques fois pour pousser le bateau, bloqué dans les cinquante centimètres d'eau. Et finalement, ce bandeau blanc long de ..., sans végétation (mensonge, il y a quelques mangroves), entouré d'une mer turquoise se présente devant nous. Personne à l'horizon ... On y restera une petite heure à observer les Bernard l’hermite, les étoiles de mer, les coquillages, ... Les petits dessinent dans le sable, nous, on profite, comme des gosses. En quittant l'île, on voit des petites bawettes s'installer, prêtes à recevoir le chaland. Allez-y tôt pour profiter de ce paradis blanc en solitaire.

 

Maintenant, c'est le moment snorkelling sur l'île de Balicasag. Nous montons dans un petit bateau de fortune  (Je ne vous dis pas comme nous devions être beaux à voir lors de nos essais pour remonter dedans à la force de nos bras).  Nous partons dans les fonds marins (où, je m'évade un peu trop) avec notre tuba et masque. Pour la première fois de notre vie, nous aurons la chance de voir des tortues de mer et de nager près d'elles. Pendant vingt minutes, nous en suivrons une. L'air de rien, elle nage vite. C'est marrant car elle a des habitants sur sa carapace. Elle se nourrit de méduses (ce qui nous arrange). On verra aussi de beaux poissons et coraux. Nous avons adoré cette sortie. Le retour en mer se passe en toute tranquillité.

 

Par contre, en ouvrant nos téléphones, nous découvrons des centaines de messages relatifs à l'évolution du Coronavirus. En une semaine, la situation s'est dégradée. On nous propose de rentrer directement des Philippines vers la Belgique. On nous informe que l'école n'ouvrira pas avant le 19 février (donc homelearning). Tout se chamboule dans nos têtes. On scrolle non stop pendant une heure. Les questions fusent. On remarque que les familles autour de nous sont dans la même situation. Que faire ? Quelle est la bonne solution ? On téléphone à ceux qui sont restés à Pékin pour sentir la température ... Pendant ce temps, nos enfants sont comme des poissons dans la piscine ! BREF, on décide de rentrer tous les quatre à Pékin et de profiter des dernières heures dans ce paradis.

 

Trois semaines plus tard, on est content d'avoir fait ce choix. Les enfants ont pris un rythme dans les études (et nous dans notre rôle de professeur). Gilles travaille de la maison aussi. Ces trois semaines nous ont permis de voir l'évolution de la crise et de réfléchir à la suite ...

 

Ouh, je m'égare encore une fois. Bon, après une nuit un peu perturbée (où tu deviens hypocondriaque : je n'ai pas de la fièvre ? Pas de difficultés respiratoires ?), nous sommes restés dans les environs d'Alona Beach. Recherche de masques (mais sans tuba) pour notre retour. Même aux Philippines, c'était rupture de stock ... On se baladera cool. Les enfants feront leur baptême de l'air en parachute ascensionnel. J'étais quand même contente quand ils sont revenus sur le bateau après trente minutes dans l'air. En tout cas, eux, ils ont adoré ! J'aurai bien aimé entendre leur conversation là-haut. Ils sont revenus avec un sourire jusqu'aux oreilles. Nous avons encore apprécié le magnifique coucher de soleil avec un air de musique lounge. En effet, le vendredi, c'était cocktail / DJ party avec vue à couper le souffle. Nous avons eu l'occasion de discuter et de partager un bon repas avec des Français de Shanghai. Très sympas et bizarrement dans le même trip que nous : tu pars ou tu pars pas ?

 

Voilà, les belles et bonnes choses ont parfois une fin ... Mais elles restent gravées ! Nous avons adoré ces douze jours aux Philippines. Même si la deuxième semaine était plus cool que nos vacances habituelles, cela nous a fait un bien fou ! Et on en redemande. 

 

A très bientôt pour de nouvelles aventures.

 

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Et chaque fois, les feuilles mortes te rappellent à mon souvenir ...

Petit retour sur les belles couleurs automnales lors de nos visites au Hongluo Si. Comme une envie de peps après la neige 😃 

 

Comme je vous l'avais peut-être déjà dit, cette année, je suis dans l'équipe pour organiser des sorties "culturelles" à l'école. Evelyne, une copine avait ce rôle et c'est un trio anglais - allemand - belge qui a pris sa relève : Nancy, Inken et moi-même. Depuis septembre, une fois par mois, nous emmenons les mamans et papas ... (Bon, je vous avoue que c'est moins fréquent) découvrir Pékin et ses environs. Après le Temple des Lamas et celui de Confucius (je m'attaquerai à un article à son sujet. J'attends la visite de mes parents pour le voir une cinquième fois 😂), le Ditan Park avec une initiation au Wujiquan (sorte de Tai-chi), nous avons décidé de prendre de la hauteur au Hong Luo Si (Red Snail Temple - Temple de l'Escargot Rouge : oufti, je deviens trilingue 🤣). Selon la légende locale, deux escargots géants habitaient à cet endroit. La nuit, ils émettaient une étrange lumière. Drôles de gastéropodes à coquilles ! Afin d'éviter la foule de Fragrant Hill, nous avons opté pour ce temple situé à 45 minutes de chez nous. Dans ce district, Huairou, vous pouvez également trouver la Grande Muraille de Mutianyu et le Lac Yanqi (et son fameux Sunrise Kempinski Hotel en forme de spirale).

 

Hongluo Si est l'un des plus anciens temples bouddhistes du Nord de la Chine. Construit sous la dynastie Jin (317-420), il a été maintes fois reconstruit. De nombreux moines étudièrent ici. Même si tout n'est pas d'époque, il est un terrain de jeu idéal pour une sortie familiale. D'une étendue de 800 hectares, c'est un endroit propice pour les balades en toutes saisons. Alliant nature et histoire, nous avons parcouru ce site avec plaisir. Il est connu pour son jardin aux 500 arhats ("être qui s'est libéré par ses mérites du cycle des existences conditionnées mais sans avoir atteint l'état de bouddha" - merci Larousse 😃). 500 statues d'Arhats aux expressions différentes et portant une cape rouge étaient éparpillées dans la forêt de pins proche du grand Bouddha. Je parle au passé car on ne les a pas vues ! En effet, le mystère règne ... Elles ont disparu il y a quelques mois et aucune information à ce sujet. Seuls les socles restent ... Bizarre mais bon. En vous baladant, vous pourrez rechercher votre signe du zodiaque car un chemin les présente tous. Je suis 🐒, et vous ? Vous passerez également dans une forêt de bambous (avec des faux pandas cachés).  Ensuite, deux points de vue s'offrent aux courageux.  Après avoir monté de nombreux escaliers, vous aurez une vue unique sur la plaine, les montagnes, les lacs, ... Pour les petits et grands enfants, vous pouvez même prendre un roller coaster. Sensation forte (ou non) garantie. En chemin, vous découvrirez différents temples, l'odeur de l'encens, des bandeaux rouges avec les souhaits écrits dessus et le clou du spectacle est le Hongluo Si temple en lui-même. Il s'agit d'une bâtiment avec cinq magnifiques cours intérieures, de grands halls où vous pouvez observer d'énormes statues de Bouddha et ses "disciples", ... et surtout deux splendides gingkos : un mâle et une femelle. Ces deux arbres ont plus de mille ans et mesurent au moins vingt mètres. Ils se rejoignent dans le ciel comme deux amoureux ♥️ Juste magique !

 

Magique et éphémère car la nature change vite. En effet, j'ai eu la chance d'y aller trois fois fin de l'année. Le six novembre, afin de mieux guider les mamans, nous avions prévu un repérage. Nous étions déjà émerveillées par les couleurs automnales. Cependant, le ciel couvert ne nous a pas permis d'avoir une vue à 360 degrés lors de notre ascension. Nous avons été interpellées par une statue d'un bouddha portant un petit garçon nu. En fait, les femmes viennent prier ici pour avoir un "petit homme". Mais, est-ce que cela marche ? Verdict en juin car Nancy m'a annoncé qu'elle était enceinte ce jour-là. Alors fille ou garçon ? Nous avons beaucoup rigolé sur la luge sur rail. Même s'ils informent que c'est "Made in Germany", tu es content d'arriver en bas. Mais le clou du spectacle a été le couple de gingkos aux couleurs chatoyantes. Les feuilles mortes transforment le sol en tapis d'or. Notre programme en tête, nous sommes revenues le lendemain à seize. Avec en prime, un ciel bleu et un soleil tapant. Quel changement ! Une vue extraordinaire, les couleurs qui ressortent encore plus. Bon, à certains moments l'ascension a été plus compliquée mais quelle récompense en observant la vue complètement dégagée (voyez la différence sur les photos). Après un petit pique-nique qui nous a révélé la nationalité de chacune : la Chinoise mange des nouilles, les Coréennes des sushis, les Belges/Allemandes des tartines et les Brésiliennes un sandwich de chez Jamaïca Blue 😊 Non, on ne tombe pas dans le stéréotypes mais l'assiette signifie beaucoup. On a bien rigolé sur l'attraction avec les cris de certaines mamans et pour finir en beauté, encore ces fameux gingkos avec la nage dans le tapis jaunes ou les lancés de feuilles. Carton plein pour cette sortie sportive / culturelle ! 

 

Fin décembre, comme vous vous en doutez, on y est retourné en famille, la veille de notre retour en Belgique. Nous avons découvert un nouveau chemin permettant de relier les deux sommets. Les enfants ont adoré marcher sur les pierres parsemées dans le lac, proches des deux statues d'escargot. Les trois garçons se sont amusés à lancer des sous dans une méga pièce trouée. Si cela passe, tu peux faire un voeux. Par contre, la grosse déception pour les petits a été la luge. Le conducteur n'arrêtait pas de freiner (contrairement au mois passé). On comprendra vite la raison. Il était à la recherche d'un sac à main qu'une Chinoise avait perdu lors de la descente juste avant nous. PFFFFFF !  On devra donc y retourner 😃 Qui vient avec ? Ah oui, les arbres jaunes sont maintenant roses ou rouges. Mais comment est-ce possible ? Les fausses feuilles sont arrivées. En hiver, afin d'avoir encore des couleurs, ils aiment bien décorer les arbres avec du fake 😊Vous aimez ?

 

Bon, après les feuilles mortes, la neige, la glace, on espère trouver le soleil dans cinq jours. Décollage pour notre nouvelle destination. Vous nous suivez aux Philippines ♥️ 🌋 ?

 

Mais d'ici là, on vous souhaite un bon Nouvel An Chinois. Bonne année du RAT. Et comme on dit ici : XIN NIAN KUAI LE 

 

 

PS : les premières photos sont relatives au Temple des Lamas, Confucius et Ditan Parc (début septembre et début octobre).

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Suivez-nous sur le Roller Coaster ! HOUHOUHOU 🤣
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Tombe la neige, tu ne viendras pas ce soir !

Et bien si, elle est venue ... Pour la troisième fois en deux mois, Pékin s'est doté d'un beau tapis blanc. Pour le plaisir des petits et des grands. 2020 commence bien et avec de bonnes nouvelles ♥️ 

 

Je vous laisse découvrir ce qui fait battre mon coeur à la fin de cet article mais avant, nous avions envie de partager nos dernières découvertes. Tout d'abord, je voudrais remercier nos familles et amis pour leur accueil : moments précieux, repas, apéros, musée, parc, cinéma, balade, marché de Noël, restaurants, fêtes, patinoire, école, messages, coups de fil, petit stress final avec nos passeports (n'est-ce pas Monsieur Back ?) ... Les deux semaines sont passées vite et nous sommes revenus remplis d'énergie. Je ne résiste pas à la tentation de vous montrer quelques photos de ces joyeusetés 😃 

 

De retour à Pékin, avec nos quatre valises, nos quatre sacs à dos et nos quatre kilos supplémentaires (vous avez dit enrobé ?), nous étions prêts pour le Réveillon. Grâce aux artisans spadois (Hazée et Muls), nous avons partagé une délicieuse raclette avec nos voisins belges : Nathalie, Fabrice, Alexandre et Antoine. Excellente et belle soirée. J'espère que la vôtre était au top ! Le programme du premier janvier était plus léger : grasse mat, resto chinois à la place de la choucroute puis nuit blanche ... Ah ce fameux jet lag (je me demande comment font les personnes en pause, business(wo)men, hôtesses l'air, stewards et Gilles pour habituer leurs corps à cela). Bon, il était temps de reprendre nos explorations chinoises. Nous avons donc opté pour une journée maman - enfants au Musée de la planification urbaine de Pékin (Beijing Planning Exhibition Hall). Situé à deux pas de la Place Tian An Men, celui-ci présente les mutations urbaines et architecturales qui ont rythmé le développement de la ville. Il permet de se rendre compte de l'évolution de cette mégalopole : des hutongs aux tours géantes. Belle manière également de mieux s'orienter et d'avoir une idée de la grandeur de certains bâtiments. Nous comprenons également que la Cité interdite est vraiment le coeur de Pékin. A travers des cartes, des photos, des maquettes, des reconstitutions de quartiers, nous découvrons le Pékin d'hier, d'aujourd'hui et de demain. La problématique environnementale est également abordée. Nous sommes restés longtemps autour de la maquette de plus de 300 mètres carrés. Avec les enfants, nous avons essayé de trouver, entre autres, notre maison en suivant les routes. Mais bon, vu qu'on habite au delà du cinquième ring, on était en dehors du bâtiment 😀Petite visite ludique d'une heure à vous conseiller (en plus, c'est gratuit). Petit hic mais c'est fréquent en Chine, les explications sont souvent en chinois. Ça change des expositions des Guillemins en quatre langues !

 

Après, nous avons arpenté les hutongs (découverts by night avec Gilles) du Sud de la Place Tian An Men : QianMen Dajie, Dashilar, Dazhalan, Liulichang Dongjie. Les enfants ont apprécié découvrir les petites boutiques, les pommes d'amour façon Beijing, les calligraphes, les bazars à tchinisses, ... Une belle journée qui a continué dans la bonne humeur avec un apéro blind test à la maison (on ne se change pas). 

 

Samedi matin, Gilles était motivé pour prendre l'air. Il avait envie de Grande Muraille Sauvage 😃 Après avoir oublié de nous réveiller, nous sommes partis avec notre pique-nique vers Huanghuacheng. Pour nous conduire, Ma Jie portait notre cadeau de Noël (petit clin d'oeil car il est souvent plus à jour que moi pour les résultats de matchs de foot belge ...).

 

Comme déjà expliqué en août, on est tombé amoureux de cette Merveille du Monde. Ce jour, elle nous a encore subjugués. Les photos parlent d'elle-même. Nous avons d'abord longé le barrage et son lac gelé, escaladé l'échelle et puis nous avons commencé à la suivre. Pour la première fois pour nous, elle portait sa parure blanche (au grand bonheur des petits pour les glissades). Cette portion du mur est magique car elle est peu fréquentée et est impressionnante par ses montées et descentes. Un véritable dragon. Cette fois-ci, nous avons un moment coupé à travers champs pour aller sur une partie encore plus sauvage avec les murs détruits, les pierres qui roulent et tout et tout. Eh bien, ça valait le coup. On voulait encore aller plus loin mais le ciel prenait ses couleurs du soir, la route plus dangereuse et l'heure avançant, nous avons été raisonnables. Arnaud, futur aventurier photographe, nous a impressionnés par sa manière de monter les pentes en courant. Bon, on va devoir l'imiter pour notre entrainement pour le semi-marathon 😀 

 

Le jour de la rentrée, les petits se sont réveillés avec une belle surprise. Tout était blanc pour reprendre le chemin de l'école. Du coup, les enfants avaient tous le sourire aux lèvres près des bus. Pour ma part, je devais enfourcher mon vélo pour aller au cours de chinois (et j'ai mon HSK2 en poche. Examen réussi, en route vers les caractères maintenant). Je peux vous dire que sur la neige, j'ai pris un peu plus de temps pour parcourir les six kilomètres mais c'était amusant. Peu de voitures roulaient, beaucoup étaient à l'arrêt spontanés ou forcés (accident), du coup j'étais quasi seule sur la glace. Cool ! 

 

Ah oui, j'oubliais la méga nouvelle. Mes parents ont commandé leurs passeports, ce qui signifie, si je lis bien entre les lignes, qu'ils sont au début des démarches administratives pour venir nous voir fin mars !!! YOUHOU YOUHOU ♥️ ♥️ ♥️ Vivement voir papa, maman et et et ... Oui, ils seront en plus accompagnés de ma grande soeur et mon beau-frère : Valérie et Vincent. C'est parti pour leur concocter des petites sorties asiatiques ! 

 

A très bientôt 

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360 degrés, glissade et accent liégeois 😃
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Et, bien sûr un petit condensé des vacances en Belgique 🇧🇪 

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Quand t'es dans le désert depuis trop longtemps ...

Ah cette chanson (clin d'oeil à mon frère Damien) ... Elle nous a accompagnés lors de notre traversée du désert de Badain Jaran !

 

De bon matin, nous avons quitté la foule des Rainbow Mountains, emprunté des routes rectilignes sans fin (surtout à 80 km/h) avec comme seul compagnon des chameaux ou moutons et surtout troqué notre van contre un 4X4 Toyota Prado. On a bien besoin de ce bolide pour découvrir la partir ouest de la Mongolie Intérieure. Avec Zhang Shifu, notre conducteur de compétition, nous allons explorer les dunes du troisième plus grand désert de Chine (49.000 km2). Et pas n'importe lesquelles ... En effet, ce sont les plus hautes de la planète : 500 mètres pour certaines, de véritables falaises ! Rien que cela 😊Et cerise sur le gâteau, ce désert regorge d'une centaine de lacs (eau douce ou salée) aux couleurs irréelles : bleu, vert, ocre, violet, ... Surprenant ! En réalité, Badain Jaran signifie "lacs mystérieux". Cette traduction prend tout son sens ici. Ils émergent de sources d'eau souterraines provenant de la fonte des neiges des montagnes Qilian, situées à 350 kilomètres. C'est certain que ce ne sont pas les 40 mm  d'eau qui tombent par an qui maintiennent leur niveau. On est loin des précipitations de notre petit pays 💓 

 

Voilà, le décor est planté. Après un court arrêt à l'hôtel (ou plutôt dans la yourte), nous nous enfonçons dans le désert. Et on peut dire que les sensations sont impressionnantes. Zhang Shifu conduit sa voiture de main de maître. On dévale des pistes noires, on prend les crêtes, deux roues dans le vide (Oh purée !!!), on glisse sur des toboggans, on se trouve face à des murs de sable que la voiture escalade sans peine, le bas de caisse se frotte aux millions de grains de sable, ça saute, ça accélère, ça se laisse glisser ... On dirait même qu'on vole ou qu'on roule sur de l'ouate. Les gestes sont calculés. Le désert, c'est la plaine de jeux de Zhang Shifu, un vrai professionnel. On se demande comment il ne s'y perd pas (car bien sûr, il n'y a pas de route mais quelques drapeaux parsemés dans le sable). Derrière, des petits cris, rires et fous-rires emplissent la voiture pendant ce rodéo. Vivian et moi, on s'accroche l'une à l'autre et je fais ma forte devant les enfants (MMMHHH, vous savez comme je déteste la conduite rapide en voiture, n'est-ce pas mon cher beau-frère ?). Et comme dirait Zazie, "Rodeo, c'est la vie pas le paradis". En effet, après trente minutes, les cris se sont modifiés en râle 🤢 et ce fut parti pour les arrêts non prévus (la vraie vie quoi). L'estomac du triple A a succombé aux montagnes russes. Gilles s'est entendu dire : "Pourquoi tu nous fais cela, je hais le 4X4, on rentre quand (grand Schtroumpf), c'est trop long,  ..." Cinq heures en voiture, je confirme c'est une toute belle durée 😂 Heureusement, le bon air du désert remettait les idées en place (une descente et ça repart). A pied, nous avons gravi et dévalé des dunes, sauté, admiré les paysages, pris un peu des photos. Gilles a tenté l'escalade du Pic Bilutu, la plus haute dune de ce désert et la troisième du monde (il a fini l'ascension à quatre pattes). Perso, je suis restée à mi-chemin juste pour apprécier le calme et la vue, les cheveux dans le vent (Carpe Diem). Les enfants ont fait une pause Mario Kart à côté des chameaux. Chacun a trouvé son bonheur. Franchement, malgré les petits aléas des estomacs, faites-le. Ce road trip chinois restera gravé à jamais ! 

 

Après un bon repas, nous avons dormi comme des bébés dans notre yourte au gré du bruit du vent. A 6H30, le réveil sonne. Alors, on le fait ou pas ? On tente l'ascension de la dune pour admirer le lever du soleil ? Les enfants sont chauds, alors on n'hésite pas ("Et tout ira bien, le vent nous portera"). C'est parti pour une heure de montée, contre vents et marées, debout ou à quatre pattes. Les loulous sont courageux, aucune plainte, ils mènent la danse et Alex sera le premier au sommet. On a tous pris trois kilos dans la montée (tout dans les pieds, ouf ce n'est que du sable). Bon, le lever du soleil, ce sera pour une autre fois car le temps est couvert mais quelle vue (et quelle descente version Rosetta pour Alex). 

 

A 10H00, le soleil et le ciel bleu se sont invités. Nous profitons des dernières heures pour visiter les environs. Nous empruntons le caillebotis qui nous emmène vers un autre lac. Sur le chemin, nous croisons de nombreux carrosses sans Cendrillon, des chameaux, une énorme sculpture de sable, des yourtes, des touristes comme nous (ils nous offriront même des drapeaux chinois), ... Vu qu'on en a jamais assez, on remonte encore (pour le triple A à chameau et à pied pour le courageux Gilles). De là, grâce à la luminosité, le lac situé derrière la dune a pris des couleurs extraordinaires. C'est magnifique. Après la séance photo de mon homme (il a eu du succès auprès des Chinoises), il est temps de retrouver Zhang Shifu pour notre dernière escapade 4X4 : vingt minutes de pur bonheur avant de retrouver notre bon vieux van. Au revoir, super driver ! Au revoir Badain Jaran Desert !

 

La fin du voyage approche. Après avoir dégusté des nouilles au boeuf (spécialité de la région), nous prendrons le train (4 heures) vers Lanzhou, la capitale du Gansu. On sera plus léger d'un canif suisse. Pour la petite histoire, la lame étant 2 mm trop longue par rapport au standard, Gilles a dû le laisser à la gare (alors que c'est passé sans problème à l'aéroport, soit).  Malgré l'état d'énervement de Gilles (et ses "Come on mais Come on" désespérés), les gardes seront sans pitié. Vivian, notre guide, a essayé de nous le renvoyer par la poste mais a essuyé trois refus. Depuis, elle a eu d'autres touristes, qui eux, ont laissé quatre couteaux. Elle peut ouvrir un magasin 😊 

 

Arrivés à une heure du matin, nous avons décidé d'annuler l'activité du samedi. En effet, après dix jours, nous n'étions plus trop motivés par les quatre heures de route (et une de bateau) pour atteindre le temple Bingling et ses grottes bouddhiques. Nous avons donc changé les plans. Après avoir traversé le pont de fer Zhongshan (premier à avoir été construit au dessus du Fleuve Jaune), on s'est baladé le long de l'eau (deuxième plus grand fleuve de Chine - 5464 kilomètres). Vu sa couleur, il porte bien son nom. Nous étions impressionnés par la vitesse du courant et surtout par les valeureux touristes qui le traversent sur des bateaux de fortune : radeaux avec comme flotteurs de la peau gonflée de moutons (j'ai eu un souvenir ému pour les Blancs Moussis en voyant cela). Petite question : vous auriez osé monter sur ces bateaux ? Nous avons ensuite contemplé 😊les deux roues hydrauliques (il y en avait 252 dans le passé), la statue de la mère et son enfant mais avons aussi été interpellés par les tortues colorées ou encore les toilettes pour PMR ... Après cette petite sortie matinale, nous avons profité de la piscine et du bar de l'hôtel. Le soir, nous avons découvert un nouveau sport : le basket 3 contre 3 sur demi terrain. C'était le championnat mondial des moins de 23 ans. Nous avons donc été voir trois matchs. C'était impressionnant. : la vitesse du jeu, les stratégies, l'ambiance, ... Petite photo de Gilles avec les Françaises, deux bouteilles de vin offertes (on n'a pas tout bu of course !), on s'est endormi avec les lumières de la ville, et le sourire jusqu'aux oreilles ! Une toute belle journée-soirée improvisée. 

 

Voilà, c'est fini pour cette découverte du Gansu et un chouia de la Mongolie Intérieure. Merci à Vivian de nous avoir suivis ces dix jours. Et vous, qu'est-ce qui vous tente le plus ? N'oubliez pas que des bouteilles de bulles sont en jeu (Wild Wild West). On attend vos réponses 🥂 🍾et on espère les partager avec vous dans six semaines. 

 

 

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Il y a du vent ici !!!
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Jeux d'enfants !
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Rosetta version désert 😃
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Wild Wild West

Changement de décor ? En route pour les canyons, les montagnes arc-en-ciel et les temples bouddhiques (je pense que vous n'avez pas encore fait le plein 😊).

 

Ce premier octobre, c'est la fête nationale. La République Populaire de Chine fête ses septante ans. Tout le pays s'est habillé de rouge et or pour célébrer cet anniversaire. A Pékin, les festivités se préparaient depuis des longs mois. Un énorme défilé est au rendez-vous. On le vivra de loin, quoique ...

 

Ce matin, nous avons rendez-vous au Temple du Grand Bouddha (Dafo Si) de Zhangye. Ce dernier, construit en 1098, abrite un Bouddha couché mesurant quasi trente-cinq mètres de long (le plus grand de Chine en version couchée). Quelques dimensions pour vous mettre dans l'ambiance : oreilles de deux mètres, pieds de quatre ; Gilles pourrait même dormir sur un de ses doigts. En fonction de notre position, le visage de Sakyamuni change (yeux semi-clos à fermés, sourire de plus en plus grand). Il est entouré d'Arhats en argile (Bouddhistes ayant atteint l'éveil) et de nombreuses peintures murales. En arrière plan, on trouve dix grandes statues de disciples. Ce qui nous a plu ici, c'est le temple dans lequel "loge" le Bouddha. Il est resté à l'état brut, en bois naturel et sans couleur (contrairement à ce qu'on voit partout en Chine). Dans le Musée, nous verrons comment le Bouddha a été construit (structure creuse en bois recouverte d'argile). Cela permit de  cacher de nombreux manuscrits. Nous découvrirons également de magnifiques répliques de textes, des Tankas, ... Une stupa blanche et une pièce avec des milliers de bouddhas (tu peux en "acheter" un et venir le vénérer) clôturera notre visite. Car maintenant, nous avons rendez-vous avec le Grand Ouest Chinois !!!

 

Welcome to Pinshanhu Grand Canyon ! On a troqué le sable contre les roches rouges. Ce site, encore peu connu, vaut le détour. Ouvert en 2014, il est encore peu mentionné dans les guides. Les paysages arides sont à couper le souffle. Le parc couvre 150 kilomètres carrés et  son altitude varie entre 1500 et 2500 mètres. Souvent comparé au Grand Canyon du Colorado, ce parc est le plus grand de Chine. Les falaises et pics de grès rouge sont à perte de vue. La rivière qui a aidé à sculpter ce magnifique canyon est à sec depuis de nombreuses années. Ce site est le fruit du pouvoir magique de la nature pendant deux cents millions d'années. Seuls le vent, la vie sauvage, quelques touristes et un chameau se perdent à travers le labyrinthe de pierres. D'abord, nous découvrons ce paysage en hauteur. Nous nous baladons sur les chemins balisés. A différents endroits, on peut observer des rochers qui ont pris la forme d'objets ou personnes : la tortue curieuse, le pic des amoureux, la forêt de pierres, neuf dragons à la mer,  ... Le Chinois est inventif. Le ciel bleu se marie à merveille avec le rouge de la roche et le vert des herbes (phrase vachement philosophique, je suis aussi inventive 😊). En un mot : Top. Après l'avoir observé de haut, rencontré un con qui a marché exprès (en rigolant) sur deux insectes (maman-bébé) que les petits observaient, nous avons décidé de découvrir ce fameux labyrinthe. Nous sommes descendus dans ce canyon et avons marché pendant une heure trente. Nous nous sentions tout petits en voyant du bas ces falaises. Certains passages étaient étroits, voire très étroits. Et que dire de l'échelle de cinquante mètres pour remonter. Moi et mon vertige, je ne me sentais pas à l'aise (surtout en me faisant des films si celui du dessus tombait). Par contre, nos fils ont tout pris de leur papa pour cela : même pas peur. Une petite remarque : le "con" des insectes s'est planté au sixième échelon. Comme disent les enfants, il a été puni. En tout cas, on a adoré cette sortie. On craignait la foule mais pas du tout. Allez-y !

 

Après une micro sieste avec en toile de fond le défilé de Pékin, nous avons passé la soirée au night market de Zhangye. Nous n'avons pas trop pris de risque et avons mangé des patates sous toutes ses formes (Vincent et Valérie, il y a aussi un marché à prendre ici). Dans la liesse populaire, entre quelques photos de nos enfants, nous avons pu constater la ferveur des Chinois pour leur pays (grands écrans avec retransmission des discours, parades, ...). Gilles nous a aussi emmenés dans un bar avec de la live music (selon internet). Bon, il n'y avait de musique que les croches sur les murs ou encore le bruit des boules de billards de la salle à côté. Au vu de l'odeur de cigarettes (ici, on peut encore fumer partout) et de la date de péremption des bières, on n'a pas fait long feu !

 

A une heure de route, c'est le Mati Si Temple (Temple du Sabot de Cheval) qui nous attend. Les paysages sont splendides, l'air vivifiant : vive la montagne ! La neige s'est même invitée au sommet. L'air de rien, on est à 2600 mètres d'altitude. Ce site abrite une septentaine de grottes bouddhiques datant de plus de 1600 ans (Dynastie Jin). C'était un endroit très prisé sur la Route de la Soie : point de repère pour les voyageurs, refuge pour les commerçants et autel permettant de prier Bouddha pour les pèlerins. Il constitue un haut lieu de culture et un site spéléologique. Certaines statues et peintures détruites lors de la révolution culturelle ont été refaites. Son nom provient d'une légende ancienne. Un cheval céleste aurait laissé, en essayant de s'agripper à une paroi, une empreinte ... Je vous jure, on l'a vue. Elle est conservée précieusement ici. Contrairement aux grottes que nous avons déjà visitées, celles-ci sont toujours entretenues par des moines, nous ne sommes pas obligés d'avoir un guide et aucune trace de portes blindées ... Nous apprécions la liberté de découvrir ce site en toute quiétude. Nous sommes déjà impressionnés par la porte d'accueil. Elle nous donne envie d'aller explorer plus loin. Le premier regroupement de grottes (Le temple des mille Bouddhas - Qianfo) est une série de petits temples tout en couleur et creusés à même la roche. Pour accéder à la dernière grotte, nous avons emprunté un petit tunnel étroit et tortueux. De vrais aventuriers !

 

Nous nous rendons ensuite vers l'autre site qui est de tradition tibétaine. Deux stupas blanches entourées de moulins à voeux et de nombreux drapeaux colorés nous transportent dans un tout autre monde. Nous découvrons les enfants habillés en costumes traditionnels. Bon, ils viennent de les louer pour la photo (On vous jure qu'on se prêtera à ce jeu de déguisement avant notre retour définitif). Ils portent des habits de l'ethnie Yugu (ou Yugur), descendants des Ouïghours (ils ne seraient que 15.000 en Chine). De cet endroit, nous apercevons, au loin, un énorme temple incrusté dans la montagne. Moins coloré que le premier, il est impressionnant par sa taille et hauteur.

 

Nous arpentons au fur et à mesure les différentes "pièces". Elles regorgent de Bouddhas, peintures, bougies, écharpes colorées, ... Selon les traditions, il faut allumer des centaines de bougies pour un mariage heureux. Nous décidons de monter jusqu'au dernier étage. Après avoir attendu quelques minutes, nous avons le feu vert du garde pour arpenter ce labyrinthe de petits chemins taillés dans la roche. Claustrophobe s'abstenir ! C'est donc, en mode file indienne, que nous gravissons les marches pas toujours très régulières. Les enfants ont adoré escalader ce tunnel et découvrir de nouveaux trésors. Ils ont même allumé une bougie. A force de l'avoir demandé dix fois, j'ai en effet fini par craquer. Vivian, notre guide, nous a conseillé de le faire dans une autre pièce que celle où a eu lieu le craquage de la mère impuissante 😊Et heureusement, cette pièce était dédiée aux personnes souhaitant des enfants. Je trouve que l'autre option : Bonheur, santé et chance nous convient très bien ! Si vous n'avez pas votre portefeuille avec vous, no stress ! Vous pouvez scanner le QR code Wechat du moine (application chinoise à avoir obligatoirement en Chine). Je pense que ça nous a apporté aussi de la chance car j'ai gagné un resto pour quatre ce jour-là (découverte des petits restaurants traditionnels de Pékin avec Lost and Plate - expérience à partager quand vous venez nous voir). En parlant de manger, nous avons goûté quelques spécialités locales dans le petit village : champignons, pâtes maison et yaourt au lait de yack. Même pas peur ! Au moins avec cela, on était bon pour tenir les deux heures de route avant notre prochaine visite au pays des ... Bisounours.

 

Bienvenue aux Rainbow Mountains (Parc géologique national de Zhangye Danxia). J'étais un peu dubitative en regardant les photos avant de m'y rendre. Ca sent un peu les filtres spéciaux à plein nez : non ? Tu t'attends à voir Grosbisou, Grododo, ou encore Calinours. A ce propos, vous saviez qu'ils avaient changé les noms des personnages maintenant ? (Comme vous le constatez, je fais des recherches de fond pour rédiger mes articles 😊). Soit, ... Ici, c'est la foule. Après avoir  traversé un village avec plein de boutiques souvenirs, fait la file pour les tickets et celle pour le bus, on est prêts à découvrir les quatre spots prévus (on ne sort pas des sentiers battus ici. Et c'est peut-être mieux pour préserver les montagnes qui s'effritent facilement). Tout est organisé pour recevoir des milliers de personnes. Et cet après-midi, on bat tous les records (Vivian n'a jamais vu cette foule) et on se retrouve comme Dutronc et ses 700 millions de Chinois et nous et nous et nous ! Mais franchement, c'est impressionnant et surréaliste. La nature joue les peintres. En effet, nous nous retrouvons face à des montagnes aux magnifiques dégradés de couleurs. On n'a jamais vu cela de notre vie. Magique ! Il s'agit du résultat d'un phénomène géologique unique : dépôt de couches de sédiments qui se sont superposées pendant plus de 24 millions d'années entre deux plaques tectoniques. Puis, l'érosion résultant de la  pluie et du vent a révélé ces différentes couleurs. A chaque arrêt, des paysages différents ! Certaines fois, ce sont les couleurs qui sont les plus marquées ; d'autres fois, c'est la multitude des couches qui fait l'intérêt du stop. Nous étions en fin de journée et les changements de la palette dû au coucher de soleil sont impressionnantes. En tout cas, on est conquis et on n'est pas les seuls. Vous le comprendrez sur nos photos. Il faut jouer des coudes pour avoir la bonne place sur la plateforme. Nous regrettons qu'à la fin de la journée c'était un peu couvert mais bon, c'est l'occasion de revenir ou de voir vos photos sous une autre lumière ! Petit jeu : essayez de trouver celles où Gilles a eu la main lourde sur les filtres. En jeu ? Une bouteille de bulles ou un bisounours. 

 

Allez, je vais remonter sur mon nuage. A très bientôt ! Gros bisous de nous quatre.